Marine Marchande
Marion Dufresne : Réactions syndicales suite au changement d'armement
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Marion Dufresne : Réactions syndicales suite au changement d'armement

Marine Marchande

En début de semaine dernière, l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises a annoncé le lauréat de l’appel d’offres visant à l’armement et l’entretien de son navire océanographique et ravitailleur, le Marion Dufresne. Louis Dreyfus Armateurs a été choisi pour succéder à CMA CGM, qui armait le navire depuis sa sortie de chantier en 1994.

A la suite de cette annonce, le syndicat maritime Normandie CFDT a réagi sur la question du futur format de l’armement du navire, s’interrogeant notamment sur le non-maintien de 6 postes de personnels d’exécution français dans le futur rôle d’équipage. Le syndicat, par la voix de son secrétaire général Paul Golain, a indiqué qu’il ne pourrait « accepter que les efforts consentis en matière d’armement du Marion Dufresne ne soient balayés d’un revers de main au prétexte d’un changement d’opérateur ». Pour mémoire, le Marion Dufresne a vu son rôle d’équipage évoluer ces dernières années. A l’origine composé de 28 marins français (officiers et personnels d’exécution) et 15 marins malgaches, le rôle comportait, depuis 2009, 14 marins français (6 personnels d’exécution et 8 officiers), 7 marins roumains (officiers et personnels d’exécution) et 20 marins malgaches.

Pour le syndicat maritime Normandie CFDT, engagé par ailleurs dans un dialogue de longue haleine sur l’évolution des personnels d’exécution chez CMA CGM, le cas du Marion Dufresne « questionne la responsabilité de l’Etat-employeur » qui selon lui «  privilégie systématiquement une baisse des coûts à la qualité opérationnelle, alors qu'il n'y est pas autant contraint que ne pourrait l'être un employeur du privé plus exposé aux risques économiques dans le cadre de la concurrence internationale ».

Différents critères dans l'appel d'offres

Interrogée sur les critères qui ont présidé à l’attribution de ce marché public, Anne Tagand, secrétaire générale des TAAF, expose les termes du règlement de consultation de l’appel d’offres : le critère de prix représente 40 % de la pondération et il est lui-même divisé en plusieurs sous-critères ( avec le coût de l’équipage représentant 35%, celui de l’entretien 35%, le reste étant divisé entre les coûts journaliers d’hébergement et de restauration, les assurances, la gestion administrative et la révision). Les autres critères d’attribution sont, également à 40 %, les critères opérationnels et techniques (moyens humains embarqués 25%, moyens humains et organisation à terre 20%, compréhension du besoin : prise en compte des spécificités des missions et du navire, implication de l'affréteur 25%, suivi technique 20%, capacité de gestion de crise 10%), les 20% étant répartis entre les critères contractuels (contrats d’affrètements) et les critères qualitatifs (principalement l’ISM).

Concernant la question de la nationalité des marins, Anne Tagand précise que « des éléments ayant un lien avec la nationalité des membres de l'équipage figurent au cahier des charges. Ce dernier précisait que la langue de travail à bord du navire sera le Français ; que le navire est immatriculé sous le Registre international français ; que les officiers seront de préférence des officiers polyvalents ; que la nationalité des membres de l'équipage est précisée dans le rôle de l'équipage, expressément demandé dans l'offre à remettre. LDA a répondu sur l'ensemble de ces points de manière conforme ». 

Dans une lettre de réponse en date du 3 mai adressée à la CFDT, Edouard Louis-Dreyfus, président de LDA, écrit que « nous avons répondu à cet appel d'offres en proposant un modèle d'armement identique à celui développé par notre groupe sous pavillon RIF, depuis plus de 20 ans, à savoir sans personnel d'exécution. Ce modèle a fait ses preuves tant sur notre flotte de câbliers que sur celle autrefois dédiée à l'activité sismique ». Il précise également que l'ensemble du personnel d'exécution sera malgache. « L'obtention de ce contrat permet à notre groupe de créer 16 postes d'officiers français, ce que l'ensemble de nos personnels a accueilli avec enthousiasme après avoir subi le plan social consécutif à l'arrêt des navires CGG ».

 

TAAF CMA CGM Louis Dreyfus Armateurs