Défense
Marine : La mâture unique pourrait faire son retour avec les FREDA

Actualité

Marine : La mâture unique pourrait faire son retour avec les FREDA

Défense

Les études se poursuivent en vue de concevoir une version antiaérienne de la Frégate Européenne Multi-Missions. Si, ici et là, on évoque une réduction du programme FREMM à une dizaine d'unités, la Frégate de Défense Aérienne (FREDA) ne devrait, à priori, pas faire les frais de coupes sombres dans le budget de la Défense. La marine ne pouvant commander deux unités supplémentaires du type Horizon, jugée trop onéreuses, elle doit en revanche absolument remplacer les Cassard et Jean Bart. Ces frégates, livrées en 1988 et 1991, sont équipées d'un système d'armes ancien (Tartar / SM-1 MR) et ne pourront être prolongées très longtemps.
Or, un minimum de quatre navires spécialisés est nécessaire pour assurer les missions de défense aérienne de la flotte (escorte du groupe aéronaval, couverture d'opération de débarquement, escorte de navires marchands...)
Révélé par Mer et Marine il y a trois ans, la piste d'une adaptation d'une FREMM à la lutte antiaérienne semble aujourd'hui la solution la plus intéressante. Elle permettrait en effet de disposer rapidement de deux bâtiments supplémentaires pour un coût beaucoup moins élevé que les Forbin et Chevalier Paul (type Horizon).

  FREMM avec mâture unique   (© : DCNS - 2005)
FREMM avec mâture unique (© : DCNS - 2005)

A cette occasion, DCNS pourrait proposer à la marine d'intégrer une mâture unique sur les FREDA. Cet équipement avait été initialement envisagé pour les 8 premières FREMM, commandées en fin 2005. Mais, en raison d'un problème technique, DCNS et Thales avaient renoncé à proposer cette solution, quelques mois avant la signature du contrat. La marine n'était, de toute façon, pas demandeuse, la version à deux mâts de la frégate répondant déjà aux spécifications souhaitées. Trois ans plus tard, les industriels auraient solutionné les obstacles rencontrés en 2005. Concept novateur, la mâture unique vise à regrouper sur un seul mât les équipements électroniques du navire. Cette disposition permet de faciliter la cohabitation de systèmes toujours plus nombreux et susceptibles de se perturber entre eux. La mâture unique libère aussi de la place sur le navire pour y intégrer des capteurs supplémentaires. Cet espace disponible doit permettre de répondre aux évolutions technologiques, comme le développement des communications ou la mise en oeuvre de drones. L'autre avantage est la vision panoramique, le radar pouvant assurer une détection à 360 degrés, très utile contre les menaces asymétriques, les attaques rasantes et celle venant de l'arrière. La mâture unique peut abriter un radar fixe, avec des antennes planes et fixes, ou un radar tournant, comme ce fut le cas pour les FREMM en 2005 (Herakles de Thales). Dans ce cas, le radar est disposé dans le « cône », sous un masque transparent radio-électriquement et mécaniquement résistant, non seulement aux mouvements de la structure, mais aussi aux agressions de combat, comme les explosions sous-marines. L'une des principales difficultés consiste à alimenter les équipements situés dans les étages supérieurs, sans que les câbles ne gênent la vision du radar. Un système de goulottes suffisamment fines a donc été imaginé par DCNS, qui a d'ailleurs déposé un brevet sur le moyen d'obtenir une vision à 360°.
Outre les frégates, DCNS propose sa mâture unique sur les corvettes de la famille Gowind.

  Corvette du type Gowind   (© : DCNS)
Corvette du type Gowind (© : DCNS)

Naval Group | Actualité industrie navale de défense