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Marine nationale : Un niveau d'activité record

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Marine nationale : Un niveau d'activité record

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Avec jusqu'à 7000 hommes et femmes à la mer, la marine française enregistre actuellement un niveau d'activité record. Du Pacifique à l'océan Indien en passant par la Méditerranée, les Antilles ou l'Atlantique, la flotte de surface, la force sous-marine et l'aéronautique navale sont sur le pont aux quatre coins de la planète. En 2010 déjà, l'activité avait été très soutenue, un pic historique étant enregistré le 19 décembre avec 42 bâtiments et 6090 hommes à la mer. Mais, avec le déclenchement de l'opération Harmattan en Libye, le mois dernier, le record a été largement battu. Ainsi, le 23 mars, la Force d'Action Navale, qui regroupe les unités de surface de la Marine nationale, comptabilisait 58 navires à la mer, dont 39 déployés, soit 6716 marins (5176 déployés) mobilisés. A cela s'ajoutent les missions confiées aux sous-marins (dissuasion nucléaire, sûreté des approches maritimes, escorte, renseignement...), dont les déploiements demeurent par nature confidentiels, tout comme les opérations des commandos marine, que l'on trouve sur le théâtre afghan ou encore sur le continent africain. Quant à l'aéronautique navale, elle aussi ne chôme pas. Le groupe aérien embarqué sur le Charles de Gaulle comprend 10 Rafale, 6 SEM et 2 Hawkeye, sans compter les hélicoptères du porte-avions et ceux des autres bâtiments du groupe aéronaval ou des unités porte-hélicoptères navigant sous d'autres latitudes. Les flottilles de patrouille maritime sont, aussi, très sollicitées, intervenant notamment, en plus des approches hexagonales, en Méditerranée, en Afrique et en océan Indien. Quant aux aéronefs basés en métropole, ils sont toujours aussi actifs, notamment les hélicoptères affectés aux missions de sauvetage.

Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)
Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)


A ce jour, la principale zone d'opérations de la Marine nationale se situe bien évidemment en Libye, où la France intervient au sein d'une coalition internationale dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU. Autour du Charles de Gaulle sont déployées les frégates Forbin, Dupleix et Aconit, ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque et le pétrolier-ravitailleur Meuse, qui assure le soutien logistique et permet, ainsi, au groupe aéronaval de poursuivre ses opérations dans la durée.
L'autre grande zone d'activité de la flotte française se situe en océan Indien. On y trouve le bâtiment de projection et de commandement Mistral, ainsi que la frégate Georges Leygues, qui participent à la seconde édition de la mission Jeanne d'Arc. La lutte contre la piraterie au large de la corne d'Afrique est notamment assurée par les frégates de surveillance basées à La Réunion (sans oublier les fusiliers-marins intégrés aux équipes de protection embarquée sur les navires civils français). Alors que l'aviso Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff fait route vers l'océan Indien, la frégate Guépratte participe à la lutte contre le terrorisme au sein de la CTF 150, dont le commandement est assuré depuis le 4 avril par l'amiral Kérignard, qui dirige les opérations depuis le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme. Par ailleurs, la marine française compte également en océan Indien un groupe de guerre des mines articulé autour du BCR Var et des chasseurs Andromède et Croix du Sud.

Le Guépratte escortant un navire de commerce (© : MARINE NATIONALE)
Le Guépratte escortant un navire de commerce (© : MARINE NATIONALE)


Pendant ce temps, en toute discrétion, les bâtiments basés aux Antilles sont engagés contre les trafiquants de drogue. C'est ainsi que la frégate Ventôse a intercepté, fin mars, un bateau transportant 2.5 tonnes de cocaïne, s'ajoutant aux 3.6 tonnes saisies quelques semaines plus tôt par le Germinal. Ces actions de lutte contre le narcotrafic, conduites avec d'autres administrations et en coopération internationale, sont également du ressort des unités croisant au large des côtes françaises, notamment en Méditerranée, où la chasse aux go-fast se poursuit.
On notera enfin la présence, en Afrique de l'ouest, du transport de chalands de débarquement Foudre. Actuellement en mission Corymbe, le TCD, avec d'importantes capacités aéronautiques, amphibies, hospitalières et de commandement, est évidemment prêt à assister la force Licorne déployée en Côte d'Ivoire.
Il est évidemment très difficile de détailler l'activité de tous les navires français en mer mais, du petit patrouilleur au porte-avions, en passant par le remorqueur et le bâtiment de projection, la Marine nationale a, ces dernières semaines, mis en oeuvre une grande partie de ses capacités. Il s'agit d'ailleurs, quelque part, d'un certain tour de force puisque, malgré les coupes sombres dans les budgets et les réductions de format en hommes et en matériel, la flotte française parvient à remplir des missions très variées, géographiquement très éloignées et nécessitant l'emploi des outils les plus divers.

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