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Marine : Un pétrolier-ravitailleur pour la flotte brestoise

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Marine : Un pétrolier-ravitailleur pour la flotte brestoise

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Après une escale à Dublin, fin mars, le pétrolier-ravitailleur Meuse est arrivé Brest où, durant deux semaines, les frégates et avisos bretons bénéficient d'un entraînement intensif au ravitaillement à la mer. Depuis la vente de la Durance à l'Argentine, en 1999, il n'y a en effet plus de « PR » basé à Brest. « Les occasions de s'entraîner dans ce domaine étant assez rares pour les bâtiments de Brest, des périodes d'entraînement de deux semaines axées sur le type de missions assurées par un pétrolier de la marine sont organisées plusieurs fois par an par l'état-major de la force d'action navale (FAN) au profit des Bretons », précise la Marine nationale. Ravitaillement en combustible, vivres, eau douce et carburant aviation, transfert de charges lourdes... Les unités dépourvues de pétrolier s'entraînent souvent entre-elles au cours de présentations au ravitaillement à la mer (PRERAM), ces manoeuvres consistant à tenir les bateaux sur une même route, à une grosse trentaine de mètres l'un de l'autre, en évitant bien entendu les collisions. Mais il manque tout de même aux PRERAM le passage des gros tuyaux du pétrolier ou encore le transfert de colis, opérations délicates qu'il faut pouvoir mener dans des conditions météos parfois difficiles. Et l'affaire se complique singulièrement lorsque le pétrolier doit ravitailler simultanément deux navires, un de chaque bord (il peut même, le cas échéant, en ravitailler un troisième en flèche, c'est-à-dire par l'arrière).

 Ravitaillement de la frégate Tourville (© : MARINE NATIONALE)
Ravitaillement de la frégate Tourville (© : MARINE NATIONALE)

 Transfert de colis via hélicoptère à partir de la Meuse (© : MARINE NATIONALE)
Transfert de colis via hélicoptère à partir de la Meuse (© : MARINE NATIONALE)

C'est à cet exercice que se sont notamment livrées, jeudi dernier, les frégates Tourville et Latouche-Tréville. Alors que la seconde se ravitaillait en gazole auprès de la Meuse, la première se présentait pour un transfert de charges lourdes. Puis les deux bâtiments ont fait le plein, simultanément, à couple du pétrolier.
Véritables stations service et magasins ambulants de la marine, les ravitailleurs sont indispensables au soutien logistique de toute force navale déployée loin du territoire métropolitain. Ce sont, en effet, ces navires qui permettront aux bâtiments de combat de pouvoir « durer » sur une zone d'opération. Bien qu'essentiels, ils ne sont plus que quatre en service et, par conséquent, sont très sollicités.

 La Meuse ravitaillant le Tourville (© : MARINE NATIONALE)
La Meuse ravitaillant le Tourville (© : MARINE NATIONALE)



 Le Patagionia (ex-Durance) ravitaillant une frégate française (© : MARINE NATIONALE)
Le Patagionia (ex-Durance) ravitaillant une frégate française (© : MARINE NATIONALE)

Livrés en 1980, 1983, 1987 et 1990, les Meuse, Var, Marne et Somme sont tous basés à Toulon. Ils sont à la fois chargés du ravitaillement des forces navales, comme celle constituée pendant les déploiements du Charles de Gaulle, mais assurent aussi, pour les trois derniers, des fonctions de commandement. Dotées d'un château plus grand, ces trois unités, appelées Bâtiments de Commandement et de Ravitaillement (BCR), peuvent embarquer un état-major de 45 personnes et disposent de locaux spécifiques pour cette mission. Le Var et la Marne sont actuellement déployés en océan Indien, le premier comme base mobile de l'amiral commandant les forces maritimes de l'océan Indien (Alindien) et le second portant la marque du patron de la TF 150, actuellement sous commandement français.

 Les BCR Var en Marne en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)
Les BCR Var en Marne en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)

Côtés capacités, ces navires de 157.2 mètres de long et 21.2 mètres de large affichent un déplacement de 18.000 tonnes à pleine charge. Capables de délivrer 600 m3 de combustible par heure, ils peuvent embarquer 8400 tonnes de gazole, 1100 tonnes de TR5 (carburant aviation), 250 tonnes d'eau douce, 170 tonnes de vivres, 170 tonnes de munitions et 250 tonnes de rechanges.

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