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Mali : Les forces terrestres françaises montent au front

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Après les moyens aériens, c’est au tour des troupes et blindés français de se joindre à l’armée malienne pour repousser les djihadistes. Avec notamment, pour objectif, la petite ville de Diabali, conquise dimanche par les groupes terroristes. Hier, plusieurs unités ont quitté Bamako pour monter vers la ligne de front, où d’âpres combats ont opposé les soldats maliens à leurs adversaires. En effet, si les raids de l’aviation et des hélicoptères français ont permis dès vendredi de stopper à l’Est du fleuve Niger l’avancée des rebelles puis de les repousser,  la situation est demeurée jusqu’ici difficile à l’ouest, où Diabali est tombée. L’armée française a donc la ferme intention d’éradiquer au plus vite ce foyer de résistance, où se trouvent apparemment des combattants motivés, très armés et bien entrainés, qui ont l’avantage de connaître le terrain. Un ennemi à prendre donc au sérieux, mais qui se retrouve face à la crème des militaires français, commandos, légionnaires et marsouins notamment, aguerris par les opérations extérieures, que ce soit en Afrique ou en Afghanistan, et dont la réputation n’est plus à faire. Alors que les grandes manœuvres terrestres débutent, les forces aériennes poursuivent leurs frappes dans cette zone mais aussi au nord du Mali, afin de réduire le potentiel terroriste et préparer la reconquête de ces régions, en visant plus particulièrement, depuis dimanche, les camps d’entrainement, les postes de commandement, ainsi que les dépôts de carburant, d’armes et de munitions.

 

 

VBL et VAB au Mali (© : EMA)

 

Rafale engagé dans l'opération Serval (© : EMA)

 

Rafale engagé dans l'opération Serval (© : EMA)

 

 

L’effectif mobilisé devrait s’élever à 2500 hommes

 

 

Le dispositif français déployé dans le cadre de l’opération Serval continue de se renforcer. Hier, en fin de journée, 1700 militaires, dont 800 au Mali, étaient mobilisés. Alors que l’aviation engagée compte 4 Rafale, 6 Mirage 2000D et 5 ravitailleurs C135 opérant depuis N'Djamena, les deux Mirage F1CR, dotés de capacité de reconnaissance mais aussi d'attaque (bombes de 250 kg et canon de 30mm), ont quitté la base tchadienne pour se positionner à Bamako, au plus près de la zone de combat. Mais la journée d’hier a, surtout, été marquée par le fait que les moyens de l’armée de Terre, notamment les blindés, sont arrivés en masse. Véhicules blindés légers (VBL), Véhicules de l’avant blindés (VAB), chars légers Sagaie dotés d’un canon de 90mm… Alors qu’une partie de ces moyens a été acheminée à Bamako via des avions de transport Transall et Hercule, des Antonov AN-124 ou encore des C-17  de la Royal Air Force, une colonne de 40 véhicules a rejoint hier la capitale malienne après trois jours de route depuis la Côte d’Ivoire. Et le dispositif, constitué d’unités pré-positionnées en Afrique  (comme Epervier au Tchad et Licorne en Côte d’Ivoire) et d’autres stationnées en France, va continuer de monter en puissance, avec de nouveaux véhicules, des hélicoptères de combat supplémentaires, ainsi que des troupes, la France ayant annoncé qu’elle comptait déployer un total de 2500 hommes.

 

 

Acheminement de troupes (© : EMA)

 

Préparation de l'armement (© : EMA)

 

Un C-17 britannique (© : EMA)

 

VAB et P4 devant un Antonov AN-124 (© : EMA)

 

VAB et P4 devant un Antonov AN-124 (© : EMA)

 

Débarquement d'un char ERC-90 Sagaie (© : EMA)

 

Un Sagaie devant un Hercule C130 (© : EMA)

 

 

« Toutes les armées sont mobilisées »

 

Satellites, avions, hélicoptères, véhicules, infanterie, forces spéciales… Armée de Terre, armée de l’Air mais aussi Marine nationale, au travers de plusieurs composantes, dont ses avions de patrouille maritime Atlantique 2 qui effectue notamment le guidage des moyens de frappe… « Toutes les armées sont mobilisées », a affirmé hier Jean-Yves Le Drian, qui a salué « la qualité et le professionnalisme » des forces françaises. Mais aussi leur réactivité puisque le ministre de la Défense a révélé qu’elles avaient été en mesure, vendredi dernier, de lancer les premiers raids 5 heures seulement après la décision du président de la République d’intervenir au Mali. Une attaque ayant permis de stopper l’avancée des djihadistes qui, après avoir débordé l’armée malienne la veille, menaçaient de déferler sur le sud du pays. Jean-Yves Le Drian a détaillé hier les missions des forces françaises: « D’abord, assister l’armée malienne pour enrayer la progression des groupes terroristes vers le sud, soit par des frappes aériennes, soit par l’intervention d’éléments terrestres. Deuxièmement, frapper dans la profondeur les bases arrière des groupes terroristes pour éviter qu’ils se ressourcent et reviennent vers le sud. Troisièmement, sécuriser Bamako, pour assurer la stabilité de cette ville et la pérennité de ses institutions. Quatrièmement, faire en sorte que nos forces préparent l’intervention, l’organisation, des forces armées africaines ». Ces forces africaines sont celles de la CEDEAO, qui doivent être déployées dans la cadre de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA). Celle-ci, sous mandat de l’ONU, doit reprendre le contrôle du nord du pays, sous contrôle des groupes terroristes depuis près d’un an. Devant comprendre à terme plus de 3000 hommes, la MISMA sera placée sous commandement du Nigéria (elle comprendra également des troupes venues du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Tchad, du Togo ou encore du Burkina Faso), qui doit apporter le plus fort contingent (900 soldats). Dans le même temps, l’Europe, au travers de la mission UTM Mali, doit assurer la formation et le renforcement de l’armée malienne, très éprouvée par les combats.

 

 

Chars Sagaie arrivés au Mali (© : EMA)

 

Chars Sagaie arrivés au Mali (© : EMA)

 

 

Engager au plus vite la reconquête du nord

 

Compte tenu de la situation et du fait que la MISMA ne pourra être totalement opérationnelle avant un certain temps, l’armée française ne se contentera sans doute pas de faire barrage aux rebelles au centre du pays. Elle sera, très probablement, engagée avec les troupes africaines dans la libération des territoires sous contrôle djihadiste. « Il faut engager dès que possible la reconquête du nord avec les forces africaines. Nous accompagnerons ces forces », a dit hier le ministre de la Défense, qui s’est félicité que l’action de Paris ait manifestement donné un coup d’accélérateur à la mise en place de la MISMA.

Par ailleurs, l’intervention française au Mali, qui suscite un quasi-consensus au sein de la communauté internationale, va recevoir l’appui de plusieurs pays. Alors que le Royaume-Uni a déjà mis à disposition deux avions C-17 pour participer au transport des moyens tricolores, les Etats-Unis vont fournir, entre autres, des drones pour contribuer à la surveillance et au contrôle des territoires du nord, plus particulièrement dans les zones frontalières. Plusieurs pays ont, en outre, proposé une aide logistique, comme la Belgique et le Danemark, prêts notamment à contribuer avec des avions de transport.

On rappellera enfin que les honneurs militaires ont été rendus hier, à l'Hôtel des Invalides, au lieutenant Damien Boiteux, pilote d'hélicoptère mortellement blessé vendredi dernier, aux commandes d'une Gazelle, lors des premiers raids contre les djihadistes. Le premier ministre Jean-marc Ayrault a présidé la cérémonie, rendant hommage à ce soldat mort pour la France et déposant sur son cercueil la croix de Chevalier de la légion d'honneur. 

 

 

Hier, aux Invalides (© : ARMEE DE TERRE)

Marine nationale