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Marine nationale : Pas de quatrième ravitailleur avant 2029
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Marine nationale : Pas de quatrième ravitailleur avant 2029

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Si la nouvelle loi de programmation militaire entérine le retour à une flotte de quatre ravitailleurs, contre trois actuellement, la marine française ne retrouvera pas ce format avant une décennie. Le programme FLOTLOG, appelé à assurer la succession des bâtiments de ravitaillement et de commandement (BCR) Var, Marne et Somme, devrait être lancé d’ici l’an prochain. Il prévoit la commande ferme de trois nouveaux navires, dont les deux premiers seront mis en service en 2023 et 2025. Le troisième devrait suivre d'ici 2027. Quant au quatrième, qui fera l’objet d’une option au contrat, sa livraison n’est à ce jour pas prévue avant le printemps 2029.

Pour mémoire, la Marine nationale ne dispose plus que de quatre ravitailleurs depuis le désarmement de la Meuse. Datant de 1980 et arrivé au bout de ses possibilités, la vieille coque a été mise en retraite en 2015. Alors que la Durance avait été cédée à l’Argentine en 1999, les besoins en combustible de la flotte étant moins importants avec le remplacement des Foch et Clémenceau par le Charles de Gaulle, doté d’une propulsion nucléaire, seules les trois dernières unités de cette classe sont encore opérationnelles dans la marine française. Des bâtiments de 157 mètres et 18.000 tonnes de déplacement en charge qui commencent à sérieusement vieillir puisque le plus récent, la Somme, date de 1990 alors que le Var et la Marne ont été respectivement mis en service en 1983 et 1987. La LPM prévoit, en fin de période, c’est-à-dire en 2025, qu’un seul BCR naviguera encore, aux côtés de deux nouvelles unités.

 

Vue du futur Vulcano

Vue du futur Vulcano italien (© : MARINA MILITARE)

 

Le programme FLOTLOG devrait faire l’objet d’une coopération avec l’Italie, la France ayant formulé l’an dernier une demande en ce sens à l’OCCAr. L’idée est de développer les futurs bâtiments logistiques à partir du design du Vulcano. En construction chez Fincantieri, ce navire de 165 mètres de long pour 24 mètres de large affichera un déplacement à pleine charge de 23.500 tonnes. Il doit être livré en 2019 à la marine italienne. La version française sera évidemment différente, afin de tenir compte des besoins de la Marine nationale, dimensionnés pour la projection d’un groupe aéronaval et d'une force amphibie. On notera d’ailleurs que du choix de la propulsion du prochain porte-avions français, qui fera l’objet d’études au cours de la LPM, pourrait dépendre la construction ou non d’un quatrième FLOTLOG. S’il s’agit d’un bâtiment à propulsion classique, cette unité supplémentaire sera indispensable. Mais si la France choisit de rempiler pour un porte-avions nucléaire, la position du 4ème bâtiment logistique, dont la commande sera ou non affermie sur la pochaine LPM (2026-2030) serait plus fragile, même si les marins expliquent à juste titre qu’une flotte réduite à trois ravitailleurs n’offre que très peu de marges de manœuvre.

Quoi qu’il en en soit, les bâtiments français devraient être plus gros que le Vulcano, avec une largeur accrue. Quant à leur construction, elle fera l’objet d’une coopération entre Naval Group et Saint-Nazaire, où les navires doivent être construits.

 

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