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Marine nationale : La série des PLG pourrait être allongée à une dizaine d'unités

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Après la livraison en 2016 et 2017 des patrouilleurs légers guyanais (PLG) La Confiance et La Résolue, réalisés par Socarenam, la commande d’un troisième bâtiment de ce type a été annoncée en septembre pour renforcer dès 2019 les moyens de la Marine nationale aux Antilles. Mais la série pourrait encore être allongée. Selon certaines sources, le ministère des Armées envisage en effet de commander pas moins de six unités supplémentaires. Dérivés du modèle PLG, plateforme de 61 mètres dont le tirant d’eau avait été spécialement adapté à une mise en œuvre dans les eaux guyanaises (réduit à 3.2 mètres), les patrouilleurs suivants seraient eux aussi dédiés à l’Outre-mer.

Ils viendraient en fait se substituer à une partie des bateaux prévus dans le cadre du futur programme des bâtiments de surveillance et d’intervention hauturiers (BATSIMAR), prévus pour être plus grands (autour de 80 mètres). La marine française en souhaite 18 afin de remplacer en métropole et dans les territoires ultramarins ses 9 avisos du type A69, les deux derniers P400 opérationnels, les patrouilleurs de service public (PSP) Pluvier, Cormoran et Flamant, l’Arago et Le Malin. 

Une solution économique pour avoir des bateaux plus rapidement

Alors que les premiers BATSIMAR ne sont pas actuellement prévus avant 2023, voire 2024, allonger la série des PLG, avec une commande dès le début de la prochaine loi de programmation militaire, offrirait l’avantage de pouvoir disposer très rapidement de patrouilleurs supplémentaires, dès 2020/2021. Cela répondrait aux besoins urgents de la marine, qui doit remplacer d’urgence certains de ses plus vieux bâtiments : l’Arago à Papeete, dont le retrait du service est prévu en 2019, puis à Nouméa La Gracieuse et La Moqueuse, qui devraient prendre leur retraite en 2020. En métropole aussi, des trous capacitaires sont redoutés, le désarmement des avisos Commandant L’Herminier et Lieutenant Lavallée étant normalement programmé en 2018 et celui du Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff en 2020. Les autres patrouilleurs devront tenir au moins jusqu’en 2024, certains ayant à cette date dépassé les 40 ans d’âge.

Une alternative temporaire

Voilà pourquoi la solution de poursuivre sur la lancée des PLG apparait opportune à l’Etat, mais elle ne doit pas non plus se faire au détriment de BATSIMAR, en retardant encore ce programme qui aurait déjà dû être lancé. Certes, il serait alors logiquement réduit, au mieux à une douzaine d’unités, mais la marine en aura quoiqu’il arrive besoin rapidement. D’abord parce que les unités à remplacer ne pourront pas encore tenir 10 ans, ensuite puisque dans certaines zones, il faudra disposer d’unités plus grandes et à plus forte autonomie que les PLG.

Coopération franco-italienne pour BATSIMAR ?

On notera que BATSIMAR, tout comme le programme des nouveaux bâtiments logistiques de la marine (FLOTLOG), pourrait bien faire l’objet d’une coopération franco-italienne. Alors que Paris et Rome ont mis sur les rails le rapprochement de Naval Group (ex-DCNS) et Fincantieri, cela permettrait de concrétiser l’alliance avec un nouveau projet concret. Naval Group y est semble-t-il favorable, avec dans l’idée de positionner Kership, sa société commune avec Piriou. Pour ces industriels, l’un des grands avantages que l’on peut voir dans une telle option serait qu’à l’instar de FLOTLOG, passer sous ombrelle européenne, via l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAr), permettrait d’éviter un appel d’offres international.

 

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