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L'US Navy prête deux C-2A Greyhound à la marine française

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L'US Navy prête deux C-2A Greyhound à la marine française

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Afin d'assurer des rotations aériennes entre la terre et le porte-avions Charles de Gaulle, déployé au large de la Libye, l'US Navy met à disposition de la Marine nationale deux avions de transport C-2A Greyhound avec leurs équipages et personnels techniques. C'est ce qu'a révélé notre confrère Jean Guisnel de l'hebdomadaire Le Point. Les deux appareils sont en cours de déploiement sur la base d'aéronautique navale d'Hyères, dans le Var, où la Navy a déployé un détachement comprenant une cinquantaine de personnes. Ils devraient débuter en fin de semaine leurs rotations vers le Charles de Gaulle. Mis en service fin 1966, le Greyhound est un appareil très intéressant dans la mesure où il peut assurer du transport de personnel (32 passagers), des liaisons médicales (capacité de 20 brancards) et du ravitaillement, par exemple en matériel et pièces détachées (3.7 tonnes de fret peuvent être embarquées). Son rayon d'action, de l'ordre de 1500 nautiques, lui permet de faire la navette entre des bases terrestres et le porte-avions, sans que celui-ci ait besoin de se rapprocher de la côte pour effectuer des liaisons au moyen de ses hélicoptères. Il dispose de plus d'ailes repliables, ce qui permet de limiter son encombrement sur le pont d'envol et de le parquer dans le hangar. Le Greyhound procure donc une intéressante souplesse d'emploi pour le groupe aéronaval, qui peut se focaliser totalement sur sa mission sans contrainte liée à la logistique, au transfert de personnel ou aux évacuations médicales. Mais se révèle aussi intéressant en termes de coûts. En effet, le recours aux hélicoptères est plus onéreux et, si le bâtiment est trop loin des côtes, il ne reste que l'aviation embarquée à même de rallier la terre.

Un C-2A Greyhound sur le Charles de Gaulle en 2002 (© : US NAVY)
Un C-2A Greyhound sur le Charles de Gaulle en 2002 (© : US NAVY)

Fret débarqué d'un C-2A Greyhound (© : US NAVY)
Fret débarqué d'un C-2A Greyhound (© : US NAVY)

Un manque pour le Charles de Gaulle

Or, dans le cas de la marine française, le transport d'hommes n'est pas possible puisque tous les avions de combat aujourd'hui en service sont monoplaces et que les E-2 C Hawkeye n'ont plus l'autorisation de transporter de passager. De plus, dans le cas éventuel d'un colis à récupérer, compte tenu du prix de l'heure de vol, employer un avion de chasse aux capacités d'emport extrêmement limitées est une quasi-aberration. Toutefois, aux dires de certains marins français, le Charles de Gaulle aurait eu, faute de Greyhound, déjà recours par le passé à son aviation embarquée, ce qui aurait à l'époque valu la création du surnom « Rafale Postal ». Très consciente de ce problème, la Marine nationale a tenté, lorsque son porte-avions était en achèvement, d'obtenir des crédits pour pouvoir acheter quelques Greyhound aux Américains. Mais le ministère de la Défense n'a pas consenti à cette dépense, pas plus d'ailleurs qu'il a donné suite à la proposition d'acheter à bon prix un E-2C Hawkeye de l'US Navy, ce qui n'aurait pas été un luxe pour compléter les trois seuls avions de guet aérien de ce type en service dans la flottille 4F. La constitution d'un parc d'E-2C et de C-2A aurait pourtant été très avantageuse pour l'aéronautique navale française, qui aurait de plus ou profiter d'une mutualisation de la maintenance, la cellule de l'Hawkeye étant dérivée de celle du Greyhound.

Hawkeye et Rafale français sur l'USS Theodore Roosevelt (© : US NAVY)
Hawkeye et Rafale français sur l'USS Theodore Roosevelt (© : US NAVY)

Le résultat d'une confiance mutuelle

Concernant la mise à disposition des deux appareils américains, il s'agit, selon le ministère de la Défense, d'un accord de coopération opérationnel entre la France et les Etats-Unis, ces derniers fournissant apparemment gracieusement leurs avions. Côté technique, la mise en oeuvre des C-2A ne pose aucun problème, plusieurs manoeuvres d'appontages et de catapultages étant menées ces dernières années sur le Charles de Gaulle à l'occasion de manoeuvres conjointes avec des groupes aéronavals de l'US Navy. Pour les pilotes de Greyhound, la seule différence résident dans la taille de la plateforme (203 mètres pour la piste oblique du CDG contre 238 mètres pour les porte-avions américains) et la longueur des catapultes, soit 75 mètres pour le bâtiment français, contre 90 mètres pour ses homologues US. On notera en tous cas qu'il s'agit d'une grande première pour la France et les Etats-Unis, ces derniers n'ayant jamais, depuis la seconde guerre mondiale, prêté à une marine alliée des avions embarqués, surtout en soutien d'une opération militaire. L'accord conclu entre Paris et Washington démontre les liens très forts qui unissent les deux flottes, une confiance acquise lors des nombreux échanges et manoeuvres réalisées ces dernières années en vue d'accroître l'interopérabilité des moyens. En juillet 2008, six Rafale et deux Hawkeye avaient, notamment, embarqué sur l'USS Theodore Roosevelt, les appareils français étant, pour la première fois, intégrés au groupe aérien embarqué d'un porte-avions américain.

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

C-2A Greyhound (© : US NAVY)
C-2A Greyhound (© : US NAVY)

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