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Marseille : Armateurs et industriels dénoncent l'action des grévistes

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Marseille : Armateurs et industriels dénoncent l'action des grévistes

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Après être entré, mercredi, dans sa troisième semaine, le conflit au port autonome de Marseille continue. Hier, au quinzième jour de grève et au lendemain du rejet du protocole de sortie de crise par les salariés, aucune avancée n'était constatée. La CGT appelle d'ailleurs à une grande journée de mobilisation ce jeudi. Les terminaux pétroliers de Fos et Lavera restent totalement paralysés, alors que 55 navires patientaient hier sur rade. Bien que Total et Shell se veulent rassurants, une pénurie de carburant est de plus en plus redoutée. Plusieurs raffineries ont, en effet, été contraintes de réduire leur production. Le mouvement n'est pas sans conséquences économiques. L'Union Française des Industries Pétrolières estime que la grève a déjà coûté quelques 25 millions d'euros, à la fois au niveau de la baisse de régime des usines mais aussi à cause de l'immobilisation des navires. Le conflit lancé par la CGT provoque également la colère des compagnies maritimes. « Les armateurs, français et étrangers, ont dû détourner nombre de leurs navires vers des ports concurrents, notamment en Espagne et en Italie. Aujourd'hui, c'est tout un pan de l'économie marseillaise qui est touché : le préjudice financier est lourd pour les armateurs, les industriels, les logisticiens », dénonce Armateurs de France. L'organisation, qui qualifie la grève d'« injustifiable », proteste contre une « prise en otage, une fois de plus par une minorité de salariés, de l'activité du Port de Marseille/Fos, qui devrait être parmi les plus compétitifs en Europe ».

Nouvelle rencontre prévue aujourd'hui en préfecture

Pour tenter de trouver une issue à la crise, une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui à la préfecture. Il s'agit, pour Christian Frémont, le préfet de région, « de ne laisser échapper aucune chance de mettre un terme à cette grève aux conséquences graves pour l'avenir ». En plus de la direction du PAM et du syndicat, le préfet, qui avait évoqué la semaine dernière une possible réquisition, a également invité Gaz de France à venir à la table des négociations. C'est, en effet, au sujet du nouveau terminal méthanier du groupe que le mouvement a éclaté. La CGT réclamait que les agents du port puissent assurer le branchement, le débranchement et la maintenance des bras de l'infrastructure. Gaz de France a catégoriquement rejeté cette revendication, arguant qu'elle confiait ce travail à ses personnels depuis de longues années et qu'il ne pouvait en être autrement pour des questions de sécurité et de responsabilité juridique. A l'occasion de la journée de mobilisation lancée par la CGT, les autres terminaux, sur lesquels le travail avait repris vendredi dernier, pourraient être de nouveau perturbés. On pense, bien évidemment, aux terminaux conteneurs ou encore minéraliers : Pour Armateurs de France : « Cette grève apparaît incompréhensible et risque de ruiner les efforts du Port de Marseille/Fos et de ses partenaires pour reprendre des parts de marché et restaurer l'image du Port ». Alain Wils, président de l'organisation et directeur général de CMA CGM, estime que « la meilleure des raisons ne suffirait pas à justifier que l'ensemble d'une activité, et toute la filière qui en dépend, soit bloquée par quelques protestataires ».

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