Défense
Marine nationale : le dernier Falcon équipé d’une trappe SAR attendu en octobre
ABONNÉS

Actualité

Marine nationale : le dernier Falcon équipé d’une trappe SAR attendu en octobre

Défense

En octobre, l’ensemble des huit avions de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale sera équipé d’une trappe permettant le largage d’une chaine SAR (Search and Rescue) pour le sauvetage en mer. C’est ce qu’a appris Mer et Marine auprès de l’aéronautique navale française.

Pour mémoire, les Falcon 50 réunis au sein de la flottille 24F (basée à Lann-Bihoué dans le Morbihan, se répartissent en deux séries. D’abord les quatre Falcon 50 M appelés maintenant Falcon MI (Marine Intervention) directement livrés entre 1999 et 2002 par Dassault Aviation en tant qu’avions de surveillance maritime (SURMAR). Il s’agit des appareils numérotés 7, 30, 36 et 132, équipés d’un radar Ocean Master, un système électro-optique, un système de mission dédié à cette mission, des hublots d’observation et une trappe pour le déploiement d’une chaîne SAR comprenant différents matériels dédiés à la survie de personnes en mer (marqueurs, bouées, radeaux gonflables…) en attendant l’arrivée de navires ou hélicoptères pour les secourir.

 

Falcon 50 MI (© MARINE NATIONALE)

Falcon 50 MI (© MARINE NATIONALE)

Falcon 50 MI (© MARINE NATIONALE)

Falcon 50 MI (© MARINE NATIONALE)

 

Puis, suite au retrait du service des dix Nord 262 de la 28F en 2009, il a été décidé de transférer à la Marine nationale quatre anciens Falcon 50B qui venaient d’être remplacés dans leur rôle d'avions à usage gouvernemental au sein de l’Escadron de transport, d’entrainement et de calibration (ETEC) de l’armée de l’Air. Livrés à partir des années 80, ces appareils, qui portent maintenant les numéros 5, 27, 34 et 78, ont été transformés entre 2013 et 2016 en avions de surveillance maritime. Les travaux, réalisés par Dassault, ont porté sur l’intégration d’un radar de surveillance, d’une boule électro-optique rétractable, de consoles et d’un système de mission, ainsi que de hublots d’observation. Initialement, l’installation d’une trappe ventrale pour le déploiement de chaînes SAR n’avait pas été retenue. Les militaires estimaient en effet que cette opération était trop complexe et coûteuse, du fait notamment des dérives de circuits. Mais cette position a ensuite évolué car, du fait des progrès techniques, les chaînes SAR de nouvelle génération sont beaucoup plus compactes. Il s’est donc révélé possible d’intégrer une « mini-trappe » sans avoir besoin de modifier le cheminement des commandes de vol, ce qui avait été le principal problème sur les Falcon 50 MI. Un contrat complémentaire a donc été notifié à Dassault Aviation et les quatre anciens avions de l’ETEC sont repartis faire un séjour chez l’industriel, à Mérignac, afin d’être équipés de cette mini-trappe.

Ces appareils, appelés désormais Falcon 50 MSI (Marine Surveillance Intervention) ont été pour deux d’entre eux modifiés l’an dernier, les n°34 et N°27 sortant de retrofit en janvier et juillet 2019. Le n°5 a suivi en janvier 2020 et le retour en flottille du n°78 est donc attendu pour le mois d’octobre.

Triréacteurs capables de franchir 2700 nautiques avec une autonomie de 6H30, les Falcon 50 MI et MSI ont pour missions la surveillance des espaces maritimes, la lutte contre les activités illicites et le secours en mer. Certains sont régulièrement déployés dans la zone Antilles-Guyane (narcotrafic et protection du site spatial de Kourou notamment), ainsi qu’en Afrique. Un avion est stationné à Dakar où, dans le cadre d’accords bilatéraux avec le Sénégal, il effectue une alerte OACI au profit de l’aéroport, tout en conduisant d’autres missions (police des pêches, narcops, SAR…)

Comme les cinq vieux Falcon 200 Gardian de la 25F basés en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, les huit Falcon 50 de la Marine nationale seront remplacés dans le cadre du programme Albatros. Celui-ci porte sur de nouveaux avions de surveillance et d’intervention maritimes (AVSIMAR) basés sur le récent biréacteur Falcon 2000 XLS avec des livraisons prévues à partir de 2024. La Marine nationale s’intéresse aussi à des drones de surveillance maritime de type MALE (moyenne altitude longue endurance) qui pourraient compléter les futurs AVSIMAR.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Le futur AVSIMAR (© DASSAULT AVIATION)

Le futur AVSIMAR (© DASSAULT AVIATION)

 

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française