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Lorient : Vers la mise sur cale prochaine d'une corvette du type Gowind ?

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Lorient : Vers la mise sur cale prochaine d'une corvette du type Gowind ?

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Baptisée Hermes, la toute première corvette de la famille Gowind pourrait voir sa construction débuter cette année sur le site DCNS de Lorient. Comme l'a récemment expliqué son président, Patrick Boissier, l'industriel souhaite, en effet, disposer d'un navire « sea proven », c'est-à-dire éprouvé à la mer, afin de convaincre les clients d'acheter ce nouveau produit. Pour cela, DCNS semble devoir réaliser un premier prototype sur fonds propres, et ainsi investir plusieurs dizaines de millions d'euros. Les ingénieurs ont mené à bien les études détaillées du bâtiment et des partenariats ont d'ores et déjà été noués avec les fournisseurs, permettant de lancer rapidement la production. Il faudra, ensuite, environ deux ans entre la découpe de la première tôle et la livraison de la corvette. Elle naviguerait donc en 2012. Pour ce projet, DCNS compte réaliser une plateforme propulsée et équipée à minima par ses soins. Car le groupe ferait appel aux autres industriels pour doter ce démonstrateur de systèmes plus lourds (électronique, armement...) L'idée est, ainsi, que des sociétés comme Thales, MBDA ou Sagem puissent profiter de cette plateforme pour promouvoir leurs produits. La décision de construire Hermes devrait être prise dans les prochaines semaines. Outre l'investissement qu'une telle initiative représente, il conviendra également de régler la question de l'armement du navire. Dans l'absolu, DCNS souhaiterait nouer un partenariat avec une marine européenne. Client historique du groupe, la flotte française peut se montrer intéressée, d'autant qu'elle prévoit de se doter au cours de cette décennie de nouveaux patrouilleurs océaniques. C'est le programme BATSIMAR (Bâtiment de surveillance et d'intervention maritime), sur lequel DCNS compte se positionner avec la Gowind. Outre le marché français, des partenariats et coopérations pourraient également être conclus avec des partenaires étrangers. Toutes les options restent ouvertes.

Gowind Control (© DCNS)
Gowind Control (© DCNS)

La famille Gowind

Née de la volonté de DCNS de se repositionner sur les bâtiments de petit et moyen tonnage, la famille Gowind a largement évolué depuis 2006. Les premiers bateaux présentés, considérés comme trop complexes et coûteux, ont été remplacés par une gamme plus simple et économique, répondant ainsi aux contraintes opérationnelles et budgétaires des clients visés. Ces bâtiments, endurants, doivent être à même de répondre à des missions très variées, allant de la patrouille océanique à la police des pêches, en passant par le combat littoral, la lutte contre le terrorisme, la piraterie ou le narcotrafic. Pour cela, les nouvelles Gowind se déclinent en trois versions principales, chacune pouvant être bien évidemment adaptée aux besoins exprimés par les marines intéressées. D'une longueur de 85 à 105 mètres, ces bâtiments affichent des déplacements allant de 1000 à 2500 tonnes. Faiblement armée, la Gowind Control est dédiée à la sauvegarde maritime dans les Zones Economiques Exclusives (ZEE). Dans sa version la plus simple (OPV), ce modèle peut être doté de canons télé-opérés (comme un affut de 20mm à l'avant) et de canons à eau. Dans une version plus évoluée, il est possible d'installer une tourelle de 76 mm et quatre missiles antinavire sur la plage avant. La Gowind Control dispose d'une plateforme hélicoptère mais pas de hangar, contrairement aux autres modèles. A l'instar de ses « cousines », elle est en revanche dotée à la poupe d'un système de mise à l'eau pour embarcations rapides.

Gowind Presence (© DCNS)
Gowind Presence (© DCNS)

De l'OPV au bâtiment fortement armé

Plus grosse, la Gowind Presence doit également assurer des missions de sauvegarde mais sa taille plus volumineuse lui permet de patrouiller plus longtemps. L'autonomie est importante, affichant 5000 nautiques à 12 noeuds (contre 3500 nautiques à 12 noeuds pour la Gowind Control). Cela équivaut à un déploiement d'environ deux semaines. Cette endurance serait, par exemple, très appréciable en matière de lutte contre la piraterie, pour laquelle les navires interviennent sur de vastes zones loin de leurs bases. La capacité d'intervention rapide est par ailleurs renforcée sur la Gowind Presence, avec un hangar pour un hélicoptère ou des drones.
Conçue sur la même coque, la Gowind Action dispose d'équipements plus importants. En matière d'autodéfense, l'armement peut être complété avec des missiles surface-air à lancement vertical (Mica VL, Umkhonto, Crotale...). On notera par ailleurs qu'à l'instar de la Gowind Control, la possibilité d'embarquer le nouveau missile Exocet MM40 Block3, doté d'un GPS, confère à ces unités une capacité de frappe contre des cibles côtières. Sur la Gowind Action, les moyens de détection sont également renforcés, avec un radar tridimensionnel, par exemple le MRR 3D de Thales (au lieu d'un radar 2D ou radar de navigation). Dans la version la plus armée, il est également possible d'ajouter des moyens de vision nocturne (infrarouge) et même des lance-leurres.

Gowind Action (© DCNS)
Gowind Action (© DCNS)

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