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Marine : Les avisos seront reclassés en patrouilleurs d'ici le 1er juillet

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Marine : Les avisos seront reclassés en patrouilleurs d'ici le 1er juillet

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Selon nos informations, la totalité des 9 avisos encore en service dans la Marine nationale seront, d'ici le 1er juillet, reclassés en patrouilleurs de haute mer. C'est la conséquence directe du nouveau format fixé par le Livre Blanc sur la Défense, réduisant le nombre de navires de combat à 18 frégates (9 frégates anti-sous-marines, 4 frégates de défense aérienne et 5 frégates légères). A Brest et à Toulon, les travaux ont déjà débuté afin de débarquer les principaux armements des avisos. Sont notamment enlevés les quatre tubes lance-torpilles, les missiles antinavire Exocet et leurs sellettes, ainsi que les lance-leurres Dagaie. Le sonar de coque DUBA-25 devrait être quant à lui désarmé. Jusqu'ici lourdement armés pour des navires de cette catégorie (ils correspondent à des corvettes ou petites frégates dans les autres marines), ces unités ne conserveront que leur artillerie : une tourelle de 100 mm, deux canons de 20 mm et quatre mitrailleuses de 12.7 mm. La lettre « F », qui précède leur numéro, sera remplacée par un « P », suivant leur nouvelle qualification. Malgré le débarquement des missiles et torpilles, ces navires resteront des bâtiments de combat, précise-t-on à l'état-major de la marine : « Ils resteront des bâtiments de combat par leur résistance aux coups, leur capacité à être déployés dans des zones de crise et à réagir aux menaces. Ils seront aptes à évoluer dans des zones de combat, même si leur armement est dégradé ».

Le Cdt Ducuing (© JEAN-LOUIS VENNE)
Le Cdt Ducuing (© JEAN-LOUIS VENNE)

Longs de 80 mètres pour un déplacement légèrement supérieur à 1000 tonnes en charge, les avisos du type A69 ont un équipage de 90 marins (un chiffre qui devrait diminuer avec leur reclassement). Propulsés par deux moteurs diesels, ils peuvent atteindre 24 noeuds et affichent une autonomie de 4500 nautiques à 15 noeuds. Economiques et réputés comme « marins », ces bâtiments rendent de grands services dans les missions de patrouille et de surveillance maritime. Depuis 2001, ils participent notamment, en permanence, à la lutte contre le terrorisme et la piraterie dans l'océan Indien. A cet effet, une dizaine de commandos peuvent utiliser les logements installés dans l'ancienne soute à munition du lance-roquettes ASM, débarqué sur six d'entre eux dans les années 90. En revanche, ces dernières années, l'utilité pour ces bateaux de disposer de missiles et surtout de torpilles, capacité déterminée lors des études menées dans les années 70, s'est avérée plus limitée que l'artillerie.
Conçus en pleine guerre froide pour la lutte anti-sous-marine côtière, les avisos du type A69 ont été construits à 20 exemplaires, dont 3 ont été livrés à l'Argentine et les 17 autres à la Marine nationale. Cette dernière a déjà retiré du service, entre 1997 et 2002, 8 unités. Six d'entre-elles ont été acquises par la Turquie, les ex-Détroyat et Jean Moulin étant en attente de démantèlement.
Opérationnels entre 1980 et 1986, les 9 autres seront désarmés entre 2014 et 2019. Cinq sont basés à Brest et les quatre autres à Toulon.
La marine souhaite les remplacer par des unités à faible coût du type Offshore Patrol Vessel (OPV). Dans cette perspective, DCNS propose une variante des corvettes de la famille Gowind, spécialement conçue pour les patrouilles hauturières et la lutte contre les nouvelles menaces (terrorisme, narcotrafic, piraterie...)

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