Marine Marchande
Louis Dreyfus Armateurs passe commande de 8 vraquiers

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Louis Dreyfus Armateurs passe commande de 8 vraquiers

Marine Marchande

C'est l'une des commandes les plus importantes de l'histoire de la compagnie française. Hier, Louis Dreyfus Armateurs a annoncé avoir signé avec le chantier chinois Tianjin Xingang Shipbuilding Heavy Industry un contrat de 330 millions de dollars portant sur la réalisation de huit vraquiers livrables en 2013 et 2014. Quatre de ces navires seront du type Capesize. Longs de 292 mètres pour une largeur de 45 mètres, ils présenteront un tirant d'eau d 18.3 mètres et un port en lourd de 180.000 tonnes. Leur vitesse sera de 14.5 noeuds. Plus petits, les quatre autres unités seront du type Handymax. Ces vraquiers de 40.000 tpl mesureront 180 mètres de long pour 30 mètres de large, et afficheront un tirant d'eau de seulement 10.5 mètres. Disposant de quatre grues d'une capacité de 30 tonnes, ils pourront naviguer à la vitesse de 14 noeuds.
Ces huit navires seront immatriculés à un registre européen, le choix du pavillon n'étant pas encore fait, indique-t-on chez LDA.

Des navires très performants en matière de consommation

Pour cette nouvelle commande, les équipes techniques de LDA ont énormément travaillé sur l'optimisation énergétique des navires. L'objectif est, en effet, de disposer d'une flotte très performante en matière de consommation et, de fait, plus respectueuse de l'environnement par une réduction des rejets de dioxyde de carbone (9300 tonnes de CO2 par an et par Capesize et 5000 tonnes par Handymax). « L'une des raisons qui nous a décidé à investir est le fait que ces bateaux présentent un réel avantage en termes de consommation. Car les prix de soutes vont être très importants dans les années qui viennent. Quand on sait qu'aujourd'hui la tonne de carburant est à 500 dollars, une économie de 5, 6 ou 7% se chiffre tout de suite », explique Edouard Louis-Dreyfus. Alors que les meilleurs Capesize actuellement en service ont une consommation quotidienne d'environ 62 tonnes, LDA espère que ses futurs navires pourront se situer sous la barre de 57 tonnes. Pour se faire, différentes améliorations techniques sont prévues, comme l'ajout d'appendices destinés à mieux diriger les flux d'eau vers les hélices.

Un nouveau design pour les Handymax

Mais la véritable innovation résidera surtout au niveau des navires du type Handymax, qui vont adopter un nouveau design et seront encore plus économes que les Capesize. Grâce à de nouvelles formes de coques, pour lesquelles l'armateur se veut très discret, le tirant d'eau sera limité à 10.5 mètres, soit un enfoncement équivalent à celui de vraquiers transportant 12.000 tonnes de moins. « Nous fondons de grands espoirs dans ce design, que nous considérons comme assez révolutionnaire. Nous y gagnerons sur le tonnage transporté avec des consommations extrêmement attractives. Ces navires devraient avoir un impact très fort sur nos clients, notamment en Asie du sud-est », estime le directeur général de LDA. Par rapport aux Handymax classiques, l'armateur espère un gain de l'ordre de 10% sur la consommation.

« Investir au son du canon plutôt qu'au son du violon »

Pressentant l'arrivée de la crise, l'armement français avait pris, entre 2006 et 2008, le contrepied des analystes et de la plupart de ses concurrents, en vendant l'essentiel de sa flotte de vraquiers. Quand les marchés se sont effondrés, en 2009, LDA a donc été beaucoup moins touché que d'autres compagnies, continuant jusque là d'acheter des bateaux « hors de prix », alors que les siens avaient déjà été très avantageusement cédés. Fidèle à sa stratégie de vendre quand le marché atteint des sommets et d'acheter quand il est au plus bas, ce qu'on appelle chez LDA « investir au son du canon plutôt qu'au son du violon », l'armateur a estimé que le moment était venu de passer commande, alors même que le secteur du vrac sec demeure particulièrement déprimé. « Nous attendions le bon moment pour reconstruire la flotte. Le marché est actuellement désastreux, il ne faut pas le nier, et cela ne va pas s'inverser tout de suite. Mais les prix (pratiqués par les chantiers, ndlr) ont énormément baissé et nous pensons que la faiblesse du marché ne va pas durer très longtemps et qu'un retournement devrait intervenir vers 2013 », analyse Edouard Louis-Dreyfus.

LDA parie sur un redressement du marché en 2013

Chez LDA, on pense que l'augmentation de la demande, particulièrement en Chine, va permettre progressivement d'absorber la surcapacité de la flotte mondiale. « Nous sommes confiants car beaucoup de gens analysent le marché du vrac sec en se basant uniquement sur l'offre et en oubliant de regarder la demande. Nous avons mené une étude exhaustive sur le sujet et, s'il y aura encore une surcapacité dans les deux années à venir, elle sera peu à peu absorbée par la demande. Ainsi, on peut espérer un retour à un marché équilibré vers 2013. Ce ne sera certes pas l'euphorie que l'on a connu avant 2009, mais la situation devrait être satisfaisante ».
Transportant environ 25 millions de tonnes de vrac par an, LDA, au travers de sa filiale Cetragpa, exploite une trentaine de navires de type Panamax, Capesize, Supramax et Handymax. Seuls deux sont propriété du groupe, les Pierre LD et Jean LD, armés sous pavillon français. LDA dispose en outre de contrats d'affrètement longs avec options d'achat sur une petite dizaine de vraquiers, dont trois Capesize.

Louis Dreyfus Armateurs