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Marseille : CNM et Europe Technologies s'allient pour la réparation de cuves GNL
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Marseille : CNM et Europe Technologies s'allient pour la réparation de cuves GNL

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Afin de développer son activité dans la maintenance et la réparation de méthaniers, mais aussi de préparer la mise en service en Méditerranée de navires dotés d’une propulsion au GNL, Chantiers Naval de Marseille a conclu un accord de partenariat avec Europe Technologies. Créé en 1998 et basé à Carquefou, dans l’agglomération nantaise, ce groupe de 360 personnes, qui intervient en tant qu’opérateur agréé par GTT, est notamment spécialisé dans la réparation et la maintenance de cuves à membranes utilisant les technologies CS1, NO96 et MARK. Cryogenic Containment, l’une de ses filiales, fabrique par ailleurs des pièces détachées pour la réparation et construction de réservoirs de GNL.

 

Cuve de méthanier (© : GTT)

Cuve de méthanier (© : GTT) 

Capter les méthaniers qui passent en Méditerranée

Europe Technologies et CNM ont signé mercredi, à l’occasion du salon Euromaritime, un « accord de préférence » qui doit permettre au chantier phocéen de développer son activité sur le marché des arrêts techniques de méthaniers. « Notre but est de capter les nombreux méthaniers qui passent en Méditerranée. Nous avons les infrastructures et les compétences pour les recevoir, notre accord avec Europe Technologies, un spécialiste reconnu de la réparation de cuves à membranes, étant un élément structurant pour les armateurs, auprès desquels il a une très bonne réputation. C’est une vraie valeur ajoutée et nos premiers contacts auprès des armateurs montrent que c’est un élément extrêmement positif », explique Jacques Hardelay, président de CNM.

 

François Lefèbvre et Jacques Hardelay lors de la signature de l'accord (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

François Lefèbvre et Jacques Hardelay lors de la signature de l'accord (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU) 

Activité concentrée au Moyen-Orient et en Asie

Le chantier marseillais, qui a réalisé par le passé des arrêts techniques complets de méthaniers, cuves comprises, a vu sa qualification remise à jour par GTT, le groupe français étant pour mémoire le leader mondial des réservoirs de GNL, ses technologies équipant la majeure partie de la flotte de méthaniers actuellement en service. Avec Europe Technologies, CNM, qui a renoué avec les arrêts techniques de navires gaziers fin 2016 en recevant les GDF Suez Neptune et Global Energy exploités par Engie (pour des travaux hors cuves), peut donc dès maintenant proposer des solutions complètes pour la maintenance et la réparation de ce type de bateaux. « Aujourd’hui, les principaux pôles de réparation et de maintenance de méthaniers se situent au Qatar, en Malaisie et à Singapour, où nous avons d’ailleurs envoyé récemment une équipe de 40 collaborateurs pendant plus d’un mois. Nous souhaitons que l’Europe, et plus particulièrement la France, reprenne sa place sur ce marché et nous espérons une prochaine opération sur une cuve à Marseille », précise François Lefèbvre, directeur opérationnel de la division GNL d’Europe Technologies. Comme c’est aujourd’hui le cas à l’étranger, le groupe dépêchera une équipe de spécialistes à Marseille dans le cadre des futurs arrêts techniques réalisés par CNM.

 

Paquebot à propulsion GNL du projet Excellence (© : COSTA CROISIERES)

Paquebot à propulsion GNL du projet Excellence (© : COSTA CROISIERES) 

Préparer l'essor de la propulsion GNL

En dehors des méthaniers, les deux partenaires anticipent aussi le développement en Méditerranée des navires dotés d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Un mouvement qui commencera dès 2019 dans le secteur de la croisière, avec la mise en service du premier paquebot géant du projet Excellence de la compagnie italienne Costa. Prévu pour être exploité sur des itinéraires auxquels Marseille sera intégré, ce mastodonte de 2600 cabines, 337 mètres de long et plus de 183.000 GT de jauge sera équipé d’une propulsion duale avec des moteurs pouvant aussi bien fonctionner au gasoil qu’au GNL, ce dernier étant stocké dans des cuves internes. Il en sera de même pour les futurs géants de MSC Cruises (classe World), des navires d’environ 200.000 GT et 2750 cabines dont la tête de série sortira en 2022 des chantiers de Saint-Nazaire. En plus de la croisière, où CNM voit son activité croître et compte sur la remise en service au mois d’avril de la forme 10 pour accentuer le mouvement, les cuves cryogéniques vont concerner d’autres types de navires. Il y a notamment des projets sur des bateaux de commerce et bien entendu des ferries. On peut penser en particulier aux futures unités que Corsica Linea et la Méridionale seront normalement appelées à mettre en service au cours de la prochaine décennie. Des bateaux pour lesquels l’adoption d’une propulsion au GNL pourra être choisie pour répondre au durcissement de la règlementation sur les émissions polluantes.

 

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