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L’USS George H.W. Bush va embarquer des Rafale Marine et Hawkeye français
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L’USS George H.W. Bush va embarquer des Rafale Marine et Hawkeye français

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C’est le porte-avions américain USS George H.W. Bush qui a été retenu pour accueillir au printemps une grande partie du groupe aérien embarqué de la marine française. Il s’agit, comme cela avait été le cas pour la première fois en 2008, de permettre aux pilotes et techniciens de l’aéronautique navale de s’entrainer en conditions réelles juste avant le retour à la mer du Charles de Gaulle, en cale sèche à Toulon depuis près d’un an.

 

L'USS George H.W. Bush (© : US NAVY)

L'USS George H.W. Bush (© : US NAVY)

L'USS George H.W. Bush (© : US NAVY)

L'USS George H.W. Bush (© : US NAVY)

 

350 marins et une quinzaine d’avions

En tout, quelques 350 marins provenant des quatre flottilles de l’aviation embarquée, les 4F, 11F, 12F et 17F, basées pour la première à Lann-Bihoué et pour les trois autres à Landivisiau, vont partir aux Etats-Unis avec pas moins d’une quinzaine de Rafale Marine et d’Hawkeye. Cette campagne américaine débutera par une première phase à terre, au mois d'avril, sur la Naval Air Station (NAS) d'Oceana, près de Norfolk. Elle se poursuivra en mai à bord de l’USS George H.W. Bush. Sur ce mastodonte de 333 mètres de long et environ 100.000 tonnes de déplacement en charge (contre 261 mètres et 42.000 tonnes pour le Charles de Gaulle), les marins français pourront se qualifier et s’entrainer à la mise en œuvre des appareils sur un porte-avions (appontages, catapultages, opérations sur le pont, soutien technique…)

 

Hawkeye français sur l'USS Harry S. Truman en 2008 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Hawkeye français sur l'USS Harry S. Truman en 2008 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Rafale Marine sur l'USS Theodore Roosevelt en 2008 (© : US NAVY)

Rafale Marine sur l'USS Theodore Roosevelt en 2008 (© : US NAVY)

 

« Maintenir les compétences du groupe aérien embarqué »

« Cette campagne aux Etats-Unis contribue au maintien des compétences du groupe aérien embarqué dans la perspective de la remontée en puissance du Charles de Gaulle. Même si celui-ci est encore en travaux, le GAE doit en effet continuer d’entretenir son savoir-faire. Il s’agit aussi de profiter de la disponibilité d’un porte-avions américain pour continuer de travailler sur l’interopérabilité de nos moyens avec ceux de l’US Navy », explique-t-on à l’état-major de la Marine nationale. Si les PA américains sont bien plus gros que le Charles de Gaulle et équipés de quatre catapultes de 90 mètres contre deux de 75 mètres pour leur homologue français, les pilotes de la Marine nationale ne sont pas en terre inconnue. Ils connaissent en effet bien ces bâtiments de l’US Navy puisqu’ils y réalisent leurs premiers appontages et catapultages au cours de leur formation initiale, qui se déroule aux Etats-Unis.  

Déploiements et entrainements sur piste

Depuis le début de la refonte du Charles de Gaulle, qui doit être remis à flot au printemps, reprendre la mer à l'été et être pleinement opérationnel d'ici la fin de l'année, le GAE n’est évidemment pas resté inactif. La chasse embarquée a continué d’opérer, participant à la protection aérienne du territoire national tout en réalisant plusieurs déploiements au Levant, où les Rafale Marine sont intervenus depuis des bases terrestres contre le groupe terroriste Daech. La préparation au retour en flotte du porte-avions a débuté dès la fin 2017.

Afin de s’entrainer aux manœuvres aviation, les personnels de pont d’envol participent par exemple, à Landivisiau, aux « Carrier Weeks ». Celles-ci  voient les appareils et tout le matériel associé mis en œuvre à l’intérieur d’un espace peint sur la piste qui reproduit le pont d’envol du porte-avions. Des campagnes d’appontages simulés sur piste sont également organisées sur la base d’aéronautique navale bretonne, qui connaitra deux nouvelles sessions d’ASSP d’ici le déploiement aux Etats-Unis.

Premiers appontages sur porte-avions US en 2007

Pour mémoire, les premiers appontages et catapultages de Rafale Marine sur un porte-avions américain se sont déroulés en 2007 à bord de l’USS Enterprise. Depuis, des manœuvres de ce type sont régulièrement menées, avec une réciproque du F/A-18 sur le Charles de Gaulle à partir de 2014.

 

 

F/A-18 américain appontant sur le Charles de Gaulle en mars 2015 (© : EMA)

F/A-18 américain appontant sur le Charles de Gaulle en mars 2015 (© : EMA)

 

Quant à l’embarquement « prolongé » sur un bâtiment US d’un groupe d’avions français et son soutien technique, comme ce sera le cas au mois de mai, cette initiative a été conduite pour la première fois à l’été 2008 lors du premier arrêt technique du Charles de Gaulle. Six Rafale de la 12F, ainsi que deux Hawkeye de la 4F, avaient rejoint les Etats-Unis et embarqué pendant cinq jours à bord de l’USS Theodore Roosevelt. Cette campagne avait été complétée un an plus tard, du fait de l’immobilisation du porte-avions français suite à une avarie sur son système propulsif, par une courte session de trois jours sur l’USS Dwight D. Eisenhower, en transit en Atlantique.

Cette année, la campagne américaine à bord de l’USS George H.W Bush sera donc bien plus conséquente qu’il y a 10 ans, ce qui est aussi une preuve des progrès réalisés depuis en termes d’interopérabilité et du niveau de confiance qui règne entre les deux marines.

 

Le Charles de Gaulle avec un porte-avions américain (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle avec un porte-avions américain (© : MARINE NATIONALE)

Avions français et américains survolant l'USS Theodiore Roosevelt en juillet 2008 (© : US NAVY)

Avions français et américains survolant l'USS Theodiore Roosevelt en juillet 2008 (© : US NAVY)

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