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Manoeuvres aéronavales et amphibies franco-brésiliennes au large de Rio

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Manoeuvres aéronavales et amphibies franco-brésiliennes au large de Rio

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Le bâtiment de projection et de commandement Dixmude, ainsi que la frégate Georges Leygues, ont appareillé lundi de Rio de Janeiro, où ils étaient arrivés le 5 juin. Déployées depuis le mois de mars dans le cadre de la mission Jeanne d'Arc, les deux unités de la Marine nationale ont repris la mer afin de participer à un exercice amphibie avec la flotte brésilienne. A cette occasion, le Dixmude met notamment en oeuvre ses cinq hélicoptères (2 Puma, 2 Gazelle, une Alouette III), son engin de débarquement amphibie rapide (EDAR), ses deux chalands de transport de matériel (CTM) et les unités de l'armée de Terre constituant le groupe tactique embarqué (GTE). Du côté brésilien, la marine aligne le sous-marin Tamoio, les frégates Niteroi et Greenhalgh, le pétrolier-ravitailleur Almirante Gastao Motta, un chaland de débarquement du type Guarapari, trois véhicules amphibies CLANF, ainsi que quatre hélicoptères. Après une journée de manoeuvres au large de Rio, la force s'est rapprochée de la terre pour mener hier une opération de débarquement, trois sections brésiliennes étant mises à terre depuis le BPC français. Un nouveau débarquement de troupes brésiliennes est prévu aujourd'hui.
A l'issue de cet exercice, le Dixmude et le Georges Leygues vont quitter les eaux brésiliennes pour retraverser l'Atlantique. Ils vont rejoindre l'Afrique de l'ouest pour participer, durant environ un mois, à la mission Corymbe. Puis, après une dernière escale au Portugal, les deux bâtiments, qui ont quitté Toulon début mars, arriveront à Brest fin juillet.

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Le Dixmude au Brésil  (© : MARINE NATIONALE)
Le Dixmude au Brésil (© : MARINE NATIONALE)

Coopération militaire et soutien à l'exportation

Ce passage au Brésil du groupe Jeanne d'Arc s'inscrit dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays, qui s'est renforcée en 2008 avec la signature d'un nouvel accord de défense. L'année suivante, ce partenariat a abouti à la signature du plus important contrat naval à l'export remporté par l'industrie française, soit 6.7 milliards d'euros. La marine brésilienne a retenu DCNS pour mener à bien le programme PROSUB, qui vise à renouveler sa force sous-marine. A ce titre, le groupe français, allié au Brésilien Odebrecht, apporte son expertise pour la conception et la réalisation d'une base et d'un chantier naval. C'est là que seront réalisés, en transfert de technologie, quatre sous-marins du type Scorpène, livrables entre 2017 et 2021. Dans le même temps, DCNS assiste la marine brésilienne pour la conception des parties non nucléaires du premier sous-marin nucléaire d'attaque brésilien, dont la mise en service est prévue en 2025.

La future base navale d'Itaguai  (© : DCNS)
La future base navale d'Itaguai (© : DCNS)

Le futur chantier naval d'Itaguai  (© : DCNS)
Le futur chantier naval d'Itaguai (© : DCNS)

Le futur Scorpène brésilien  (© : DCNS)
Le futur Scorpène brésilien (© : DCNS)

Une flotte de surface à moderniser

Forte de ce premier contrat, l'industrie française vise désormais les autres programmes de modernisation de la marine brésilienne. Le premier, PROSUPER, porte sur l'acquisition de cinq frégates, cinq patrouilleurs hauturiers et un pétrolier-ravitailleur. Si les patrouilleurs ont été décrochés par BAE Systems, qui a cédé au Brésil des unités initialement destinées à Trinidad et Tobago, DCNS propose toujours au Brésil ses frégates du type FREMM et un bâtiment logistique du type Brave. PROSUPER devrait être lancé d'ici l'an prochain, probablement après la signature du contrat portant sur les nouveaux avions de combat de la force aérienne brésilienne, un programme de 36 appareils (et une centaine à terme) sur lequel les Français sont également en lice avec le Rafale de Dassault Aviation.
Dans le même temps, le concept du BPC français semble également susciter de l'intérêt, puisqu'il permettrait à la marine brésilienne de remplacer avantageusement ses vieux transports de chalands de débarquement ex-américains du type Thomaston, datant des années 50. Les manoeuvres amphibies réalisées cette semaine avec les armées brésiliennes permettront donc à celles-ci de prendre toute la mesure des capacités du Dixmude dans le domaine de la projection de forces. Enfin, dans les prochaines années, le Brésil compte se doter d'un nouveau porte-avions dans le cadre du programme PRONAE. Au final, le plan de développement de la marine, baptisé PAEMB, prévoit à terme une trentaine de nouveaux bâtiments, dont deux porte-avions.

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