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Marseille-Fos accuse une baisse de 13% de son trafic en 2009

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Marseille-Fos accuse une baisse de 13% de son trafic en 2009

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Le premier port de commerce français n'a traité que 83 millions de tonnes de marchandises l'an dernier, contre 96 millions en 2008 et plus de 100 millions en 2007. En trois ans, près de 20% du trafic s'est « évaporé », dont 13.3% entre 2008 et 2009. Le Grand Port Maritime de Marseille attribue la baisse connue l'an passé aux conséquences de la crise économique, qui a durement touché les grandes ports, ainsi qu'à la rupture du pipe-line de la Crau, qui a pénalisé le trafic d'hydrocarbures, principale activité de la place en tonnage. « A l'image de l'ensemble des ports européens, Marseille Fos a été fortement pénalisé par la crise économique mondiale. A ce contexte défavorable, se sont ajoutés l'accident du pipe-line SPSE, les mesures douanières prises par l'Algérie mais aussi plusieurs mouvements sociaux entraînant annulation d'escales ou détournement vers des ports concurrents », explique le port de Marseille-Fos. Malgré son résultat annuel particulièrement bas, l'établissement a tout de même quelques motifs de satisfaction. Ainsi, les conteneurs, les croisières, les céréales et les biocarburants affichent des bilans positifs.

Dans le détail, le segment vracs solides, fortement conditionné par l'activité d'ArcelorMittal (qui a arrêté un de ses haut-fourneaux en 2009), est celui qui a le plus souffert avec une chute de 40% (8,6 millions de tonnes).
Du côté des vracs alimentaires, l'excellente campagne céréalière a permis à cette activité de terminer l'année en hausse de 40%. Un bon présage, souligne le port, au moment où près de 25 millions d'euros sont investis sur le terminal céréalier des Tellines.

Les hydrocarbures ont logiquement subi la baisse de la demande énergétique. Moins prévisible fut la rupture d'un pipe-line qui a interrompu puis réduit les importations de pétrole brut pendant 5 mois. Plus de 6 millions de tonnes ont manqué au total au port de Marseille Fos. Les hydrocarbures terminent l'année à 57.07 millions de tonnes (-10%). « On peut malgré tout se féliciter de la hausse significative de gaz naturel liquéfié fin 2009 du fait des premières escales au nouveau terminal méthanier de Fos Cavaou (GDF2). Elles annoncent, avec la remise en service prochaine du pipe-line SPSE, un redressement de l'activité hydrocarbures en 2010 », note le GPMM.

Egalement touchés par le contexte économique, les vracs liquides affichent un repli de -13% (3,1 Mt) mais établissent néanmoins un record historique pour le segment des biocarburants, qui dépassent pour la 1ère fois le million de tonnes (+ 40%, 1,04 Mt).

La hausse des conteneurs (+4%, 882.580 EVP), phénomène remarquable parmi les ports européens, a permis de limiter la baisse des marchandises diverses à -4% (14,52 Mt). Le trafic des conteneurs a principalement bénéficié de la forte hausse des échanges avec la Chine (+40%). Les trafics de roulant (4 Mt, -7%) ont été affectés par les nouvelles mesures douanières algériennes mais aussi par la baisse des échanges mondiaux tout comme le segment conventionnel directement frappé par la réduction d'activité de la sidérurgie locale (1,7 Mt ; -25%). .
L'activité passagers améliore cette année encore ses résultats en battant le record de 2008. Pour autant, 2009 reproduit deux tendances contrastées constatées l'année précédente : une baisse des lignes régulières (-3% ; 856.000 passagers) et une progression des croisières de 18% (639.000 passagers). Les lignes régulières - Corse, Algérie et Tunisie - sont un marché très disputé, directement concurrencé par d'autres ports méditerranéens et le transport aérien, note le port.

Dans le domaine des pré-post acheminements, le bilan est contrasté. Le transport fluvial progresse de 13% (2,3 Mt) alors que la tendance du transport ferroviaire est estimée à -25%. « La forte mobilisation du GPMM en faveur du ferroviaire illustrée par l'adoption d'un programme d'actions en novembre 2009, l'arrivée d'une 4ème entreprise ferroviaire sur le port (VFLI) et la gratuité d'accès au réseau ferré portuaire, permettent d'espérer une amélioration significative de cet indispensable levier de développement que constitue le transport ferroviaire pour le port de Marseille Fos ».

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