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Manœuvres franco-japonaises au large de la Bretagne

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Manœuvres franco-japonaises au large de la Bretagne

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Dans un contexte de net - bien qu’encore assez discret -  rapprochement entre la France et le Japon, qui coopèrent de plus en plus étroitement dans la région Asie-Pacifique, les marines des deux pays ont récemment effectué des manœuvres conjointes au large de la Bretagne.

Le passage dans la zone du groupe de formation de la marine nippone, comprenant le bâtiment école Kashima et la frégate Makinami, a été l’occasion d’organiser un exercice bilatéral. Ainsi, le 28 août, les deux unités japonaises se sont entrainées avec le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme, basé à Brest, ainsi que la chasse embarquée de la Marine nationale. Des préparations au ravitaillement à la mer (sans transfert de combustible) ont été conduites, de même que des évolutions tactiques, des Rafale Marine de la flottille 12F effectuant des attaques simulées sur les bâtiments.

Ces échanges interviennent donc dans un environnement assez particulier, qui voit le Japon et la France, seul pays européen riverain de l’océan Pacifique avec ses territoires en Polynésie et en Nouvelle Calédonie, se rapprocher car faisant face à des enjeux communs. Parmi eux, évidemment, tous les dossiers sensibles du sud-est asiatique, comme la Corée du nord et les problématiques liées à la sécurité maritime ou encore la défense de la liberté de naviguer. Avec en toile de fond le développement considérable et extrêmement rapide de la puissance navale chinoise, qui étend son influence dans la région alors que Pékin tente de contraindre la navigation en mer de Chine et revendique la souveraineté sur divers archipels, s’opposant sur ces questions à plusieurs de ses voisins, dont le Japon.

Dans cette situation géostratégique complexe, les relations entre Paris et Tokyo se resserrent et le fait que le premier-ministre japonais devait être l’invité d’honneur d’Emmanuel Macron au défilé du 14 juillet (Shinzo Abe s’est décommandé du fait des intempéries meurtrières au Japon) ne devait rien au hasard. Dans divers domaines, la coopération entre les deux pays s’accroît, notamment sur le plan naval. L’an dernier, le groupe amphibie déployé dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc avait par exemple embarqué des unités nippones lors d’un exercice à Sasebo, alors qu'un engin de débarquement EDAR du Dixmude testait le radier du porte-hélicoptères d'assaut Osumi.

 

Un EDAR français avec le LHD Osumi en mai 2017 (© MARINE NATIONALE)

Un EDAR français avec le LHD Osumi en mai 2017 (© MARINE NATIONALE)

 

En mai dernier, c'est un avion de patrouille maritime japonais qui est venu à Lorient, où sont basés les Atlantique 2 de la Marine nationale. Et le même mois, le patron de la flotte japonaise était reçu par son homologue français à Toulon. Une grande première qui avait notamment vu les deux amiraux visiter le porte-avions Charles de Gaulle. Les manœuvres récentes entre la Somme, le Kashima et le Makinami s’inscrivent dans cette dynamique.

Parti le 21 mai du port de Yokosuka, le groupe école japonais effectue cinq mois de campagne au profit de 200 officiers élèves. Leur périple comprend des escales dans une dizaine de pays.

 

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