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Marc de Briançon, nouveau commandant de l'Ecole navale

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Marc de Briançon, nouveau commandant de l'Ecole navale

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Située à Lanvéoc-Poulmic, face à Brest, l'Ecole navale a un nouveau « pape », comme on l'appelle là-bas. Hier, le contre-amiral Marc de Briançon a pris la barre du berceau des officiers de la Marine nationale. Pour la petite histoire, c'est l'un des deux seuls anciens commandants de la Jeanne d'Arc (2003 - 2005) à accéder à ce poste, après l'amiral Michel Olhagaray, qui fut le pacha du porte-hélicoptères entre 1991 et 1993. Sorti de l'Ecole navale en 1978, l'amiral de Briançon aura, notamment, commandé trois bâtiments. Depuis deux ans, il était chef de cabinet du chef d'état-major de la marine. Aujourd'hui, il succède au contre-amiral Pierre Soudan, qui s'est efforcé d'ouvrir la vénérable institution vers l'extérieur, malgré son isolement géographique à la pointe du Finistère. « Trente-et-un ans après avoir été élève ici, je mesure toute l'évolution qu'a connue l'Ecole navale, notamment sous l'impulsion de Pierre Soudan. L'ouverture a été incroyable et tous azimuts. C'est une démarche qu'il faut poursuivre, notamment au travers des partenariats avec le monde maritime, les entreprises, la recherche et les projets à l'international. Le maître mot reste l'ouverture », explique Marc de Briançon.

Vers les entreprises, la recherche et l'international

Cette année, la nouvelle promotion de l'Ecole navale compte 103 marins, pour un total de 600 élèves officiers. En comptant les autres composantes du groupe des écoles du Poulmic, avec notamment les officiers mariniers, mais aussi les polytechniciens et les officiers sous contrat qui viennent se former à Lanvéoc, le site enregistre un flux d'environ 1500 élèves par an.
Ecole d'ingénieurs, l'institution a noué, ces dernières années, de nombreux partenariats avec d'autres grandes écoles, comme Centrale ou HEC. Elle dispose, également, d'un institut de recherche, qui participe à de nombreux projets dans le domaine de l'innovation. Souhaitant renforcer ses liens dans le secteur de la recherche et avec les entreprises, à commencer par celles du secteur maritime, l'Ecole navale joue également sur l'ouverture à l'international. Des échanges sont notamment menés avec les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. Elle accueille, en outre, de plus en plus d'officiers élèves étrangers, qui suivent tout ou partie du cursus français. Ainsi, l'école compte cette année, dans ses rangs, des marins venant de Tunisie, du Cameroun, du Togo, de Madagascar, de Liban et même de Corée du Sud. L'ouverture est, enfin, « interministérielle », Navale accueillant à partir de cette année les élèves des Affaires maritimes.

L'après Jeanne d'Arc

Ancien pacha du célèbre bâtiment école, mis en service en 1964, le nouveau commandant de l'Ecole navale sera celui qui assurera la transition entre la Jeanne d'Arc et l'après Jeanne d'Arc. Désarmé l'an prochain à l'issue de sa dernière campagne, qui débutera en décembre, le porte-hélicoptères n'aura pas de remplaçant désigné. Mais, devant l'intérêt de la formation à la mer des officiers, le ministère de la Défense a accepté que, chaque année, un Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) soit mis à disposition pour effectuer une campagne d'application embarquée. « C'est une solution économique, ces navires neufs étant beaucoup moins coûteux que la Jeanne d'Arc. Les BPC sont par ailleurs dotés d'équipements modernes, notamment d'importants moyens de transmission, ce qui présente un intérêt pour les élèves. Nous allons maintenant travailler pour que la nouvelle formule de la campagne soit la plus efficace possible », souligne Marc de Briançon.
En mars prochain, le BPC Tonnerre appareillera en compagnie de la frégate Georges Leygues pour inaugurer ce que l'on appelle désormais le Stage d'Application à la Mer (SAM) ou, pour conserver la tradition, la « Campagne Jeanne d'Arc ». La mission sera de quatre mois, soit deux mois de moins que ce que réalise aujourd'hui le Groupe Ecole d'Application des Officiers de Marine (GEAOM), amené à disparaître avec le désarment du porte-hélicoptères. Quant aux campagnes, elles ne seront pas aussi « planétaires » qu'auparavant. L'Etat-major des Armées souhaite, en effet, que le BPC servant aux SAM reste dans des zones sensibles, comme l'Afrique ou l'océan Indien. Ainsi, en cas de problème, il sera positionné pour effectuer différentes missions, comme l'évacuation de ressortissants ou de l'humanitaire.

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