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Manuel Valls confirme la commande prochaine d’un B2M et deux BSAH

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Manuel Valls confirme la commande prochaine d’un B2M et deux BSAH

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En visite vendredi 30 septembre au chantier Piriou de Concarneau, Manuel Valls, accompagné de Jean-Yves Le Drian, Jean-Jacques Urvoas et Alain Vidalies, a confirmé la commande, d’ici la fin de l’année, de trois navires destinés à la Marine nationale. Tout d’abord, celle, déjà considérée comme acquise, du quatrième bâtiment multi-missions (B2M), mais aussi celle des troisième et quatrième bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH). Deux programmes portés industriellement par Piriou et DCNS, alliés depuis 2013 au sein d’une société commune, Kership, chargée de commercialiser auprès des marines et services de sécurité des bâtiments réalisés aux normes civiles jusqu’à 90 mètres.

 

Manuel Valls chez Piriou vendredi dernier (© : CLAUDE PRIGENT)

Manuel Valls chez Piriou vendredi dernier (© : CLAUDE PRIGENT)

 

Le quatrième B2M aux Antilles en 2018

Pour mémoire, les trois premiers B2M avaient été commandés en décembre 2013, le quatrième faisant l’objet d’une option au contrat. La tête de série, le D’Entrecasteaux, a été transféré en mars 2015 par la flotte française et a rejoint cet été Nouméa (Nouvelle-Calédonie), où il a été mis en service. Son premier sistership, le Bougainville, a été réceptionné par la marine le 16 septembre dernier et va bientôt partir pour Papeete (Polynésie française), où il sera basé. Mis à flot à Concarneau le 22 août dernier, le troisième B2M, baptisé Champlain, ralliera quant à lui Port des Galets (La Réunion) début 2017. Le dernier navire de la série est, pour sa part, attendu en 2018 à Fort de France (Martinique).

Longs de 65 mètres pour une largeur de 14 mètres et un déplacement de 1400 tonnes en charge, les B2M remplacent Outre-mer les anciens bâtiments de transport léger (Batral). Ils sont conçus pour assurer des missions de souveraineté (surveillance et protection de la zone économique exclusive française, projection, soutien logistique, sauvegarde et assistance).

 

Le B2M D'Entrecasteaux (© : DCNS/KERSHIP)

Le B2M D'Entrecasteaux (© : DCNS/KERSHIP)

 

Les BSAH 3 et 4 à Brest et Cherbourg en 2019

Le programme BSAH a, quant à lui, été notifié à Kership en août 2015 avec une première tranche ferme pour deux navires, les deux autres étant en option. C’est cette seconde tranche conditionnelle qui doit être affermie par la Direction Générale de l’Armement d’ici la fin de l’année. En cours d’assemblage, la tête de série est livrable au premier trimestre 2018 et sera basée à Toulon, où elle remplacera les bâtiments de soutien de région Gazelle et Taape. Les autres BSAH succèderont à Brest aux remorqueurs de haute mer Tenace et Malabar, ainsi qu’au bâtiment de soutien de région Elan, positionné à Cherbourg.

Le second BSAH doit également être livré en 2018 à la Marine nationale, les troisième et quatrième unités devant rallier la flotte dès 2019.  

Longs de 70 mètres pour un déplacement de 2700 tonnes en charge, ce nouveaux bâtiments seront capables si besoin de remorquer le porte-avions Charles de Gaulle ou les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, pourront assurer des missions de support de plongée ou encore de lutte contre la pollution et les incendies.

 

BSAH (© : KERSHIP)

BSAH (© : KERSHIP)

 

Sécurisation des contrats avant les échéances de 2017

L’affermissement des options aux contrats initiaux des programmes B2M et BSAH permet à Piriou et DCNS d'engranger de précieuses commandes pour le plan de charge de Concarneau, mais aussi du chantier de Lanester, près de Lorient, dont Kership finalise la reprise auprès de STX France. La visite de vendredi dernier avait, de ce point de vue, une portée évidemment très politique, l’objectif des industriels et du ministre de la Défense étant de sécuriser ces commandes avant les échéances électorales de 2017 qui, en cas d’alternance, pourraient voir émerger un gouvernement moins favorable aux intérêts bretons. Pour l’heure, Concarneau fonctionne essentiellement grâce aux marchés publics, avec les B2M et BSAH, mais aussi le Polar Logistic Vessel, qui remplacera en 2017 le patrouilleur austral Albatros et le navire de ravitaillement polaire L’Astrolabe, chargé du soutien de la base scientifique Dumont d’Urville en Antarctique.

L’export, vital pour l’avenir

Alors qu’avec les B2M et BSAH, le ministère de la Défense a offert à Kership un tremplin indispensable au développement de cette nouvelle société sur le marché militaire qu’elle convoite, il reste maintenant à confirmer avec des commandes à l’export. Concernant les navires multi-missions, un segment plutôt actif actuellement à l’international, les nouvelles unités produites, dont la marine française se montre très satisfaite, constituent un atout puisqu’elles sont désormais éprouvées à la mer et bénéficient du label « French Navy ». En découle un premier succès à l’international avec la commande cette année, par le Maroc, d’un bâtiment hydro-océanographique multi-missions adoptant un design dérivé des unités réalisés pour la flotte française. Ce navire de 72 mètres doit être livré mi-2018.  

 

L'OPV 45, l'un des patrouilleurs développés par Kership (© : KERSHIP)

L'OPV 45, l'un des patrouilleurs développés par Kership (© : KERSHIP)

 

Une gamme complète de patrouilleurs

L’autre grand marché visé par Kership est celui des patrouilleurs, pour lequel la société a développé un vaste catalogue, avec une gamme complète d’unités côtières et hauturières de 19 à 90 mètres. Sur ce segment considéré comme crucial, DCNS et Piriou n’ont pas encore percé. Une première bonne nouvelle avait été annoncée en octobre 2014, lors du dernier salon Euronaval, avec la vente au Gabon d’un patrouilleur neuf de 50 mètres et celle de l’ex-Tapageuse de la Marine nationale, rénovée par Piriou. Mais le contrat est pour le moment au point mort. L’Egypte avait également été avancée pour reprendre l’ex-Tapageuse et l’OPV L’Adroit, construit sur fonds propres par DCNS et mis à disposition de la Marine française depuis 2011. Mais là aussi, les discussions n’ont pas encore abouti.  

BATSIMAR en ligne de mire

Pas de quoi cependant décourager les équipes de Kership et ses actionnaires, qui savent le marché militaire complexe et les commandes parfois longues à venir. En attendant de concrétiser ses premiers contrats de patrouilleurs, la filiale de Piriou et DCNS améliore sa gamme de produits, qui va prochainement s’enrichir de nouveaux modèles innovants. En dehors de l’export, Kership, comme d’autres constructeurs français, convoite également le futur programme des bâtiments d’intervention et de surveillance maritime (BATSIMAR), qui doit voir la construction de 15 unités destinées à remplacer les avisos (reclassés patrouilleurs de haute mer) et PSP, les patrouilleurs Arago et Le Malin ainsi que les derniers P400. Mais la livraison du premier BATSIMAR n’est pas attendue avant 2024. Et, quel que soit le lauréat du futur contrat, qui ne doit pas être notifié avant 2020 et la prochaine loi de programmation militaire, il faudra impérativement pour Kership alimenter d’ici là son outil industriel.

 

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