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Marine suédoise : Enjeux et stratégie

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Pays neutre n’appartenant pas aux grandes alliances militaires mais cultivant la coopération avec de nombreux pays, la Suède dispose historiquement d’une marine en pointe, servie par une puissante industrie nationale en matière de défense. Car si la chose militaire n’est pas, ici comme dans les autres royaumes scandinaves, une grande passion pour les citoyens, la stratégie suédoise de neutralité, qui a permis au pays de rester en paix depuis plus de deux siècles, passe par une indépendance technologique et stratégique. La Suède a donc soutenu et préservé des capacités industrielles et militaires de premier plan, en particulier dans l’aéronautique, les radars et les missiles. Et c’est ce qui a conduit le gouvernement, en 2014, à imposer à TKMS de céder au champion national Saab les chantiers suédois Kockums, que le groupe allemand avait repris une décennie plus tôt mais qui perdaient au fil des années des compétences considérées comme critiques.

Cette reprise en main, assez exceptionnelle dans un pays réputé moins interventionniste que ses homologues d’Europe du sud, en dit long sur l’importance stratégique que Stockholm accorde à son industrie de défense, y compris dans le domaine naval.

Il faut dire que la dimension maritime est essentielle pour cette nation qui s’est construite autour des échanges avec ses voisins de la Baltique. C’est d’ailleurs grâce à la mer et à la grande flotte dont la Suède a su se doter il y a plus de 300 ans que le royaume s’est imposé à partir du XVIIème comme une puissance européenne majeure.

Aujourd’hui, la Suède demeure l’un des grands pays d’Europe du nord et son économie reste toujours très dépendante des flux maritimes. « Il s’agit pour nous d’une activité vitale car les navires acheminent l’essentiel de nos approvisionnements, en particulier vers les ports de la côte ouest », souligne le contre-amiral Jens Nykvist, chef d’état-major de la marine suédoise.

 

Le contre-amiral Jens Nykvist

Le contre-amiral Jens Nykvist (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le trafic maritime est d’ailleurs toujours plus important dans la région. « Nous avons en moyenne 2000 à 4000 navires de commerce en mouvement à travers la Baltique, où le nombre de tankers est par exemple plus important que dans le canal de Suez. Les enjeux en termes de distribution de l’énergie sont très forts ici, non seulement au niveau des flux maritimes, mais aussi des pipelines qui traversent la Baltique. Il y a également d’importants enjeux en matière de communications puisque des câbles sous-marins cruciaux traversent cette mer, ainsi que des problématiques environnementales liées aux risques de pollution et à la surpêche ».  

 

Exemple du trafic maritime en Baltique

Exemple du trafic maritime en Baltique (© : MARINE TRAFFIC)

 

Après une période très calme ayant suivi la fin de la guerre froide, les tensions se sont de nouveau avivées ces dernières années, autour de la Baltique, entre la Russie et les Occidentaux. Il en résulte un regain de manoeuvres que les Suédois suivent de très près. « On constate un accroissement de l’activité militaire dans la région de la mer Baltique. En septembre dernier, nous avons vu évoluer simultanément plus de navires militaires que je me souviens en avoir vu à la mer depuis que je suis entré dans la marine (en 1987, ndlr). Il y a avait deux exercices en même temps pour une cinquantaine de bâtiments en tout, notamment Suédois, alors que les Russes étaient aussi à la mer », explique l’amiral Nykvist.

La Baltique est en effet l’une des principales zones où l’OTAN et les Russes se livrent de nouveaux à leurs démonstrations de force. L’Alliance atlantique y a renforcé sensiblement ses moyens, terrestres, aériens et navals, dans le cadre des mesures de réassurance vis-à-vis des pays d’Europe de l’Est craignant les pressions de Moscou. Une tendance qui s’est accélérée depuis la crise ukrainienne.

Les pays riverains sont donc sur le qui-vive, non qu’il y ait un risque imminent de conflit, mais ce regain d’activités militaire et le retour dans anciens jeux de la guerre froide, où chacun vient tester les dispositifs et réactions de l’autre, entretien les crispations. Et puis il y a évidemment le risque, un jour, d’un accrochage et d’une escalade selon l’évolution des relations entre les uns et les autres.

La Baltique est donc de nouveau une zone sous haute surveillance.

 

Unités de la marine suédoise (© : SWEDISH ARMES FORCES)

Unités de la marine suédoise (© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Sur le plan opérationnel, cette mer est très particulière. « La Baltique constitue un environnement complexe et sensible. Il y a peu d’espace, les pays riverains sont tous très proches, Karlskrona au sud de la Suède et Gdynia en Pologne ce n’est par exemple que 10 heures de navigation en ferry. Nous avons également en Baltique des côtes très découpées et de nombreux archipels, alors que le trafic maritime est extrêmement dense et constitue une véritable ligne de vie pour toutes les nations. Sa surveillance constitue un vrai challenge, tout comme la surveillance aérienne. Comme les flux maritimes, le trafic aérien est intense en Baltique, il y a beaucoup de signaux et il faut être capable de déterminer si besoin ceux qui peuvent constituer une menace, surtout que les distances sont peu importantes et très rapidement parcourues en volant. Cela réclame des moyens adaptés et des délais de réaction très courts ». La Baltique se caractérise aussi par de faibles fonds, avec une profondeur maximale de 465 mètres mais seulement quelques zones, réduites, où la mer plonge au-delà de 100 mètres. « La profondeur moyenne est de seulement 65 mètres ». Autant dire que les opérations sous-marines y sont délicates et nécessite une excellente connaissance de la zone, que n’ont globalement que les pays bordant cette mer. Seules l’Allemagne, la Suède, la Pologne et la Russie disposent de sous-marins.

 

(© : SWEDISH ARMES FORCES)

(© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Il faut aussi composer avec la menace que constituent les munitions historiques. Mines, bombes et autres obus ont été déversés en quantités astronomiques pendant les deux guerres mondiales, en particulier la seconde. Or, comme en Manche, malgré un travail constant de dépollution depuis 1945, de nombreux engins sont encore tapis au fond de la mer. « Il reste encore plus de 50.000 mines en Baltique. Cela ne représente pas un danger immédiat pour le trafic maritime mais, de temps en temps, un engin remonte ou est pris dans les filets des pêcheurs ». La marine suédoise, comme toutes ses voisines, entretien donc de solides moyens de guerre des mines. Surtout que les travaux offshore, par exemple lors de la construction de parcs d’éoliennes en mer, l’ensouillage de câbles ou encore la pose de pipelines, sont confrontés à ce risque et nécessite des moyens de prévention et d’intervention en cas de problème.

C’est dans ce contexte qu’évolue la flotte suédoise, qui au fil des siècles a su adapter les innovations technologiques à son « terrain de jeu », si particulier, pour devenir une grande spécialiste du combat littoral.

 

Marins suédois (© : SWEDISH ARMES FORCES - ANDREAS SANNERMAN)

Marins suédois (© : SWEDISH ARMES FORCES - ANDREAS SANNERMAN)

 

La marine royale compte en tout 4000 personnels civils et militaires. « Ce n’est pas la marine aux effectifs les plus impressionnants mais c’est une force très professionnelle et je suis très fier de nos personnels », explique celui qui les commande. Les bâtiments suédois sont tous très automatisés et requièrent peu de personnel, « nous avons réduit les équipages, qui sont aujourd’hui d’une quarantaine de marins pour les corvettes, 35 pour les sous-marins. Les tâches sont concentrées sur l’opérationnel et nos marins ont beaucoup de responsabilités ». La moyenne d’âge est peu élevée et il y a de nombreux contrats courts. L’amiral Nykvist assure que la marine suédoise a aujourd’hui « suffisamment de marins pour armer (ses) bateaux ».

 

Sous-marinier suédois (© : SWEDISH ARMES FORCES - REBECKA SIGNAES)

Sous-marinier suédois (© : SWEDISH ARMES FORCES - REBECKA SIGNAES)

 

Mais comme dans les autres forces armées du Royaume, il y a une problématique de recrutement au moment où les jeunes s’intéressent assez peu à l’armée et aux carrières qu’elle offre. L’automatisation des équipements modernes a permis de compenser cet état de fait culturel en réduisant les besoins en personnel. Mais le modèle a peut-être atteint ses limites, ce qui a incité le gouvernement suédois à remettre au goût du jour la conscription. Une décision actée en 2017 pour répondre à cette problématique, mais aussi selon Stockholm à l’évolution de la situation sécuritaire dans la région. Le service militaire obligatoire, instauré en 1901 et arrêté en 2010, est restauré cette année pour les jeunes nés en 1999.  « Le rétablissement du système de conscription est un évènement important qu’il va falloir tester et évaluer ». Le service militaire pourrait notamment contribuer à l’augmentation des effectifs liée au concept de double-équipage que la marine souhaite déployer afin d’augmenter le nombre de jours à la mer de ses bâtiments. Cela va notamment être le cas pour les corvettes Stockholm et Malmö à l’issue de leur modernisation.  

 

Sous-marin suédois lors de manoeuvres avec l'OTAN (© : OTAN)

Sous-marin suédois lors de manoeuvres avec l'OTAN (© : OTAN)

 

En matière de relations internationales, la marine suédoise démultiplie sa participation à des exercices aéromaritimes avec d’autres nations et les forces navales de l’OTAN. « Ces exercices sont importants car ils permettent de développer l’interopérabilité et permettent à nos unités de se maintenir au meilleur niveau ». La Suède participe à un réseau d’échanges d’informations sur le trafic maritime avec les pays riverains de la Baltique (hors Russie) ainsi que le Royaume-Uni. Depuis 2007, elle travaille aussi avec l’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne au sein du Baltic Ordnance Safety Board (BOSB), dédié à la connaissance et la neutralisation des munitions historiques.

Mais c’est avec la Finlande que la coopération a fait une grande avancée suite à la récente signature d’un accord militaire. « Nous travaillons très étroitement sur les plans techniques, légaux, politiques et opérationnels en vue de créer un task group binational qui doit atteindre une pleine capacité opérationnelle en 2023. C’est le fruit d’une décision politique qui a jeté les bases de cette coopération en 2014/2015. Depuis la fin 2017, nous disposons d’une capacité opérationnelle initiale qui nous permet de travailler ensemble. L’objectif est que sous cinq ans nous soyons en mesure de déployer en commun, par exemple dans une situation de crise, des capacités conjointes en matière de bâtiments de combat de surface, de guerre des mines, d’opérations amphibies et de logistique ». Pour cela, le Swedish Finnish Naval Task Group (SFNTG) se dote d’un état-major dont le personnel est pour moitié suédois et pour l’autre finlandais, avec un commandement tournant chaque année.

L’ouverture de la marine suédoise à l’international passe également par sa sortie de la Baltique et plus généralement de l’Europe du nord, avec ces dernières années des déploiements lointains de plus en plus réguliers. Sa force de fusiliers-marins a par exemple été engagée en Afrique pendant 6 mois l’an dernier, participant à l’opération EUTM sous mandat de l’ONU en République Démocratique du Congo. 260 Marines suédois, mais aussi des personnels de la quatrième flottille spécialisée dans le déminage, seront aussi présents cette année au Mali en soutien de la MINUSMA.

 

Marines suédois déployés en Afrique

Marines suédois déployés en Afrique (© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Du côté de la flotte, le sous-marin Gotland a été exceptionnellement déployé aux Etats-Unis de 2005 à 2007 dans le cadre d’une campagne de tests des capacités de protection des groupes aéronavals américains face aux sous-marins modernes dotés d’un système de propulsion anaérobie.

 

Le Gotland aux Etats-Unis

Le Gotland aux Etats-Unis (© : US NAVY)

 

Mais, surtout, la Suède participe maintenant à des opérations militaires conduites par l’Union européenne, dont elle est membre. C’est le cas de la mission Atalante de lutte contre la piraterie au nord de l'océan Indien et plus particulièrement au large de la Somalie. « Nous avons jusqu’ici participé 5 fois à Atalante, notamment avec des équipes de visite déployées sur des bâtiments d’autres marines européennes. L’une d’elles est partie en août dernier sur un navire néerlandais depuis lequel notre équipe a opéré. Elle est rentrée aux Pays-Bas avec ce bateau fin novembre ». Il s'agit en l'occurence du transport de chalands de débarquement Rotterdam, à bord duquel les Marines suédois avaient embarqué avec l'une de leurs embarcations d'assaut du type CB-90. 

 

Octobre 2017 : Formation de marins kenyans sur le CB-90 suédois embarqués sur le Rotterdam

Octobre 2017 : Formation de marins kenyans sur le CB-90 suédois embarqués sur le Rotterdam (© : EUNAVFOR)

 

Le bâtiment de commandement Carlkrona a lui aussi été engagé dans cette opération mais c’est en réalité la seule plateforme hauturière que la Suède peut fournir. Ce qui pose d’ailleurs la question des futures unités de la flotte royale, dont les moyens sont aujourd’hui essentiellement conçus pour l’action littorale en Baltique et ne sont pas adaptés aux grands déploiements océaniques. Alors qu’une nouvelle série de bâtiments de combat doit voir le jour au cours de la prochaine décennie, Mer et Marine a interrogé l’amiral Nykvist sur l’opportunité de disposer à l’avenir de frégates capables de réaliser des projections lointaines. « C’est une question très pertinente. Je pense que nous resterons sur des corvettes mais on ne sait jamais. Cela dépend de ce que nous voulons faire, des capacités dont nous souhaitons disposer, de la durée des déploiements et des zones où ces bâtiments seront amenés à évoluer ».

Pour le chef d’état-major de la marine suédoise, le futur passe évidemment par modernisation de la flotte, notamment ce projet de nouvelles corvettes ou frégates qui doivent voir le jour à partir de 2025 afin de remplacer les classes Stockholm et Gävle. Mais ce n’est pas le seul compartiment capacitaire de la flotte suédoise qui va être renouvelé : sous-marins, guerre des mines, moyens de renseignement et opérations amphibies seront également concernés dans les années qui viennent.

Aujourd’hui, les trois missions principales des forces navales suédoises sont la surveillance et le renseignement afin d’assurer l’intégrité du territoire, la protection du trafic maritime pour maintenir les approvisionnements et la défense côtière destinée à empêcher toute intrusion ou invasion par la mer. Ces missions mobilisent de nombreux moyens, des systèmes s’écoute sous-marine aux stations radar et batteries côtières, en passant par les sous-marins, corvettes furtives, chasseurs et dragueurs de mines ou encore unités amphibies. Ces capacités sont complétées par celles des forces aériennes et terrestres suédoises dans un ensemble cohérent et dissuasif couvrant tout le territoire et ses approches.  

 

 

Le sous-marin

Le sous-marin Södermanland (© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Actuellement, la Suède compte quatre sous-marins. Le plus ancien est le Södermanland (60.5 mètres, 1600 tonnes en plongée), dernier Wästergötland en service dans la flotte royale. Allongé au début des années 2000 afin de recevoir un système de propulsion anaérobie Stirling Mk2, ce bâtiment, opérationnel depuis 1989, naviguera jusqu’au début de la prochaine décennie. Il sera remplacé par l’un des deux nouveaux sous-marins du type A26 en cours de construction au chantier Saab Kockums de Karlskrona, qui doit les livrer en 2022 et 2024 (voir notre article détaillé sur le programme A26).

 

Le futur modèle A26 (© : SAAB)

Le futur modèle A26 (© : SAAB)

Sous-marin du type Gotland (© : SWEDISH ARMES FORCES)

Sous-marin du type Gotland (© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Une grande partie des nouveautés techniques des A26, dont le l’AIP Stirling Mk3 et le système de combat sont intégrés sur les Gotland (1996) et Uppland (1997), actuellement en refonte à Karskrona en vue d’une remise en service fin 2018 et fin 2019. La modernisation du troisième sous-marin de ce type, l’Halland, est en option et dépendra de la volonté de la Suède de remonter ou non sa force sous-marine de quatre à cinq bâtiments.

 

Corvette du type Visby (© : SWEDISH ARMES FORCES)

Corvette du type Visby (© : SWEDISH ARMES FORCES)

 

Concernant la flotte de surface, les cinq corvettes furtives du type Visby (72.7 mètres, 650 tonnes) sont désormais pleinement opérationnelles (voir notre reportage sur le Karlstad).

Les Stockholm et Malmö (50 mètres, 370 tpc), mis en service en 1985, sont en cours de modernisation afin de naviguer jusqu’en 2025 au moins. Ce sera également le cas pour les deux Gävle (1991) et Sundvall (1993), deux unités de 57 mètres et 400 tpc du type KKV 90 rénovées en 2014 et 2015. Les deux autres corvettes de cette classe, les Göteborg et Kalmar, ont été désarmées en 2006 et sont toujours conservées à flot dans la base navale de Karlskrona.

 

La corvette Stockholm (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La corvette Stockholm (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chasseurs-dragueurs de mines des types Sparö et Koster (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chasseurs-dragueurs de mines des types Sparö et Koster (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

La marine suédoise, qui dispose par ailleurs d’une demi-douzaine de petits patrouilleurs, compte dans le domaine de la guerre des mines 9 chasseurs-dragueurs, 5 du type Koster (47.5 mètres, 360 tpc) mis en service entre 1986 et 1992 (voir notre reportage sur le Vinga), ainsi que 4 type Sparö (36 mètres, 205 tpc) opérationnels depuis 1996-97. Ces moyens seront renouvelés au cours de la prochaine décennie par des systèmes basés sur l’emploi de drones de surface (voir notre article sur les nouvelles solutions de Saab dans ce domaine), de robots sous-marins et de sonars mis en œuvre depuis des bateaux mères. Mais on notera que, déjà, la marine suédoise arme des engins de surface autonomes conçus pour le dragage de mines.

 

Le drone dragueur de mines SAM 3 (© : SAAB)

Le drone dragueur de mines SAM 3 (© : SAAB)

 

La Suède va par ailleurs se doter d’un nouveau bâtiment collecteur de renseignements. Ce navire de 70 mètres et 2300 tpc verra sa coque réalisée par le chantier polonais Nauta. Une fois achevée, elle rejoindra en 2019 Karlskrona où Saab intègrera ses équipements. Ce navire, dont la livraison est prévue à partir de 2020, remplacera l’Orion (61 mètres, 1400 tpc) opérationnel depuis 1984.

 

Le futur bâtiment collecteur de renseignements suédois (© : SAAB)

Le futur bâtiment collecteur de renseignements suédois (© : SAAB)

Le bâtiment collecteur de renseignements Orion (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le bâtiment collecteur de renseignements Orion (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Mis en service en 1982, l’ancien mouilleur de mines Carlskrona (105.7 mètres, 3600 tpc) a été transformé en bâtiment de commandement en 2010. Il va continuer à naviguer plusieurs années, son éventuel remplacement n’étant pas encore acté.

 

Le Carlskrona (© : SWEDISH ARMED FORCES)

Le Carlskrona (© : SWEDISH ARMED FORCES)

 

La flotte suédoise compte par ailleurs un bâtiment de sauvetage, le Belos (104.9 mètres, 5300 tpc), construit en 1985 comme navire offshore et acquis en 1992 pour mettre en œuvre le sous-marin de sauvetage URF (voir notre reportage sur cet engin).  

La flotte est complétée par différentes petites unités auxiliaires, de soutien ou destinées aux missions de formation.

Quant aux Marines, ils forment une unité spécifique dotée de moyens terrestres, maritimes et amphibies. Parmi ceux-ci, pas moins de 150 vedettes rapide du type CB90 de 16 mètres capables de dépasser les 40 nœuds. Elles sont conçues pour les missions d’assaut et la projection rapide de troupes dans les archipels suédois. Pouvant transporter une vingtaine de soldats équipés, ces bateaux mis en œuvre par 3 hommes et solidement armés (3 mitrailleuses de 12.7mm) disposent d’une rampe à l’avant pour les opérations de débarquement sur la côte.

 

 

Les Marines mettent également en œuvre les batteries côtières suédoises, dont certaines ont été réactivées compte tenu de l’évolution du contexte sécuritaire en Baltique. Ces batteries sont constituées de pièces d’artillerie de 75 à 120mm bunkerisées ainsi que de batteries mobiles tractées comprenant des canons de 120mm et des missiles antinavire RBS-15.

 

 

Marine suédoise