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Marine nationale : Plus de  3500 postes à pourvoir chaque année

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Marine nationale : Plus de 3500 postes à pourvoir chaque année

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C'est le plus important recruteur du secteur maritime et même l'un des plus importants du pays. Cette année, la Marine nationale a prévu de recruter 3500 personnes. Du niveau 3ème à Bac +5, de 16 à 29 ans, l'institution propose des contrats initiaux dont la durée oscille entre un et dix ans. Il en résulte une palette allant du simple stage à la carrière complète. Et les métiers sont des plus variés : ingénieur, mécanicien, infirmier, plongeur, pilote, informaticien, cuisinier ou encore secrétaire. En tout, ce sont 150 officiers, 700 officiers mariniers, 2000 matelots, 500 volontaires et 150 mousses qui rejoindront en 2009 les équipages de la flotte pour assurer ses besoins opérationnels.

 Sur une frégate (© : MARINE NATIONALE)
Sur une frégate (© : MARINE NATIONALE)

« Nos besoins sont très importants, notamment pour les équipages », souligne le capitaine de vaisseau Loïc Finaz. Le patron du Service de Recrutement de la Marine admet qu'il est aujourd'hui plus difficile de trouver des candidats qu'autrefois. « Nous constatons une évolution du marché du recrutement, liée aux départs massifs en retraite. Certains métiers sont très durs à trouver, notamment dans le domaine des opérations navales ou de l'aéronautique : la marine recherche de nombreux détecteurs, mécaniciens, électroniciens, spécialistes des réseaux et des télécoms ou du nucléaire, techniciens d'aéronautique...,». Aujourd'hui, les entreprises n'hésitent plus à venir débaucher les militaires : « Les bons informaticiens, électroniciens ou mécaniciens, tout le monde se les arrache ». Conséquence indirecte de l'évolution démographique, la marine a fait face ces dernières années à la concurrence du secteur privé, qui peut paraître plus séduisant pour les jeunes notamment en leur proposant des postes près de chez eux et sans contrainte de mobilité.

 Sur un sous-marin nucléaire lanceur d'engins  (© : MARINE NATIONALE)
Sur un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (© : MARINE NATIONALE)

Militaire : Une valeur sûre en période de crise

Toutefois, le contexte économique a récemment changé. Depuis six mois, l'économie mondiale fait face à l'une des plus graves crises de son histoire et, dans le secteur privé, l'heure est plutôt aux réductions d'embauches, voir aux licenciements, qu'aux grandes campagnes de recrutement. Pour les armées, qui enregistraient une baisse sensible du nombre de postulants, la situation pourrait donc sensiblement s'améliorer, la carrière de militaire et sa réputation de stabilité redevenant traditionnellement attractive par rapport aux incertitudes prévalant dans le secteur privé en période de crise. Au sein du SRM, on se veut néanmoins prudent sur cette question. La pénurie de candidats qualifiés liée au contrecoup du baby boom semble persister et, si crise il y a aujourd'hui, les analystes s'accordent à dire qu'elle ne devrait pas durer au-delà de 2010. Face à cette situation, il n'est donc pas question d'attendre comme jadis que les postulants se bousculent à la porte : « il faut désormais aller chercher les candidats et les convaincre », explique le commandant Finaz. Ainsi, la marine démultiplie sa présence dans les salons d'étudiants, d'emploi et de formation - une centaine par an - et s'engage sur des initiatives originales. Ainsi, elle s'embarquera à nouveau en mars 2009 sur le train pour l'emploi et l'égalité des chances. Ce train, spécialement aménagé par la SNCF, transportera une douzaine de grandes entreprises et sillonnera les gares de France pour rencontrer des candidats de tous horizons.

 Stand dans un salon étudiant (© : MARINE NATIONALE)
Stand dans un salon étudiant (© : MARINE NATIONALE)

Une offre de recrutement simple et élargie

« La marine propose désormais trois grandes offres autour des officiers, officiers mariniers et matelots de la flotte, auxquels s'ajoutent les engagés volontaires pour une période d'un an et, nouveauté 2009, les mousses.». Du niveau 3ème au Bac, les jeunes seront donc orientés vers les matelots, jusqu'à Bac +2 vers les officiers mariniers et, au-delà, vers les officiers. Pour les matelots, le contrat initial est de 4 ans mais de nombreux matelots poursuivent souvent vers une carrière de longue durée grâce à la montée en grade. L'offre d'entrée propose 9 métiers (machine, fusilier, pont d'envol, maintenance aéronautique, restauration, opérations navales, pompier, pont et bureautique). A leur arrivée, les nouvelles recrues suivent une formation initiale de 5 semaines puis une formation spécifique au métier choisi, de l'ordre de 3 semaines. Au fil des années, le matelot pourra, ensuite, s'orienter vers une carrière d'officier marinier. Les choix s'établissent généralement dans les 2 à 6 ans. « En fonction de leurs expériences, les matelots amenés à évoluer vont se ventiler vers les 35 métiers d'officiers mariniers ». En 2009, la marine ré-ouvrira les portes de l'Ecole des Mousses et recrutera 150 jeunes de 16 à 17 ans, de niveau 3ème ou seconde. Ils suivront une année de formation qui les préparera à devenir matelot : un enseignement professionnel et structurant qui leur permettra de décrocher un contrat de matelot de la flotte. La Marine nationale reste ainsi fidèle à l'une de ses valeurs les plus importantes : la promotion sociale. « Ceux qui veulent progresser et ont la capacité à le faire peuvent monter très haut. Ainsi, il est toujours possible de gravir tous les échelons, d'entrer comme mousse et de finir amiral », assure Loïc Finaz.

 L'Ecole de Maistrance (© : MARINE NATIONALE)
L'Ecole de Maistrance (© : MARINE NATIONALE)

Ecoles : Plusieurs promotions par an pour éviter l'attente

L'évolution concerne, aussi, les écoles. « Jusqu'à fin 2007, les écoles recrutaient des contingents à la demande. Aujourd'hui, elles incorporent tous les mois ou tous les deux mois. L'objectif est de réduire la durée entre la prise de contact avec le candidat et la formation », précise le commandant du SRM. Pour les officiers mariniers, cette formule n'a pu être appliquée mais l'école de Maistrance compte néanmoins deux promotions, l'une démarrant en février et l'autre en septembre. Si le jeune rate l'une des deux promotions, « il va quand même entrer dans la marine avec un emploi temporaire jusqu'à la session suivante et ensuite rattraper les parcours normal. Ainsi, il n'a pas à attendre chez lui ». Il s'agit, là encore, d'une nouveauté. Après une formation initiale d'une durée de quatre mois (formation maritime, militaire, sportive et de sécurité) les futurs officiers-mariniers intègrent l'école de spécialité pour y suivre une formation de technicien de 5 à 6 mois, liée au métier choisi. L'Ecole de Maistrance s'ouvre sur un premier contrat de 10 ans.
Concernant les officiers, l'Ecole Navale dispose toujours d'un concours d'entrée s'adressant aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques. Etre officier dans la marine d'aujourd'hui, c'est en effet être ingénieur. La formation dure quatre ans avec des promotions de 70 élèves, mais des recrutements sur titres sont ouverts en 2ème année (Bac +4) et en 3ème année (Bac +5). L'Ecole Navale accueille également des sous-officiers sortis du rang qui, après examen et formation, se hissent au même niveau que les « Bordaches ».

 Sur un bâtiment de ravitaillement (© : MARINE NATIONALE)
Sur un bâtiment de ravitaillement (© : MARINE NATIONALE)

« Opération Phénix » pour s'ouvrir sur les tous types de formations

A titre d'expérience professionnelle pouvant déboucher sur une carrière, la marine propose également à des jeunes diplômés issus de formations scientifiques, littéraires ou commerciales des contrats pour les officiers, d'une durée de 3 à 8 ans. En participant à l'opération Phénix, la marine offre également à des diplômés de Master 2 Recherche-Lettres, Sciences Humaines ou Sciences, des postes de catégorie Cadre. L'institution tient en effet à rappeler qu'elle ne s'intéresse pas qu'aux profils scientifiques mais à tous les types de formations. C'est l'objectif de Phénix, un partenariat venant d'être signé avec 10 grandes entreprises et 7 universités d'Ile-de-France. L'opération a pour but de donner la possibilité à des étudiants issus de formation peu reconnues du monde professionnel d'accéder à des fonctions de cadres à la sortie de leurs études. « L'engagement de la Marine dans cette opération permet notamment de rappeler que celle-ci peut recruter des profils issus de tous types de formations », explique-t-on au SRM.

 (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Le développement du volontariat

Actuellement, la marine propose également un recrutement d'engagés volontaires. Assimilable à un stage de découverte rémunéré, cette formule permet d'affirmer des vocations. « Beaucoup font du volontariat pour confirmer, après une année d'expérience, leur volonté de continuer sur une carrière dans la marine ». Ces dernières années, la flotte a, par ailleurs, accueilli de nombreux jeunes sortant de grandes écoles, avec lesquelles la marine a noué des partenariats. « Un volontariat d'officier aspirant fait office de stage d'étude et permet aux élèves d'acquérir une expérience très riche. Ainsi, nous proposons aux jeunes d'HEC, de Centrale ou de l'Agro un an comme chef de quart ». Très apprécié par les entreprises du secteur privé, une expérience dans la marine, à la fin des études, est également pour l'institution un moyen de toucher un vivier à forte valeur ajoutée. Ainsi, certains anciens aspirants reviennent vers la marine une fois leur diplôme en poche ou après une première expérience professionnelle.
La formule du volontariat est également mise en oeuvre pour les matelots. Les jeunes, à partir de 17 ans, se voient proposer des postes sur le pont, à la conduite de navire, en machine, au soutien logistique ou dans le domaine de la restauration. Une manière de découvrir pendant un an l'univers marin et d'avoir la liberté de porter le pompon, « sans obligation d'achat » au bout.

 Sur le pont d'envol du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)
Sur le pont d'envol du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Reconversion

D'importants efforts ont, également, été faits pour la reconversion des marins en fin de carrière. Marine Mobilité, un cabinet d'outplacement, a été spécialement créé pour offrir des passerelles professionnelles aux personnels sur le départ. Marine Mobilité développe un tissu relationnel privilégié avec les entreprises et les acteurs de l'emploi, notamment en régions, ce qui lui permettent de mieux cerner les attentes des recruteurs et d'assurer une mise en adéquation fine entre les profils de candidats militaires, de demandeurs d'emploi anciens marins et de conjoints de ressortissants de la Défense, et les offres d'emploi recueillies. Des manifestations sont organisées régulièrement, comme le forum « Marine Entreprises », qui s'est déroulé le 21 octobre à Brest. Plus de 80 entreprises, fédérations de métiers et acteurs de l'emploi de la Région Bretagne, tous secteurs confondus, ont accueilli et informé les marins et leurs conjoints durant cette manifestation.
En 2008, Marine Mobilité s'est étroitement rapproché des métiers de la mer en signant notamment deux conventions, l'une avec la Fédération des industries nautiques en juillet et l'autre avec le monde maritime civil, représenté par la Direction des Affaires Maritimes du Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du Territoire et par le Cluster Maritime Français, fin septembre. Ces deux accords de partenariats visent à faciliter la reconversion des marins vers l'emploi maritime civil qui, avec plus de 310.000 emplois directs en France, est un secteur générant d'importants besoins en personnels.
On notera toutefois que, désormais, les actions en faveur de la reconversion des marins sont gérés par un organisme interarmées, « Défense Mobilité ».
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- Plus d'informations sur les carrières sur le site MARINE RECRUTE

 Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)
Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

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