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Marine nationale: deux des cinq FDI seront basées à Brest
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Marine nationale: deux des cinq FDI seront basées à Brest

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Deux des cinq futures frégates de défense et d’intervention (FDI, ex-FTI) de la Marine nationale seront basées à Brest, a-t-on appris de sources militaires. Une décision qui va permettre de renforcer significativement les capacités de combat de la flotte du Ponant, en particulier dans le domaine de la lutte anti-sous-marine. La pointe bretonne va en fait retrouver le nombre de frégates de premier rang dont elle disposait jusque dans les années 2000, avant la décrue liée au retrait du service des F67 et des premières F70.

Cela, alors que seules trois nouvelles frégates multi-missions (FREMM), les Aquitaine, Bretagne et Normandie (cette dernière allant être livrée en juillet) succèdent finalement aux Tourville, De Grasse, Georges Leygues, Primauguet et La Motte-Picquet. Actuellement basée à Toulon, une quatrième FREMM, l’Auvergne, sera transférée à la pointe Bretagne en 2022 afin de remplacer l’ultime unité de la classe F70 ASM, le Latouche-Tréville. Ce repositionnement sera compensé sur la façade méditerranéenne par l’arrivée de la dernière des huit unités du programme FREMM, la Lorraine, qui ralliera à Toulon la Provence, le Languedoc et l’Alsace.

Pour revenir à Brest, en plus des quatre FREMM s’ajouteront donc ensuite deux FDI, prévues pour arriver en 2024 et 2026. Les trois autres unités de cette nouvelle série succèderont à Toulon, entre 2027 et 2030, aux trois des cinq frégates du type La Fayette qui vont être prochainement modernisées, les deux autres étant appelées à sortir de flotte.  

La remontée en puissance des forces de combat brestoises, et plus particulièrement de la composante frégates, s’explique un besoin accru en moyens ASM sur la façade atlantique et l’Europe du nord. La Marine nationale doit notamment tenir compte du retour en force de la sous-marinade russe, et devra peut-être demain gérer son homologue chinoise. Dans un contexte de tensions géopolitiques et d’activité de plus en plus soutenue sous la mer, la surveillance et la protection des approches maritimes françaises, ainsi que la sûreté des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Force océanique stratégique (Fost), nécessitent des moyens non seulement modernes, mais aussi en nombre suffisant. D’où la décision de baser deux FDI à Brest, ce qui permettra de contribuer au remplacement, avec des capacités ASM plus importantes, des anciens avisos brestois du type A69. Car si ces derniers ont été reclassés en patrouilleurs de haute mer, ils restent équipés d’un sonar de coque et contribuent donc au dispositif de lutte anti-sous-marine breton. Après le retrait du service l’été dernier des Lieutenant de Vaisseau Lavallée et Commandant L’Herminier, suivra en 2020 le Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff puis le Premier-maître L’Her. Le Commandant Blaison, lui, devrait tenir jusqu’en 2027 et devrait être renforcé avant 2025 par la remontée à Brest de l’Enseigne de Vaisseau Jacoubet, actuellement basé à Toulon. Cela permettra de faire la soudure avec le programme FDI mais aussi celui des dix nouveaux patrouilleurs océaniques (PO), dont quatre unités sont prévues pour la pointe Bretagne, où elles devraient arriver entre 2024 et 2027.

 

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