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Marseille devient la ville marraine du Dixmude

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Marseille devient la ville marraine du Dixmude

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Le bâtiment de projection et de commandement Dixmude arrive ce vendredi à Marseille pour une escale exceptionnelle de trois jours. Avant l’ouverture au public prévue demain (*), celle-ci débute aujourd’hui par la signature de la charte de parrainage du BPC par la Ville de Marseille, auparavant marraine du transport de chalands de débarquement Siroco, vendu fin 2015 au Brésil.  

Troisième BPC français du type Mistral, ce bâtiment conçu et réalisé par DCNS et les chantiers de Saint-Nazaire a été réceptionné en 2012 par la Marine nationale. Long de 199 mètres et affichant un déplacement de plus de 21.000 tonnes en charge, le Dixmude est à la fois un porte-hélicoptères, un bâtiment d’assaut amphibie, un hôpital flottant et une unité capable d’assurer le commandement d’une opération interarmées et internationale. Il peut, par exemple, embarquer une vingtaine d’hélicoptères de transport et de combat, une centaine de véhicules (dont des chars Leclerc), 450 hommes de troupe et des engins de débarquement (deux CTM et un EDAR, deux EDAR ou quatre CTM).

Le BPC a été pour mémoire baptisé en hommage à la bataille de Dixmude. En octobre 1914, sur le front de l'Yser, cette place est défendue héroïquement par les fusiliers-marins de l'amiral Ronarc'h, qui se battent aux côtés de l'armée belge et de tirailleurs sénégalais. La brigade des fusiliers-marins, constituée de très jeunes hommes (17 à peine pour certains), était constituées d'inscrits maritimes bretons et des novices des écoles de la marine de Lorient. Après une lutte acharnée et de très lourdes pertes contre des forces allemandes très supérieures, Dixmude tomba, mais la résistance contribua à enrayer l'avancée des armées du Kaiser, qui avaient pour objectif Calais et Dunkerque. 

L’actuel Dixmude est la troisième unité de la marine à porter ce nom. La, première, en 1920, fut un grand Zeppelin allemand livré à la France au titre des réparations pour dommages de guerre. Long de 236 mètres pour 24 mètres de diamètre, l’ex-LZ 114 connut une fin tragique en s’écrasant au large de la Sicile, avec 44 marins à son bord, le 21 décembre 1923.

C’est en 1945 qu'un deuxième Dixmude intègre la flotte. Cette fois, il s’agit d’un cargo mis sur cale en 1939 aux Etats-Unis et transformé en porte-avions d’escorte. Dès son achèvement, en 1942, il est affecté à la Royal Navy, qui l’arme sous le nom d’HMS Biter. Devenu Dixmude, il permet malgré ses faibles capacités à l’aviation française embarquée de se reconstituer avant l’arrivée de nouveaux porte-avions. Le bâtiment de 150 mètres participera aux opérations contre le Vietminh en Indochine de 1947 à 1950, avant d’être reclassé transport d’avion et d’être désarmé en 1960 puis rendu six ans plus tard aux Etats-Unis, qui le couleront comme cible en Méditerranée.

 

(*) Pour des raisons de sécurité, les personnes intéressées devaient s'incrire avant mercredi dernier. Une campagne d’information en ce sens avait été diffusée sur les supports de communication de la marine et de la ville de Marseille. 800 personnes ont effectué ces démarches, les inscriptions étant aujourd'hui closes. 

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