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Maersk Etienne : la justice italienne enquête sur l’ONG Mediterranea

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Maersk Etienne : la justice italienne enquête sur l’ONG Mediterranea

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L’affaire des rescapés secourus par le Maersk Etienne l'été dernier continue de faire des remous. Idra social shipping, la compagnie qui met à disposition de l’ONG Mediterranea Saving Humans le navire humanitaire Mare Jonio, est accusée d’avoir perçu 125.000 euros le 30 novembre de la compagnie danoise, en contrepartie du transbordement des migrants. Une enquête a été ouverte par le parquet de Raguse (Sicile).

Pour mémoire, après 38 jours d’attente, les 27 rescapés recueillis par le pétrolier en Méditerranée avaient été transbordés à bord du Mare Jonio. Peu après, ils avaient été débarqués à Pozzallo en Sicile, mettant fin à leur calvaire. Les autorités italiennes et maltaises refusaient le débarquement des migrants.

Selon l’ONG, la justice lui reproche aujourd’hui « d’avoir organisé ses opérations de secours comme des projets visant à encaisser des bénéfices ». Des perquisitions ont été menées le 1er mars lors d’une « importante opération de police », par « des dizaines d’agents » à travers l’Italie, ainsi qu’à bord du navire, indique l’ONG. Elle juge que cette enquête vise à « frapper la pratique du secours civil en mer » et soutient qu’Idra social shipping « n’a jamais été impliqué dans quoi que ce soit d’illégal » et qu’elle le démontrera.

D'après le journal italien La Repubblica, qui s'appuie sur une note du parquet, quatre personnes sont visées par l’enquête, dont Luca Casarini, activiste et chef de la mission de sauvetage, ainsi que Pietro Marrone, qui commandait le Mare Jonio. Lors d'un contrôle après le débarquement des migrants, les enquêteurs auraient appris en consultant le journal de bord que des contacts avaient été établis entre la compagnie danoise et le navire italien avant le transbordement. Les enquêteurs auraient mené des écoutes téléphoniques et disposeraient de preuves documentaires en plus d'une enquête financière.

« A aucun moment, avant ou pendant l'opération, la moindre compensation financière ou soutien n'a été discutée ou convenue », a réagi Maersk Tankers. « Des mois après l'opération de sauvetage, Maersk Tankers a rencontré des représentants de Mediterranea pour les remercier de leur aide humanitaire. Suite à cette réunion, nous avons décidé d'apporter une contribution à Mediterranea pour couvrir une partie des coûts qu'ils ont supportés du fait de l'opération ». La compagnie précise qu’elle n’a pas encore été contactée par la justice italienne, mais qu’elle se tient à sa disposition. Elle ajoute qu’elle continue à plaider pour qu’une « action politique décisive » permette d’éviter que ce type d’incident ne se reproduise.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.