Défense
Marine : Deux Rafale et un Hawkeye français sur un porte-avions américain

Actualité

Marine : Deux Rafale et un Hawkeye français sur un porte-avions américain

Défense

Deux avions de combat Rafale (les M12 et M13) et un avion de guet aérien Hawkeye de l'aéronautique navale ont apponté lundi sur l'USS Enterprise, qui croisait au large de Toulon. C'est la première fois que des appareils français réalisent un cycle complet sur un porte-avions américain. Jusqu'ici, seules des approches avec remise des gaz en final avaient été testées. Après avoir apponté, les trois avions ont été reconditionnés sur l'Enterprise et recatapultés. Si le Hawkeye est du même type que les engins utilisés dans l'US Navy, les Rafale, produits par Dassault Aviation, ne pouvaient jusque là opérer sur d'autres porte-avions que le Charles de Gaulle. Le standard F1 disposait en effet d'une centrale de navigation inertielle infrarouge se recalant sur le bâtiment base et interdisant toute interaction avec une autre plateforme. L'arrivée, avec le standard F2 d'un nouveau système de calage par GPS de la centrale inertielle, permet désormais à l'avion de recaler lui-même ses références. Grande première pour les Français, les essais réalisés mardi l'étaient également pour l'US Navy, qui n'avait jamais catapulté d'avions étrangers depuis l'un de ses bâtiments. Les Etats-Unis accueillent en revanche, depuis plus de dix ans, les pilotes de l'aéronautique navale. Ces derniers suivent leur formation sur la base de Lakehurst, qui dispose notamment d'une catapulte identique à celles embarquées sur les porte-avions de la Navy.

Une campagne sur porte-avions US au printemps

Rue Royale, où se situe l'Etat-major de la Marine nationale, on salue cette réussite, d'autant qu'elle ouvre des perspectives permettant de répondre à certaines problématiques du grand carénage du Charles de Gaulle. Jusqu'en novembre 2008, le navire est en effet indisponible, ce qui prive les pilotes de toute plateforme navale pour s'entrainer. « La réussite des manoeuvres du 23 juillet est de très bon augure pour de futures interactions entre les marines française et américaine, les porte-avions américains constituant des plates-formes d'exercice idéales en l'absence temporaire du porte-avions français Charles de Gaulle. Signe d'une coopération très forte, l'opération qui s'achève va permettre aux Rafale F2 et E-2C Hawkeye français de participer plus régulièrement à des exercices depuis des porte-avions américains », souligne la Marine nationale. La compatibilité avec les porte-avions américains, qui possèdent le même type de catapultes (en un peu plus longues) devrait permettre d'aider au maintien des qualifications durant l'arrêt technique du navire amiral français. Le geste des Etats-Unis, qui ont accepté de recevoir des appareils français cette semaine, est en tous cas très apprécié des Français. Cette première doit être suivie d'un exercice programmé sur porte-avions américain à l'été 2008.
Concernant les Super Etendard Modernisés, qui disposent d'un système spécifique de catapultage par élingue, la piste brésilienne est toujours étudiée. Le Brésil arme en effet depuis 2000 l'ex-Foch, rebaptisé Sao Paulo. Si l'ancien porte-avions de la Marine nationale dispose encore des équipements techniques nécessaires, les pilotes français de SEM pourraient s'y entraîner au cours de l'année 2008. Reste enfin le cas, très problématique, des officiers de pont d'envol. Ces derniers, qui guident les avions dans la partie finale des approches, ont un oeil habitué aux dimensions du Charles de Gaulle. Si une piste de même dimension peut être aménagée à terre, elle ne pourra reproduire les mouvements du navire, dont la poupe peut osciller de plusieurs mètres pendant les manoeuvres d'appontage.

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française