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Maersk s'inquiète du coût des normes que l'OMI va imposer en 2020

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Maersk s'inquiète du coût des normes que l'OMI va imposer en 2020

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La compagnie maritime danoise, leader mondial dans le transport de conteneurs, s’inquiète de l’impact économique des nouvelles normes de réduction des émissions polluantes prévues pour 2020. Le directeur des affaires juridiques et réglementaires d’AP Møller-Maersk, Simon Bergulf, a indiqué à Bloomberg que le passage à la nouvelle réglementation de l’OMI aurait des répercussions importantes. Maersk table sur une augmentation de sa facture de carburant de 2 milliards de dollars pour l’ensemble du groupe (elle est aujourd’hui de 3.37 milliards de dollars). Les moyens de substitutions coûtent cher pour l’armateur, qui estime que les fournisseurs n’ont pas anticipé la demande à venir.

La norme pour 2020 prévoit l’abaissement des émissions d'oxydes de soufre (SOx) venant de la propulsion des navires. Il est prévu qu’en 2020 la teneur maximale de SOx rejetée soit de 0.5% et même 0.1% dans les zones dites SECA (Sulfur Emission Control Area) que l’on trouve déjà en Manche, mer du Nord et Baltique. La norme actuelle est de 3.5% en dehors des zones SECA.

Pour s’y conformer, les armateurs doivent entreprendre des modifications sur leurs flottes, que ce soit en ajoutant des dispositifs comme des scrubbers ou en changeant de type de carburant. C’est cette deuxième option que semble privilégier Maersk. Toutefois, plutôt que le gaz naturel liquéfié, elle préfère des carburants « conventionnels » ayant une teneur en soufre plus basse que le fuel, comme le Gazoil ICE. Mais, Simon Bergulf estime que ce dernier sera deux fois plus cher que le fuel à l’horizon 2020.

Ce qui inquiète aussi la société, c’est le risque de fraudes. Selon elle, un grand porte-conteneurs pourrait économiser 700.000 dollars sur une seule tournée en utilisant du fuel de base. De quoi créer des désavantages entre ceux qui respectent les normes et les armateurs moins regardants.

Investissement dans du stockage aux Pays-Bas

Pour éviter de possibles problèmes de disponibilité, Maersk a décidé d’investir dans du stockage pétrolier en Hollande. Le groupe s’associe à Vopak, une compagnie qui dispose de plusieurs terminaux dans la zone portuaire de Rotterdam. Leur accord verra la construction d’un centre de soutage pour des carburants à faible teneur en soufre. L’armateur indiquait il y a quelques jours que cette installation allait être à même de couvrir 20% de la demande mondiale du groupe.

 

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