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L’US Navy met en service son second destroyer furtif du type Zumwalt

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L’US Navy met en service son second destroyer furtif du type Zumwalt

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La marine américaine a prononcé la mise en service de l’USS Michael Monsoor (DDG 1001) le 26 janvier à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulée dans la base aéronavale de North Island, en Californie. L’imposant bâtiment porte le nom d’un membre des SEAL, les commandos marine américains, décédé héroïquement en Irak le 29 septembre 2006. Mansoor tenait alors une position à Ramadai avec deux autres SEAL et plusieurs soldats irakiens lorsqu’un insurgé a lancé sur eux une grenade à fragmentation. L’engin est tombé aux pieds du commando américain, qui était situé juste à côté de l’unique sortie et était le seul à pouvoir s’échapper. Au lieu de cela, il s’est jeté sur la grenade, amortissant l’explosion avec son corps. Tué sur le coup, il a par cet acte de courage sauvé la vie de ses deux coéquipiers et des soldats irakiens. En hommage à ce sacrifice, il a reçu à titre posthume la Médaille d’Honneur et a vu son nom attribué à l’un des plus puissants bâtiments de combat de l’US Navy.   

Sistership de l’USS Zumwalt (DDG 1000), livré en 2016 à l’US Navy et tête de série d’une classe de trois super-destroyers furtifs, l’USS Michael Monsoor a été comme son aîné construit par le chantier Bath Iron Works, filiale du groupe General Dynamics. Ce dernier a mis à l’eau le 9 décembre le troisième exemplaire de ce type, l’USS Lyndon B. Johnson (DDG 1002), qui doit intégrer la flotte américaine en 2020.

 

L'USS Michael Monsoor (© BIW)

L'USS Michael Monsoor (© BIW)

 

Longs de 185.9 mètres pour une largeur de 24.4 mètres et un déplacement de plus de 15.650 tonnes en charge, ces bâtiments sont conçu pour mettre en œuvre des missiles de croisière Tomahawk, des missiles surface-air SM-2 MR (éventuellement SM-3 et SM-6 pour la lutte antimissile balistique) et ESSM, ainsi que des missiles anti-sous-marins VLA (Asroc), avec en tout 80 cellules de lancement vertical. S’y ajoutent deux canons de 155mm, deux canons de 30mm et un hangar pour deux hélicoptères ou trois drones aériens.

Ils sont le fruit d’un programme extrêmement ambitieux et complexe, qui a été marqué par d’importants surcoûts et retards. En 2011, le coût unitaire des DDG 1000 était annoncé à 3.8 milliards de dollars et même plus de 6.5 milliards pour le premier de série en incluant les frais de conception et de développement. Un coût tellement élevé que le programme, qui devait initialement comprendre 32 destroyers, a été réduit aux trois seuls premiers.

S’ils sont désormais officiellement en service, les USS Zumwalt et USS Michael Monsoor ne sont pour autant pas encore opérationnels. La mise au point de ces destroyers s’avère très complexe et tous les systèmes ne sont pas disponibles, à commencer par les munitions des nouveaux canons de 155mm AGS constituant leur artillerie principale. Le programme d'obus LRAP spécialement développés pour ces pièces avec comme objectif de dépasser une portée de 150 km a en effet été annulé par l'US Navy fin 2016 en raison d'un coût trop élevé, évalué à quasiment 1 million de dollar par tir. Dans l'attente d'une alternative, les Zumwalt ne peuvent donc, pour le moment, utiliser leurs canons AGS. 

 

US Navy / USCG