Défense
Marine nationale : les programmes qui vont façonner la future flotte française

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Marine nationale : les programmes qui vont façonner la future flotte française

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La flotte française est engagée dans un vaste plan de renouvellement comme elle n’en connait que tous les trente à quarante ans. En moins d’une décennie, la physionomie de la Marine nationale a déjà sensiblement évolué, et la modernisation est en train de s’accélérer avec la concrétisation ou la préparation de nouveaux programmes. Alors que l'amiral Vandier, chef d'état-major de la marine, nous accorde ce lundi une interview exclusive à l'occasion du lancement du plan Mercator 2021, nous avons fait l'état des lieux des projets en cours et prévus : 

Sous-marins

Sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de troisième génération (SNLE 3G)

Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération (SNLE 3G) sont destinés à remplacer Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible. Des bâtiments respectivement mis en service en 1996, 1999, 2004 et 2010, dont les trois premiers ont été refondus entre 2013 et 2019 pour mettre en œuvre des missiles balistiques M51 et un nouveau système de combat.

Les études d’avant-projet de leurs successeurs, qui seront également quatre, nombre minimal indispensable pour assurer la permanence de la dissuasion nucléaire océanique avec au moins un SNLE toujours en patrouille, ont été confiées en 2017 à Naval Group et TechnicAtome. Suivent les études de développement en vue du début de la construction de la tête de série vers 2023 sur le site Naval Group de Cherbourg. Le premier des SNLE 3G, dont le gabarit sera voisin de celui des Triomphant, devrait entrer en service entre 2033 et 2035.

 

Le SNA Suffren (© MARINE NATIONALE)

Le SNA Suffren (© MARINE NATIONALE)

 

Sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) de la classe Suffren

 Réalisés par Naval Group dans le cadre du programme Barracuda, ils commencent à remplacer les six premiers sous-marins nucléaires d’attaque français, les Rubis (1983), Saphir (1984), Casabianca (1987), Emeraude (1988), Améthyste (1992) et Perle (1993). Tête de série de ce programme, le Suffren a été livré en novembre 2020 à la Marine nationale et doit être admis au service actif cette année. Son premier sistership, le Duguay-Trouin, a vu coque épaisse fermée fin 2020 en vue d’une mise à l’eau à l’été 2021 et une livraison prévue en 2022. Troisième de la série, le Tourville est en cours d’assemblage. Suite à un nouveau glissement de calendrier, ce troisième Barracuda ne devrait pas être livré avant 2024 alors le quatrième (De Grasse) est maintenant prévu en 2026. Suivront les nouveaux Rubis et Casabianca, a priori en 2028 et 2030.

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

Du côté des Rubis, alors que le Saphir a été désarmé en 2019, la Perle, victime d’un grave incendie en juin 2020 alors qu’elle était en cale sèche à Toulon dans le cadre de son ultime arrêt technique majeur, a rejoint Cherbourg pour y être réparée. Elle devrait être de nouveau opérationnelle en 2023. Pour compenser son absence, le Rubis, qui devait être retiré du service en 2017, est prolongé une nouvelle fois pour rester opérationnel jusqu’à la fin 2022.

Flotte de surface

 

Le PANG (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE - NAVAL GROUP)

Le PANG (© CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE - NAVAL GROUP)

 

Porte-avions de nouvelle génération (PANG)

Destiné à succéder au Charles de Gaulle en service depuis 2001, le PANG, qui ne verra pas le jour à Brest comme son aîné mais à Saint-Nazaire, doit être livré en 2038 à la Marine nationale. Le programme a été officiellement lancé en décembre 2020 par le président de la République, qui a retenu le choix d’une propulsion nucléaire et un bâtiment très imposant afin de pouvoir mettre en œuvre les futurs avions de combat du programme SCAF. Cinq ans d’études vont désormais se dérouler avec comme principaux acteurs Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique et TechnicAtome, mais aussi Thales, Dassault Aviation et MBDA. Les premières commandes pour les approvisionnements de long terme, en particulier celles relatives aux deux nouvelles chaufferies K22 dont le bâtiment sera équipé, doivent intervenir en 2022. Le contrat pour la construction à proprement parler du PANG est quant à elle attendue à partir de 2025. La question du retour à la permanence du groupe aéronaval français, qui nécessiterait la réalisation de deux nouveaux porte-avions, reste ouverte. Elle devrait être tranchée d’ici la fin de cette décennie. En attendant l’arrivée de son successeur, le Charles de Gaulle bénéfici

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