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Lycées avec spécialité marine : Premier embarquement à Saint-Nazaire, nouvelle classe ouverte à Sète.

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Lycées avec spécialité marine : Premier embarquement à Saint-Nazaire, nouvelle classe ouverte à Sète.

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Une dizaine d’élèves du lycée professionnel d’Heinlex, à Saint-Nazaire, ont embarqué la semaine dernière sur le navire hydrographique Borda. L’occasion pour ces jeunes issus d’une filière maritime technique de se frotter pour la première fois à la vie sur un bateau de la Marine nationale. « J’ai envie depuis longtemps de naviguer mais je n’étais jamais montée sur un bateau. C’est l’occasion de vérifier que j’ai pris la bonne orientation », explique Melissa Esvan, qui vient d’apprendre le fonctionnement d’un magnétomètre destiné à repérer les épaves. Comme ses neufs camarades, Melissa, 19 ans, est élève en Formation complémentaire d’initiative locale (FCIL), section marine, au lycée professionnel d’Heinlex. Cette filière, assez méconnue, recrute des jeunes titulaires d’un BEP : « C’est une formation en partenariat avec le ministère de la Défense. La marine fait passer des tests aux candidats et nous les formons pendant un an, explique Patrice Arnould, professeur de sciences et techniques industrielles. « Ils ont en commun un cursus de mécanique et nous développons leurs connaissances en hydraulique, électricité ou encore automatisme mais nous tenons aussi à leur montrer ce que sera leur métier».

La marine recrute 4000 jeunes chaque année

La visite du Borda a donc été l’occasion d’embarquer pendant quelques heures et de découvrir une vie très particulière. De la passerelle aux machines en passant par les postes, les carrés et les locaux scientifiques, rien n’a été caché au groupe. Au cœur du Borda, un hydrographe passionné montre aux lycéens comment sont fabriquées les cartes marines. « C’est vraiment très intéressant. Ils nous expliquent, ils nous conseillent et on voit qu’ils sont heureux de partager leur expérience. On prend aussi conscience de la notion d’équipage, où tout le monde est solidaire et doit pouvoir compter sur les autres », souligne Benjamin Guérineau. Dans un an, le jeune homme, s’il réussit son année, sera admis au centre d’instruction et de navigation de Saint-Mandrier. « Ils ont ensuite une formation de cinq mois avec la marine et peuvent décrocher un contrat de 10 ans. Si un élève est bon en technique et qu’il se sent socialement prêt à vivre sur un bateau, il est sûr d’avoir un emploi », confie Patrice Arnould. Un métier de technicien où l’ennui n’existe pas, la Marine nationale ne ménage pas ses efforts pour faire passer ce message. Il faut dire que ses besoins en personnel sont importants et qu’elle recrute 4000 jeunes chaque année : « C’est vrai que c’est un travail passionnant, avec de la technicité et de l’action. Sur un bateau on trouve tous les corps de métiers, chaque navire est différent et les affectations changent régulièrement, ce qui permet de voir du pays», explique le Lieutenant de vaisseau Xavier Boreau, pacha du Borda. Melissa se voit déjà en uniforme, parcourrant les mers : « C’est extraordinaire de se dire que chaque année, on va découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures ». Benjamin en rêve déjà : « Ca donne envie, j’ai vraiment hâte d’y être ! »

Nouvelle classe ouverte aujourd’hui à Sète

Alors que la formation est rôdée depuis longtemps à Saint-Nazaire (taux de réussite de 100% l’année dernière), la filière marine fait ses premiers pas à Sète. Une cinquantaine d’élèves des lycées professionnels Joliot Curie de Sête et Jean Moulin de Béziers sont accueillis aujourd’hui à bord de la frégate Montcalm, qui fait escale à Sète. A l’issue de cette visite, ils assisteront à la signature d’un protocole d’accord et d’une convention impliquant le Centre d’Instruction à la Navigation (CIN) de Saint-Mandrier et le LP Joliot Curie. Ce lycée deviendra le 39ème Etablissement à proposer une formation complémentaire à des jeunes titulaires d’un BEP mécanique ou électrotechnique. Ce partenariat entre le ministère de la Défense et celui de l’Education Nationale est destiné à améliorer les conditions de réussite des élèves et, ainsi, faciliter leur insertion professionnelle. Ainsi, la Marine nationale leur propose des métiers dans les spécialités de mécanicien naval, mécanicien d’armement et mécanicien d’aéronautique navale. Chaque année, 350 jeunes sont recrutés à l’issue de leur année de formation post-BEP. Les contrats s’étalent sur un an, quatre ans ou dix ans.