Marine Marchande
Manuel Valls au siège de CMA CGM

Actualité

Manuel Valls au siège de CMA CGM

Marine Marchande

De nombreux dossiers attendent aujourd’hui le premier ministre, en déplacement à Marseille. Entre la problématique de la sécurité dans la cité phocéenne et la polémique sur les rejets de boues rouges dans la Méditerranée, Manuel Valls doit se rendre au siège de CMA CGM, où il sera reçu par le fondateur du groupe. « Au cours de cette visite, Jacques Saadé et Manuel Valls auront l’occasion d’échanger autour de l’industrie maritime et plus globalement du commerce international. 90 % des échanges de marchandises se font par voie maritime. Avec ses 536 navires qui desservent plus de 420 ports de commerce et ses 650 bureaux dans le monde, CMA CGM est un observateur  privilégié du commerce mondial et des évolutions à venir », souligne le groupe, qui se présente comme un rouage important de l’économie tricolore : « Plus de 6300 entreprises françaises utilisent aujourd’hui CMA CGM pour leurs échanges commerciaux. En 2015, plus de 6.5 millions de tonnes de marchandises ont été exportées depuis la France vers le reste du monde sur des services maritimes du groupe. CMA CGM emploie plus de 4500 personnes en France (dont 2400 à Marseille), et est présent au Havre, à Dunkerque, Montoir, Rouen, Bordeaux, Brest, Port Vendres, la Rochelle, Sète et Marseille où est situé son siège social ».

Une période difficile pour l’armateur français

La visite du premier ministre intervient dans une période délicate pour CMA CGM, qui se retrouve confronté comme tous les acteurs du transport maritime à un ralentissement des échanges et une chute des taux de fret, qui plombent les résultats. Le groupe a, ainsi, enregistré 109 millions de dollars de pertes au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires chutant de plus de 18% par rapport à la même période de 2015.

Face à cette situation, CMA CGM a annoncé un nouveau plan de réduction massive des coûts qui doit lui permettre de réaliser 1 milliard de dollars d’économies en 18 mois. Il mise aussi sur la consolidation du secteur, avec le rachat de NOL (APL) qu’il vient de mener à bien, les rationalisations qui vont en découler et le lancement prévu en avril 2017 de l’Ocean Alliance avec Cosco, Evergreen et OOCL.  

Face à la très mauvaise conjoncture et au manque de visibilité pour les mois qui viennent, CMA CGM assure qu’il pourra s’appuyer sur « son fort niveau de liquidités » pour passer la vague.

Le FSI actionnaire depuis 2012

C’est dans ce contexte qu’intervient la visite du premier ministre, sachant que l’Etat a via le Fonds Stratégique d’Investissement des liens avec l’entreprise. Le FSI est en effet actionnaire à hauteur de 6% du groupe. Il est entré au capital en 2012 en injectant 150 millions d’euros suite aux très graves difficultés rencontrées par CMA CGM après la crise économique de 2008. Avec le soutien du gouvernement, l’armateur était parvenu à restructurer sa dette et avait aussi bénéficié de l’investissement d’Yildirim, qui avait pris 20% du capital en 2011 avant de monter à 24% deux ans plus tard. Une présence temporaire puisque le groupe turc s’est retiré en 2015. En difficulté et menacé d’être mis sur la touche au plus fort de la tempête, Jacques Saadé, qui détient l’entreprise avec sa famille via leur holding Merit, basée au Liban, était habilement parvenu à conserver le contrôle de la société qu’il a fondée en 1978. Un armement qui n’a depuis cessé de croître pour devenir le numéro 3 mondial du transport maritime conteneurisé. CMA CGM avait renoué avec les bénéfices dès 2012.

 

CMA CGM | Toute l'actualité du groupe maritime français