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Marine : Les Super Etendard partent pour l'Afghanistan avec de nouvelles bombes

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Marine : Les Super Etendard partent pour l'Afghanistan avec de nouvelles bombes

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En liaison en plein accord avec l'Armée de l'Air, la marine déploiera, début juin, trois Super Etendard Modernisés à Kandahar. Si, depuis 2001, les SEM ont déjà effectué des missions de combat au dessus de l'Afghanistan, ils étaient mis en oeuvre jusqu'ici depuis le Charles de Gaulle. Cette année, le porte-avions étant en grand carénage, ils prendront donc pour la première fois leur tour d'alerte à partir d'une base terrestre. Remplaçant les Rafale de l'Armée de l'Air arrivés à Kandahar en février, les SEM travailleront étroitement avec trois autres avions de l'AA, des Mirage 2000, type d'appareil avec lesquels ils ont l'habitude d'opérer. Ce déploiement, d'une durée de quatre mois, permettra aux pilotes de participer à des missions de combat avant le retour en flotte du Charles de Gaulle, dont la fin de l'arrêt technique est prévue en novembre. « Dans le cadre de la montée en puissance du bateau, il est important que les pilotes participent à une opération réelle », note-t-on à l'Etat Major des Armées.

GBU 49 : Une bombe à guidage laser et GPS

La mise en oeuvre de SEM depuis Kandahar ne sera pas la seule nouveauté. Selon nos informations, l'avion emportera pour la première fois l' « Enhanced Paveway 2 » (GBU 49), une bombe de 250 kg à guidage laser GBU 12 sur laquelle a été installé un kit GPS. Prévue dans le cadre de la modernisation du Super Etendard au standard 5, l'intégration de cette bombe a été accélérée de manière à permettre sa mise en oeuvre sur les SEM déployés en Afghanistan. Cet armement hybride laser/GPS renforcera la capacité d'intervention des avions dans des conditions météorologiques difficiles. Le seul guidage laser implique, en effet, que le faisceau soit maintenu sur la cible, soit depuis les troupes au sol soit depuis un autre avion, afin de guider la bombe sur son objectif. Or, par mauvais temps, les nuages peuvent provoquer une interruption du faisceau. Si tel est le cas, le guidage par GPS prendra le relais grâce aux coordonnées transmises à l'avion. Le guidage laser sera privilégié, ne basculant sur le GPS que s'il est inopérant.

  (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Le SEM, un avion toujours « fer de lance » de l'aéronautique navale

Malgré l'âge de sa cellule trentenaire, le Super Etendard n'est, aux dires des marins, pas un avion dépassé, loin s'en faut. « C'est toujours le fer de lance de l'aéronautique navale. Il a subi de nombreuses modifications pour pouvoir opérer de jour comme de nuit et dans des conditions plus ou moins défavorables. Même s'il n'a pas les pattes les plus longues, c'est tactiquement un avion très intéressant », explique un officier. Véritable « couteau suisse » de la flotte, le SEM, capable de mener des missions de reconnaissance, peut mettre en oeuvre un nombre impressionnant d'armements, du missile nucléaire ASMP au missile antinavire Exocet en passant par le missile AS30 Laser et les bombes kilos. On notera à ce propos que la GBU 49 n'est pas destinée à équiper le Rafale Marine, qui mettra en oeuvre le nouvel Armement Air Sol Modulaire. « Ce n'est pas une remise en cause de l'AASM mais il semblait intéressant de faire bénéficier le Super Etendard d'une capacité hybride laser/GPS comme l'AASM ».
Quant à la question de savoir pourquoi ce ne sont pas des Rafale Marine qui vont être déployés en Afghanistan, il semble qu'il n'ait pas été jugé « raisonnable » d'envoyer ces nouveaux avions dont la mise en service opérationnelle n'est intervenue que la semaine dernière. Alors que la flottille 12F est en pleine transition entre Rafale F1 (intercepteur) et le Rafale F2 (chasseur/bombardier), pilotes et avions doivent encore se rôder. L'envoi d'un appareil éprouvé, comme le SEM, s'est donc naturellement imposée, d'autant que la moitié des Rafale F2 (six appareils) de la 12F se rendra aux Etats-Unis en juillet. Ces avions seront notamment embarqués sur le porte-avions USS Theodore Roosevelt.

Kandahar : Près de 900 sorties depuis l'automne 2007

Initialement basés à Douchanbé, au Tadjikistan, les appareils de l'Armée de l'Air participant à l'appui des troupes engagées en Afghanistan ont déménagé à l'automne 2007 à Kandahar. Depuis, Mirage 2000, Mirage F1 et Rafale se relaient sur cette base et effectuent de nombreuses sorties au profit des troupes au sol, régulièrement prises à partie par les talibans. Actuellement, l'Armée de l'Air réalise environ 4 sorties par jour. Selon l'EMA, les appareils français ont mené plus de 870 sorties depuis leur installation à Kandahar.
Présent au début des opérations en Afghanistan, dès la fin 2001, le Charles de Gaulle est, dans le même temps, régulièrement revenu prêter main forte au dispositif allié durant ses déploiements en océan Indien. Son groupe aérien embarqué a mené des missions au dessus du sol afghan en 2004, 2006 et 2007. Aux côtés des SEM, le Rafale Marine F2 a d'ailleurs, l'an passé, connu son baptême du feu sur ce théâtre d'opération.

 SEM et Rafale sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF)
SEM et Rafale sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF)

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