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Maersk Mc-Kinney Moller : Le plus grand bateau du monde baptisé

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Maersk Mc-Kinney Moller : Le plus grand bateau du monde baptisé

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Le plus grand bateau du monde a été officiellement baptisé, vendredi 14 juin, aux chantiers Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering (DSME) d’Okpo, en Corée du Sud. Le Maersk Mc-Kinney Moller, premier géant de la série des Triple-E de la compagnie danoise Maersk Line, leader mondial du transport maritime conteneurisé, a été inauguré par sa marraine, Ana Maersk Mc-Kinney Ugla, présidente de la fondation Moller.

 

 

Le baptême du navire (© MAERSK LINE)

Le baptême du navire (© MAERSK LINE)

 

 

 

Un nom de baptême symbolique

 

 

Une marraine, qui rappelle également le symbole que représente ce nouveau navire, puisqu’elle est la plus jeune fille de Maersk Mc-Kinney Moller, décédé il y a tout juste un an, à l’âge de 98 ans. Arnold Mærsk Mc-Kinney Møller, plus connu sous le nom de Maersk Mc-Kinney Moller, a dirigé pendant près de 40 ans, de 1965 à 2003, le groupe AP Moller Maersk, fondé par son père Arnold Peter Møller et son grand père, le capitaine Peter Maersk Møller.

 

 

Maersk Mc-Kinney Moller (© MAERSK LINE)

Maersk Mc-Kinney Moller (© MAERSK LINE)

 

 

Cet homme discret, première fortune danoise, a transformé un solide petit armement national en leader mondial du transport maritime. Entré dans la compagnie dès son plus jeune âge, il apprend son métier dans une société qui, avant-guerre, exploite une quarantaine de navires. Son père et son grand-père ont fondé la petite compagnie en 1904, s'appuyant sur les récents progrès techniques des navires à vapeur. Dès 1918, ils décident d'avoir leur propre chantier à Odense où, durant plus de 80 ans, le groupe construira des navires toujours plus grands et plus rapides. Maersk Mc-Kinney Møller prend la tête du groupe en 1965 et poursuit la dynamique impulsée par son père. En 1967, la série des Cecilie Maersk est exploitée sur les lignes entre l'Asie et l'Europe. Capables de filer à 26 noeuds, ces navires seront les premiers à être transformés en porte-conteneurs en 1974. La boîte devient vite un des fers de lance de la compagnie, qui se lance dans une course au gigantisme : dès 1988, le Marchen Maersk affiche une capacité de 4300 boîtes, en 1996, le Regine Maersk en aura 6000, puis 7000 pour le Sovereign Maersk en 1997 et un nouveau record mondial signé en 2006 avec l'Emma Maersk (15.500 EVP)... La série des Triple E est donc la suite logique de cette volonté d’innovation impulsée dès l’origine de l’armement par Maersk Mc-Kinner Møller.

 

 

(© MAERSK LINE)

(© MAERSK LINE)

  

 

Deux moteurs et deux lignes d'arbres

 

 

Longs de 400 mètres pour une largeur de 59 mètres et un tirant d'air de 73 mètres, les mastodontes de la classe Triple-E doivent leur nom aux notions d'Efficience énergétique, d'Economie d'échelle et d'Environnement. Ils doivent permettre de réduire de moitié les émissions de CO2 par conteneur transporté, comparé à la moyenne des navires affectés aujourd'hui aux lignes Asie-Europe.  

Pour parvenir à ce résultat, la forme de la coque est optimisée et les Triple-E adoptent une nouvelle propulsion. Alors que leurs aînés ne disposaient que d'un gros moteur et une unique ligne d'arbres, les nouveaux porte-conteneurs adoptent une double motorisation avec deux lignes d'arbres. Le bloc passerelle est déporté sur l'avant, ce qui permet d'améliorer la visibilité et d'ajouter des conteneurs en hauteur. Dans le même temps, une autre structure émerge sur le tiers arrière, avec, à son sommet, les deux cheminées par où sortent les gaz d'échappement issus des deux moteurs. En déplaçant les machines vers la poupe, un espace supplémentaire est gagné au centre pour loger des conteneurs en cale. La vitesse des porte-conteneurs géants de Maersk devrait, quant à elle, atteindre 23 nœuds.

 

 

(© MAERSK LINE)

(© MAERSK LINE)

 

 

Un coût de construction en baisse

 

 

Quatre navires sisterships du Maersk Mc-Kinney Moller doivent être livrés cette année par les chantiers d'Okpo, les prochains à entrer en flotte étant nommés Maersk Majesty et Marie Maersk. 15 autres suivront en 2014 et 2015. Le groupe Maersk Line a, par ailleurs, annoncé que  le coût unitaire de construction des navires a baissé : alors qu’il devait être de 190 millions de dollars à l’origine, il sera désormais de 185 millions de dollars. Soit une économie de 100 millions de dollars sur l’ensemble de la commande.

Les nouveaux porte-conteneurs de la compagnie danoise seront bien évidemment exploités entre l'Asie et l'Europe. Ils desserviront les principaux ports chinois (Shanghai, Ningbo, Xiamen, Yantian et Hong Kong), avant de filer directement vers l’Europe avec comme premier port d’escale Algésiras. Le temps de transit entre la Chine et l’Espagne sera de 20 jours. Les navires remonteront ensuite vers l’Europe du nord, s’arrêtant à Rotterdam, Bremerhaven et Felixstove, avant de repartir vers l’Asie.

 

 

 

 

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