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Marine marchande : Le grand rush vers les chantiers de démolition ?

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Crise oblige, un certain nombre d'armateurs semblent, plus ou moins discrètement, réduire leurs flottes en envoyant à la ferraille les unités les plus anciennes. Dans son bulletin d'information « A la casse.com », Robin des Bois fait le bilan des navires marchands partis récemment à la démolition. Alors que les péripéties de l'ex-porte-avions Clemenceau s'achèvent, l'association dénonce des départs à la casse « sans décontamination préalable » de dizaines de bateaux de commerce. En tout, pas moins de 181 vieilles coques ont été vendues aux chantiers asiatiques entre le 22 septembre et le 31 décembre 2008. Sur la période, avec 80 navires (44 %) à démolir, l'Inde devance le Bangladesh 70 (39 %), la Chine 20 (11%), et le Pakistan 11 (6%). En tonnage de métal, le Bangladesh, qui privilégie les achats de grosses unités, distance l'Inde, avec plus de 810.000 tonnes contre 570.000 tonnes.
Après les records de l'été, les prix offerts par les démolisseurs avaient déjà baissé en septembre avec la chute des cours des métaux. Mais, alors que les navires se négociaient encore aux alentours de 500 dollars la tonne fin septembre, la crise financière, les restrictions de crédit et la baisse des taux de fret ont abouti à une dégringolade des prix. Retrouvant semble-t-il leur niveau de 2003, les prix ont été divisés par trois par rapport à leur plus haut niveau de 2008. « En octobre, avec la difficulté des transactions et l'incertitude des prix sur le sous-continent indien, la Chine se classe pour la première fois au premier rang des destinations de démolition, avec des prix devenus compétitifs aux alentours de 200 dollars », explique Robin des Bois. Mais, analyse l'association : « Après ces semaines de flottement, les transactions ont repris et amplifié leur rythme sur les deux derniers mois de l'année. La baisse des exportations et celle des taux de fret ont incité les armateurs à se débarrasser de leurs flottes devenues inutiles de vieux vraquiers et porte-conteneurs ».

Près d'un bateau sur deux appartient à des intérêts européens

Durant la période du 22 septembre au 31 décembre 2008, plus des trois quarts des navires vendus pour démolition sont des vraquiers, soit 73 (43%). Suivent les porte-conteneurs, au nombre de 41 (23%) et les transporteurs de marchandises diverses, soit 21 unités 20 (11%). Les tankers, qui constituaient la première des catégories de navires partant à la casse (Ils en représentaient même la moitié depuis 2007), ne sont plus que 31 (17%), note Robin des Bois. Selon l'association, 117 navires (65 %) ont fait l'objet de détention préalable dans les ports mondiaux avec un taux de détention de 75 % pour les vraquiers et les porte-conteneurs; 41 (23%) étaient contrôlés par une société de classification n'appartenant pas à l'IACS (International Association of Classification Societies). 65 de ces bateaux (36%) ont été construits dans l'Union Européenne et en Norvège. On notera que 87 d'entre-eux, soit 48% des navires envoyés à la casse, étaient sous pavillon européen ou avaient des armateurs de l'Union Européenne ou de l'AELE (Association Européenne de Libre Echange). Les armateurs grecs sont logiquement les plus nombreux, avec 54 navires (34%), mais on trouve aussi des unités ayant appartenu à des groupes français, comme CMA CGM, qui a vendu à la démolition les porte-conteneurs Ursula Delmas, Véronique Delmas et CMA-CGM Potomac. Selon Robin des Bois, ces bateaux sont arrivés le mois dernier à Chittagong. L'association rappelle au passage que l'ex-méthanier Descartes, cédé par Gaz de France à un groupe chinois, a lui aussi été ferraillé, l'été dernnier, sur les plages du Bengladesh. L'association annonce aussi la cession aux démolisseurs des Maersk Brisbane et Maersk Barcelona, ce dernier s'étant rendu célèbre en France par une pollution record au large de la Bretagne.
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- Le détail des navires vendus sur le bulletin de Robin des Bois

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