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Mais où est passé le Norway?

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Mais où est passé le Norway?

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La question commence à inquiéter sérieusement les amoureux du paquebot. Le navire, qui a quitté Bremerhaven le 23 mai, devait arriver cette semaine à Port Kelang après 70 jours de navigation. Seule certitude, il n'est pas en Malaisie et les listings relatifs aux mouvements des navires dans le port ne font état ni du Norway, ni de son remorqueur, le De Da. La dernière fois que les deux navires ont été vus, c'était fin juin, en Afrique du sud. Le De Da avait alors refait le plein de combustible à Captown avant de s'engager dans l'Océan indien. Depuis, aucune nouvelle, notamment du propriétaire de l'ancien France qui reste toujours aussi discret quant à ses projets d'avenir pour le paquebot. La destination même du convoi reste un mystère. La compagnie néherlandaise Smit Tak, en charge du remorquage du Norway, avait déclaré en mai qu'elle devait conduire l'ancien fleuron de la Transat en Malaisie mais ses défenseurs redoutaient qu'il ne soit détourné en cours de route et envoyé à la ferraille. Pas plus d'indications du côté de la Marine Nationale, qui surveille l'Océan indien du sud de Madagascar aux îles Kerguelen. Interrogée, elle n'a pas fourni d'informations sur un éventuel repérage du convoi.

Le De Da, remorqueur de la malchance?

Un retard de dix jours, aucune indication relative à sa localisation, le silence de son armateur: Toutes les supputations sont donc permises, d'autant que des nouvelles peu rassurantes sur la carrière du De Da ont été exhumées cet été. Ce navire aurait déjà été en charge du paquebot Shalom, ex-Regent Sun, lors de son naufrage. Le navire avait été construit à Saint-Nazaire dans les années 60... Plus récemment, c'est encore lui que les autorités espagnoles appelleront pour tenter de sauver le pétrolier Prestige, pris dans la tempête fin 2002. Le De Da arrivera le 18 novembre, la veille du naufrage.
Bref, avec un tel palmarès, mieux vaut ne pas être superstitieux.

La ferraille ou la transformation

Plus prosaïquement, le Norway pose deux problèmes. Tout d'abord, l'hypothèse d'un démentèlement s'est trouvée malmenée ces dernières semaines par la chute du prix de l'acier. Certes, celui-ci a remonté mais il est encore loin de valoir le prix qu'en souhaitait l'armateur (30 millions de dollars). Le paquebot est d'ailleurs toujours à vendre et Isaac Dahan s'est déclaré toujours en scène pour le racheter (voir brève Mer & Marine du 23 juin). Selon l'association pour le paquebot France, deux ou trois autres acquéreurs se seraient également manifestés auprès de Star Cruises depuis que le navire a quitté l'Allemagne. Certains spécialistes de la croisière estiment toutefois irréaliste de penser que les projets de refaire naviguer l'ancien France pourraient voir le jour. Le désamiantage comme la réparation des machines et le réaménagement d'un bâtiment historique en grande partie vidé de son mobilier et de sa décoration seraient bien trop coûteux.
A noter qu'un dossier spécial sur les coulisses du projet de ramener l'ex-France à Honfleur est paru cet été dans le magazine Croisières, en vente en kiosque.

Norway, l'ex-paquebot France