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L’USS Gerald R. Ford manœuvre pour la première fois avec un autre porte-avions

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L’USS Gerald R. Ford manœuvre pour la première fois avec un autre porte-avions

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Bientôt trois ans après sa livraison à l’US Navy, la tête de série du programme des porte-avions américains de nouvelle génération, l’USS Gerald R. Ford (CVN 78), poursuit sa longue et complexe montée en puissance. Le bout du tunnel n’est pas encore pour demain, mais la mise au point du bâtiment et de ses nouveaux systèmes avance. Et il y a pour sa nouvelle campagne au large de la côte Est des Etats-Unis, dédiée aux opérations du groupe aérien embarqué, un bon paquet d’appareils à bord. On comptait ainsi sur son pont d’envol, hier, vingt-deux avions de combat F/A-18 Super Hornet, deux avions de guet aérien Hawkeye et cinq hélicoptères. Une première. 

 

L'USS Gerald R. Ford et l'USS Harry S. Truman (© US NAVY)

L'USS Gerald R. Ford et l'USS Harry S. Truman (© US NAVY)

 

Ce 4 juin fut l’également l’occasion pour l’USS Gerald R. Ford de manœuvrer pour la première fois avec un autre porte-avions, en l’occurrence une unité de la classe Theodore Roosevelt, l’USS Harry S. Truman (CVN 75), qui transite en Atlantique. Les images des deux imposants bâtiments évoluant ensemble permettent d’observer certaines grandes différences. De longueur équivalente à celle de son aîné (près de 333 mètres), le nouveau porte-avions américain se distingue par un pont d’envol plus vaste, avec seulement trois ascenseurs au lieu de quatre, ou encore son îlot au design très moderne avec radars plaques intégrés dans une structure compacte et encore plus retirée sur l’arrière.

 

 

L'USS Gerald R. Ford et l'USS Harry S. Truman (© US NAVY)

L'USS Gerald R. Ford et l'USS Harry S. Truman (© US NAVY)

 

Mais les principales évolutions ne sont pas forcément les plus visibles. Il y a en particulier les catapultes, toujours au nombre de quatre mais qui ne sont plus comme sur les Nimitz et les Roosevelt à vapeur, elles sont électromagnétiques. Une technologie nouvelle qui donne du fil à retordre aux Américains. Autre innovation majeure du CVN 78, ses nouvelles chaufferies nucléaires conçues pour fournir l’énergie nécessaire au bâtiment pendant toute sa durée de vie, sans avoir besoin d’être rechargées. L’USS Gerald R. Ford est, en outre, plus automatisé que les porte-avions de la génération précédente, ce qui permettra de ramener son équipage (dont le groupe aérien) de 5600 à 4600 marins.

Les multiples évolutions et innovations compliquent la mise au point du bâtiment, mis sur cale en 2009 à Newport News et qui devait initialement réaliser son premier déploiement en 2018. Cependant, les retards et les surcoûts se sont accumulés. Le programme est ainsi passé de 8 à plus de 17 milliards de dollars (dont 4.7 milliards de coûts de développement) entre 2008 et 2018. Quant au calendrier, il a complètement volé en éclat puisque le premier déploiement opérationnel du bâtiment n’est pas prévu avant 2022, et peut-être même 2024 avec toutes ses capacités.

Alors que des réflexions ont lieu actuellement aux Etats-Unis quant à la pertinence de maintenir une flotte à 11 ou 12 porte-avions, trois autres Ford ont déjà été commandés. L’USS John F. Kennedy (CNV 79), a été mis à l’eau et officiellement baptisé en décembre 2019 au chantier Huntington Ingalls Industries de Newport News. Il doit être livré en 2022. La troisième unité de cette classe, le futur USS Enterprise (CVN 80), a vu sa construction débuter en août 2017 en vue d’une entrée en flotte en 2028. Quant au quatrième, le futur USS Doris Miller (CVN 81), il a été commandé début 2019 et doit intégrer l'US Navy en 2032.

 

L'USS Gerald R. Ford (© US NAVY)

L'USS Gerald R. Ford (© US NAVY)

 

L’USS Gerald R. Ford va succéder à l’ancien USS Enterprise (CVN 65), premier porte-avions à propulsion nucléaire américain, mis en service en novembre 1961 et retiré en décembre 2012. Puis, avec l’USS John F. Kennedy, débutera la succession des Nimitz, le CVN 79 allant remplacer le bâtiment tête de série de cette classe, l’USS Nimitz (CVN 68), opérationnel depuis 1975. Le futur USS Enterprise succèdera quant à lui à l’USS Dwight D. Eisenhower (CVN 69), en service depuis 1977, et le futur USS Doris Miller à l'USS Carl Vinson (CVN 70), opérationnel depuis1982.

Longs de 333 mètres pour une largeur maximale de 78 mètres et un déplacement d’environ 100.000 tonnes en charge, les nouveaux porte-avions américains sont conçus pour atteindre la vitesse de 30 nœuds. Leur groupe aérien embarqué sera constitué de 70 avions, hélicoptères et drones, dont le nouveau F-35C.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

US Navy / USCG