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Maintenance des Barracuda : Les travaux ont commencé à Brest et Toulon

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Maintenance des Barracuda : Les travaux ont commencé à Brest et Toulon

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Attendue en 2015, la décision quant au futur port chargé de la maintenance, et notamment des arrêts techniques majeurs des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, n’a pas été prise. Et ne le sera probablement pas avant l’élection présidentielle de 2017. Ce dossier, très politique, voit depuis plusieurs années Brest et Toulon s’opposer. Car la réduction du format de la Marine nationale et l’entrée en service de bâtiments modernes, à la maintenance optimisée, réduit les besoins en matière d’entretien. Chaque port est donc soucieux de récupérer de la charge de travail.

 

IPER de SNLE à Brest (

IPER de SNLE à Brest (© MARINE NATIONALE)

 

Répartition entre la Méditerranée et l’Atlantique

Aujourd'hui, DCNS assure le maintien en condition opérationnelle des SNA dans le Var, où les six bâtiments du type Rubis actuellement en service sont basés. L’industriel y effectue leurs arrêts techniques majeurs, aussi connus sous le nom d’IPER (indisponibilité périodique pour entretien et réparations) ainsi que leurs entretiens courants (ou indisponibilité pour entretien - IE). Pour ces derniers, il est arrivé à plusieurs reprises qu’un SNA passe au bassin à Brest, en particulier lorsque le plan de charge toulonnais est saturé. A la pointe Bretagne, DCNS dispose en effet des compétences nécessaires puisque l’industriel y assure les IPER et IE des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) du type Le Triomphant, basés à l’Ile Longue.

 

Quatre des six Rubis dans la base navale de Toulon (

Quatre des six Rubis dans la base navale de Toulon (© MARINE NATIONALE)

 

L’escadrille de SNA doit rester basée dans le Var

Alors que les Barracuda seront livrés à la Marine nationale entre 2018 et 2029, il n’est pas question, pour le moment, de repositionner la flottille de SNA à la pointe Bretagne, même si l’activité sous-marine sur cette façade s’intensifie et qu’au moins un Rubis évolue pour ainsi dire en permanence sur le théâtre Atlantique. La question qui est aujourd’hui posée est celle du maintien ou du transfert du pôle chargé de la maintenance des futurs Barracuda. Dans la bataille très âpre que se livrent en coulissent les acteurs du dossier, tous les arguments possibles sont brandis. Les Toulonnais, qui craignent pour l’emploi local, ont par exemple argué qu’il ne servait à rien de transférer les IPER à Brest si la flottille restait basée en Méditerranée, sachant que les compétences et outils nucléaires devraient en plus être conservés à Toulon, et ce plus difficilement, pour les arrêts techniques majeurs du Charles de Gaulle. Les Brestois, de leur côté, ont avancé le fait que la rénovation et la mise aux normes des infrastructures varoises serait bien plus coûteuse que l’adaptation de l’outil breton, avec pour le Finistère l’avantage de concentrer en cas de transfert vers un même lieu tout le savoir-faire lié à l’entretien des sous-marins.

 

SNA du type Rubis en IE à Brest dans les années 2000 (

SNA du type Rubis en IE à Brest dans les années 2000 (© DCNS)

 

Une position compliquée pour le ministre

Un véritable casse-tête donc. Avec, un final, des avantages des deux côtés et aucune hypothèse totalement satisfaisante. Le ministre de la Défense, appelé à trancher, botte pour le moment en touche. Il faut dire que Jean-Yves Le Drian est dans une position compliquée puisque, même si le choix de Brest peut être défendu, il se verrait immanquablement accusé, s’il prenait une telle décision, d’user de sa position pour faire un nouveau cadeau à la région Bretagne, dont il est redevenu président en décembre dernier.

Brest se prépare aux « accueils d’opportunité »

Face à cette situation, et parce qu’il faut bien avancer, des travaux ont été engagés dans les deux bases navales. Il s’agit notamment, suite à l’accident de Fukushima et le durcissement de la règlementation sur le nucléaire, de mettre les infrastructures aux dernières normes et renforcer leur protection antisismique. Il faut aussi adapter les formes et quais aux Barracuda, ce qui passe par exemple par la réfection du système d’alimentation électrique des bâtiments. Des travaux lourds qui ont été engagés à Toulon dans la zone de Missiessy, où se trouvent les formes accueillant les SNA, mais aussi à Brest, où le quai oblique situé près des formes 8 et 9 (la première étant équipée pour les IPER de SNLE) est en train d’être adapté pour recevoir les Barracuda. Il s’agit pour l’heure, dit-on à la pointe Bretagne, de se préparer pour des « accueils d’opportunités » des nouveaux sous-marins d’attaque, tant en escale et soutien à quai que pour des IE ou des IPER.

 

SNA du type Barracuda (

SNA du type Barracuda (© DCNS)

 

Première IPER de Barracuda en 2027

Reste que ces travaux, très lourds (et qui pour partie doivent quoiqu’il arrive être engagés), ne préjugent donc pas du lieu où se dérouleront les arrêts techniques majeurs des Barracuda. Certes, il n'y a pas urgence puisque la tête de série, le Suffren, qui débutera ses essais en mer en 2017 et sera livré l’année suivante, ne connaîtra sa première IPER qu’en 2027. Mais le temps passe vite et du choix final dépendent de coûteux investissements et la nécessité, pour DCNS, de se réorganiser plus ou moins fortement.

 

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