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Marseille, base arrière de l'extension monégasque sur la mer

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Marseille, base arrière de l'extension monégasque sur la mer

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Réalisé par le chantier polonais Crist, le Marco Polo est arrivé le 22 août à Marseille à bord du navire semi-submersible Sun Rise (ex-STX Rose 1). Conçue comme une usine flottante et immergeable, cette structure va servir à la préfabrication des 18 caissons destinés au projet de l’Anse du Portier, à Monaco, dont les surfaces seront gagnées sur la mer.

Ces caissons en béton armé, ainsi que des remblais, constitueront l’infrastructure maritime du nouveau quartier de la Principauté. Elle sera réalisée par le groupe Bouygues, qui affirme que l’utilisation d’un caissonnier comme le Marco Polo est une première en France.

 

Plan du futur quartier de l'Anse du Portier, à Monaco (© DR

Plan du futur quartier de l'Anse du Portier, à Monaco (© DR)

 

 

Le caissonnier Marco Polo dans les bassins Est de Marseille (© EMMANUEL BONICI

Le caissonnier Marco Polo dans les bassins Est de Marseille (© EMMANUEL BONICI)

 

Installé dans les bassins Est

Long de 56 mètres pour 50 mètres de large et 27 de haut (correspondant à la hauteur des caissons), le dock a été conçu par le bureau d’études D2M de Six Fours (Var), qui a également travaillé sur les études d’amarrage, des pontons d’accès et des caissons en béton après la sortie du caissonnier.

Le Marco Polo, qui entrera en phase de production ce mois-ci, est installé dans les bassins Est du port phocéen, sur des surfaces louées pour l’occasion au Grand Port Maritime de Marseille, dont les équipes assureront également un certain nombre de prestations pour Bouygues. A l’avant-port Nord, sur un terre-plein de 11.900 m², sont installés les bureaux, cantonnements et parking du chantier ainsi qu’un espace de stockage. La zone de préfabrication terrestre servira notamment à assurer les travaux préparatoires de ferraillage et le montage des coffrages des caissons.

 

 

Les implantations du projet dans les bassins Est de Marseille (© DR

Les implantations du projet dans les bassins Est de Marseille (© DR)

 

La fabrication des caissons

Hors d’eau, la première étape consiste à réaliser le radier de chaque caisson et les 10 premiers mètres de voile béton via un coffrage glissant. Sous le poids du caisson en cours de construction, le pont du caissonnier sera progressivement immergé permettant ainsi de finaliser le coulage du béton, fourni par un groupement constitué de Lafarge et Cemex. Le caisson sera ensuite mis en flottaison et sorti du Marco Polo pour être remorqué jusqu’au poste où seront réalisés les poteaux béton constituant l’ouvrage Jarlan (mur brise vague). Le stockage des caissons avant leur remorquage par voie maritime vers Monaco est prévu dans le bassin Léon Gouret.

La fabrication des 18 caissons durera jusqu’en mars 2019 et génèrera d’importantes retombées pour la région marseillaise. Le coût de l’opération est en effet de 145 millions d’euros et elle fournira du travail à de nombreuses sociétés, dont les opérateurs maritimes et portuaires phocéens. Et le chantier va mobiliser une importante main d’œuvre : « La fabrication des 18 caissons nécessitera un travail posté en trois équipes, 7j/7 et 24h/24. Au total, elle générera plus de 700 emplois directs et indirects, dont plus de 200 embauches locales à durée de chantier et une vingtaine de postes en insertion. Ces contrats de professionnalisation viseront l’obtention d’un titre professionnel de « coffreur- bancheur ». En lien avec les acteurs locaux de l’emploi, plus de 30.000 heures seront ainsi valorisées par une action qualifiante sur la durée du projet. Une formation sera également proposée aux demandeurs d’emploi prioritaires aux métiers de grutiers à tour (3 postes) et conducteurs d’engins (3 postes), avec mise en pratique sur chantier », explique Bouygues.

 

Vue du chantier de l'Anse du Portier une fois la zone maritime remblayée derrière les caissons (© DR

Vue du chantier de l'Anse du Portier une fois la zone maritime remblayée derrière les caissons (© DR)

 

Près de 2.5 millions de tonnes de matériaux pour le remblai

Ce dernier rappelle que la réalisation de l’infrastructure maritime monégasque nécessite également la fourniture d'une quantité importante de matériaux de carrières. « Ils serviront au remblai, à la réalisation du talus et au ballastage des 18 caissons. Le remblai exécuté après les opérations de dragages à Monaco servant d’assise aux caissons est constitué de matériaux 20/180 mm. Pour le ballastage des caissons la fourniture de matériaux 0/20 mm sera utilisée. Enfin pour la constitution des talus pour le terre-plein courant, les matériaux 20/180 mm et 4/20 mm seront mis en place ».

Les travaux de remblai se dérouleront en deux temps. De mi-septembre à mars 2018, plus de 1.5 million de tonnes de matériaux seront extraits de la carrière Jean Lefebvre Méditerranée à Châteauneuf-les-Martigues. Les chargements seront réalisés au quai Carfos de Fos-sur-Mer par des navires de l’armement belge Jan De Nul, avec une capacité de 30.000 tonnes par voyage.

Une seconde étape, prévue d’avril 2018 à août 2019, verra la carrière varoise Someca, située au Revest, fournir environ 900.000 tonnes de matériaux. Les chargements seront cette fois réalisés sur le port de Brégaillon, à La Seyne-sur-Mer avec des bateaux et barges de Jan De Nul (6000 tonnes par voyage) mais aussi de l’Italien Saipem (1500T/ voyage).

Les travaux de l'Anse du Portier devraient durer jusqu’en 2020 pour la partie maritime. Une fois l’extension créée, la construction de nouveaux immeubles débutera, en vue d’une livraison entre 2022 et 2025. En tout, la construction de 60.000 m² de logements de luxe, de commerces, d’un parc, d’une partie plaisance ainsi que l’agrandissement sur 5000 m² du Grimaldi Forum sont prévus.

 

Le futur quartier de l'Anse du Portier à Monaco (© DR

Le futur quartier de l'Anse du Portier à Monaco (© DR)

 

Le futur quartier de l'Anse du Portier à Monaco (© DR

Le futur quartier de l'Anse du Portier à Monaco (© DR)

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