Construction Navale
ABONNÉS

Actualité

Marsaudon Composites : Le chantier lorientais change de mains

Construction Navale
Nautisme

Le fondateur souhaitant prendre du recul, c'est un nouvel équipage qui a pris la barre du chantier Marsaudon Composites, à Lorient. La mer chevillée au corps, le Dunkerquois Damien Cailliau et le Trinitain Frédéric Blandin veulent « changer d'échelle et amener le chantier à son plein potentiel ».

Une nouvelle ère s'ouvre au chantier Marsaudon Composites de Lorient, spécialisé dans la fabrication de catamarans et la sous-traitance de pièces et outillage composites depuis 1999. Le fondateur, Samuel Marsaudon, a choisi de passer le relais, cédant son entreprise à un duo : le Dunkerquois Damien Cailliau et le Trinitain Frédéric Blandin, deux hommes qui ont le pied marin et une solide expérience entrepreneuriale. « Ne se sentant plus en mesure de porter plus loin le développement d'un chantier de cette taille », l'ancien patron ne quitte toutefois pas le navire. Il continuera d'apporter « ses connaissances et son réseau ».

 

Damien Cailliau (à gauche) et Frédéric Blandin n'ont pas hésité à s'immerger dans le quotidien du chantier (© LE TELEGRAMME)

 

De la Nasa à La Base

Damien Cailliau, 45 ans, prend la direction générale et le pilotage de ce chantier de 7.000 m², au coeur du K1 de Lorient La Base. Ingénieur de formation, il a acquis une solide expérience industrielle en pilotant de grands programmes aéronautiques, à la Nasa et chez Airbus, puis en aidant des dirigeants de PME à ajuster leur stratégie de positionnement. Il est secondé par Frédéric Blandin, 46 ans, qui gère la partie marketing, commerciale et ressources humaines. Issu d'une famille de marins, il a travaillé dans le monde du service, plus particulièrement dans le transport, avant de se muer en coach pour chefs d'entreprise.

« The place to be ! »

« Frustrés » par cette position de conseils, les associés ont voulu « retourner à l'océan et reprendre une entreprise. Nous cherchions activement un chantier naval », explique le patron. Le rachat de Marsaudon Composites est effectif depuis le 2 janvier. La prise de contact, elle, remonte à l'été dernier. « Le feeling est passé immédiatement avec Sam. Nous avions une même vision, une même philosophie, des valeurs communes. C'était une évidence ». Et son compère d'ajouter : « Lorient, c'est "The place to be" ! L'écosystème est motivant, enrichissant et dynamique. Avec la Sailing valley, nous sommes au coeur des systèmes d'innovation. Il y a un bon terreau pour bâtir plein de projets », imagine-t-il, « extrêmement rassuré » par le savoir-faire du chantier lorientais. Côté stratégie, le duo souhaite développer la structure, en s'appuyant sur le récent succès de la gamme des catamarans TS. « Ce marché de niche illustre parfaitement le trait d'union entre la course et la croisière. Un positionnement que nous voulons prolonger, sans sacrifier la fabrication en sous-traitance de bateaux sous marque blanche, les petites séries ou les pièces, essentielles pour apprendre le métier ».

« Changer d'échelle »

L'idée ? « Nous voulons changer d'échelle et exploiter le chantier pour l'amener à son plein potentiel ». D'ici à cinq ans, l'objectif est clair : « Tripler la production, en passant à une quinzaine de bateaux par an, et doubler l'effectif (le chantier emploie aujourd'hui 50 équivalents temps plein, dont près de 15 % de femmes) avec des parcours d'intégration pour accompagner les entrants, des personnes qui ont envie ! Le chiffre d'affaires suivra (5,5 M€ en 2017, soit + 22 % par rapport à 2016), d'autant que le carnet de commandes est rempli jusqu'à l'été 2019 », insiste le duo, prêt à relever « ce challenge passionnant » avec un seul mot d'ordre à respecter : « Donner la banane aux clients, à tous ceux pour qui naviguer signifie allier performance, sensations et confort ! ».

Un article de la rédaction du Télégramme