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Marseille : Le Medef local se paye les grutiers à coup de pub

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Marseille : Le Medef local se paye les grutiers à coup de pub

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Hier, le collectif « Touche pas à mon port » a fait sensation en publiant, dans le quotidien économique Les Echos, une pleine page de publicité des plus insolites (voir en intégralité à la fin de cet article). Reprenant le cadre des fameuses annonces pour postuler aux « meilleurs jobs du monde », la publicité propose de devenir grutier sur le port de Marseille, avec des arguments détonants : 8 semaines de congés payés par an, 18 heures de travail hebdomadaire, 4000 euros de rémunération brute par mois, emploi garanti à vie... A l'occasion de son lancement, le collectif, regroupant patronat local, associations et salariés, a affirmé vouloir « défendre l'emploi de 41.000 salariés face aux avantages de quelques grutiers ». Le président de l'Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), Jean-Luc Chauvin, évoquant les menaces que font peser les mouvements sociaux sur l'économie locale, a appelé le préfet à faire intervenir les forces de l'ordre pour déloger les grévistes, qui bloquent depuis maintenant 16 jours les terminaux pétroliers de Fos et Lavéra. Sur France Info, la présidente du Medef a estimé que cette publicité a pour objectif « d'alerter, notamment les habitants de la région de Marseille, d'un certain nombre de vérités qui étaient méconnues ». Selon Laurence Parisot, la situation est grave, notamment en raison de la décision de compagnies maritimes de délaisser Marseille au profit de ports espagnols ou italiens : « Le port de Marseille est en danger. Aujourd'hui, ceux qui peuvent se réjouir de la situation habitent à Gênes ou à Barcelone »

Climat exécrable

Du côté de la CGT, après le pilonnage surprise du collectif, on a encaissé la bordée et tenté une contre-attaque : « On essaie de nous faire passer pour une poignée de privilégiés, alors que 500 personnes sont concernées par la réforme portuaire. Ce ne sont ni les montants, ni les horaires annoncés », a affirmé à l'AFP Pascal Galeoté, responsable du syndicat au port de Marseille, qui estimé que le Medef « met(tait) de l'huile sur le feu ».
L'initiative du patronat local en dit en tous cas long sur le climat exécrable qui règne actuellement sur la place portuaire phocéenne. Alors que la CGT conteste la création par le port d'une filiale dédiée aux activités pétrolières, dans laquelle l'autorité portuaire restera majoritaire, de nombreux acteurs s'inquiètent des conséquences du mouvement sur la pérennité du port. Armateurs de France, Union Maritime et Portuaire de France et Cluster Maritime Français se sont, notamment, alarmés de la situation. Quant au secrétaire d'Etat aux Transports, il a estimé que « si on voulait tuer le port de Marseille, on ne s'y prendrait pas autrement ». Dominique Bussereau, inflexible, a d'ailleurs réaffirmé que la réforme portuaire « s'applique, et s'appliquera ».

La publicité parue hier dans Les Echos  (© : DR)
La publicité parue hier dans Les Echos (© : DR)

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