Vie Portuaire
Marseille : à bord du nouveau bateau des marins-pompiers

Reportage

Marseille : à bord du nouveau bateau des marins-pompiers

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Nous vous emmenons aujourd’hui à bord du Matelot Louis Colet, le second des deux nouveaux bateaux-pompes du bataillon des marins-pompiers de Marseille (BMPM). Arrivé dans la cité phocéenne en janvier, baptisé en mars et récemment admis au service actif, il est stationné depuis le mois de mai à la caserne de Port-de-Bouc. De là, il peut couvrir les bassins ouest du port de Marseille-Fos, qui regroupent notamment les installations pétrochimiques et terminaux conteneurs de Fos. Opérationnel depuis 2018, son aîné, le Capitaine de corvette Paul Brutus, est quant à lui basé à la caserne de la Bigue d’où il peut intervenir rapidement sur les bassins historiques de Marseille. Les deux navires ont été nommés en hommage à des marins-pompiers morts au feu : Louis Colet en 1953 lors de l’incendie du paquebot mixte Sidi Ferruch à Marseille, et Paul Brutus qui a péri en 1989 en combattant un feu de forêt aux Pennes Mirabeau.

 

Le Capitaine de corvette Paul Brutus vu du Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

Le Capitaine de corvette Paul Brutus vu du Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

 

Construits par le chantier Socarenam de Boulogne-sur-Mer et conçus en coopération avec le bureau d’architecture navale Mauric, les nouveaux bateaux-pompes légers (BPL) des marins-pompiers de Marseille mesurent 24.9 mètres de long pour 6.55 mètres de large, avec un tirant d’eau de 1.84 mètre et 128 tonnes de déplacement en charge.

Lutte contre les incendies en zones portuaires et côtières

Dédiés à l’action côtière et portuaire, de jour comme de nuit, ils peuvent naviguer par un état de mer 4/5, les zones d’intervention allant des installations portuaires, bassins et rades de du port de Marseille-Fos à la zone littorale environnante, jusqu’à 20 milles au large. Le Capitaine de corvette Paul Brutus et le Matelot Louis Colet ont  comme missions principales la lutte contre les feux de navires en rade et à quai, ainsi que l’alimentation d’engins anti-incendie terrestres depuis un quai, une berge ou encore une plage. Leurs missions secondaires sont la lutte contre les feux de nappes, les incendies d’infrastructures portuaires, les feux de forêts côtiers, ainsi que des opérations de reconnaissance, d’assistance, de remorquage, de protection, de dépollution, d’évacuation et de recherche de personnes.

 

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

 

Plus petits que leurs aînés

Le BPL remplacent les anciens bateaux-pompes Louis Colet et Lacydon, aujourd’hui désarmés et en attente respectivement à Fos et Marseille. Sorti en 1974 des chantiers de Villeneuve-la-Garenne, le premier a été mis en vente en mars 2018 par le Grand Port Maritime de Marseille, qui en est le propriétaire. Long de 49 mètres, il a bénéficié en 2011 d’une importante rénovation et pourrait donc, malgré son âge, intéresser un repreneur. Ce ne fut pas le cas du Lacydon, réalisé à Port-de-Bouc en 1964 et désarmé depuis cinq ans devant la caserne de la Bigue. La vieille coque, longue de 40 mètres, va être déconstruite.

 

Le vieux Lacydon attend la déconstruction à la caserne de La Bigue (@ EMMANUEL BONICI)

Le vieux Lacydon attend la déconstruction à la caserne de La Bigue (@ EMMANUEL BONICI)

L'ancien Louis Colet avant son désarmement (@ EMMANUEL BONICI)

L'ancien Louis Colet avant son désarmement (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet a succédé en mai à son aîné à Port-de-Bouc (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet a succédé en mai à son aîné à Port-de-Bouc (@ EMMANUEL BONICI)

 

Leurs successeurs sont plus petits, mais plus mobiles et peuvent grâce à leur gabarit très compact se faufiler dans des zones parfois encombrées ou évoluer dans de faibles fonds grâce à un tirant d’eau nettement inférieur à celui de leurs aînés, qui s’enfonçaient de 3.5 mètres sous la ligne de flottaison.

Les nouveaux BPL bénéficient de plus des progrès technologiques accomplis ces cinquante dernières années, ce qui les rend plus optimisés et efficients. Lors de la sortie d’entrainement que nous avons suivie sur le Matelot Louis Colet, qui s’est exercé à la pointe de Corbière, on pouvait notamment apprécier la puissance des canons, dont les jets s’étendent à plus de 70 mètres du navire, ce qui lui permet d’arroser sa cible tout en restant à une certaine distance de sécurité. « Les moyens de lutte incendie sont basés sur trois canons de grande puissance, ainsi qu’un système de distribution à haut débit. Le tout est complété par un système d’autoprotection du bateau lorsque les conditions d’intervention sont extrêmes », explique un membre d’équipage du BPL.

 

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

Le Matelot Louis Colet (@ EMMANUEL BONICI)

 

Trois canons

Les deux des canons les plus puissants sont disposés sur la plage avant, un sur chaque bord. Leur débit est de 8000 litres par minute, soit 480 m3 par heure sous 12 bars de pression. Le troisième canon est placé sur le toit de la passerelle, avec une capacité de 180m3/heure. Ces trois canons, pilotés depuis la passerelle au moyen de joysticks, peuvent projeter indifféremment de l’eau ou de la mousse pour les feux d’hydrocarbures. Leur débit est ajustable en fonction des besoins et ils peuvent être utilisés chacun indépendamment. Détail intéressant, lorsque les canons fonctionnent dans la même direction, le patron du bateau est obligé de contrer l’effet de recul généré par ceux-ci.

 

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