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Marseille à l’heure des paquebots GNL

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Marseille à l’heure des paquebots GNL

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Depuis le 1er mai, le port de Marseille accueille chaque semaine l’AIDAnova, premier paquebot au monde doté d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Construit par le chantier Meyer Werft de Papenburg, en Allemagne, l’imposant navire, qui fait partie des plus grosses unités de croisière en service, est opérationnel depuis décembre dernier au sein de la compagnie allemande AIDA Cruises, filiale du groupe italien Costa. Long de 337 mètres pour une largeur de 42 mètres et une jauge de 183.900 GT, il compte 2626 cabines pour une capacité en base double de 5228 passagers, servis par environ 1500 membres d’équipage.

 

L'AIDAnova hier au terminal croisière de Marseille (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova hier au terminal croisière de Marseille (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova hier au terminal croisière de Marseille (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova hier au terminal croisière de Marseille (© : EMMANUEL BONICI)

 

D’abord exploité aux Canaries cet hiver, l’AIDAnova a été repositionné en Méditerranée pour la saison estivale. Il effectue des croisières d’une semaine avec notamment des escales à Civitavecchia, Majorque, La Spezia, Marseille et Barcelone, cela jusqu’au mois de novembre. Il sera donc présent chaque semaine dans la cité phocéenne, qui accueille là son premier navire régulier fonctionnant au GNL. Un carburant qui remplace le fuel lourd et le gasoil non seulement pour la propulsion, mais aussi pour fournir l’énergie nécessaire à tous les systèmes embarqués et installations hôtelières. Avec des gains environnementaux substantiels, puisque l’armateur et le constructeur de l’AIDAnova annoncent une réduction de 95% des émissions de particules fines, de 85% des oxydes d’azote (NOx) et de 25% pour le dioxyde de carbone (CO2). Et il n’y a aucun rejet d’oxyde de soufre (SOx). Alors que la question de rejets atmosphériques des paquebots est une question sensible dans un certain nombre de ports, en particulier à Marseille, l’arrivée de tels navires constitue une avancée considérable. « Ce magnifique navire représente une innovation majeure pour le marché des croisières. En ce jour, AIDA et Costa inaugurent une nouvelle ère pour l’industrie de la croisière, dont la durabilité est l’un des principaux piliers. Dans cette direction, nous sommes très heureux d’accueillir le Costa Smeralda à l’automne prochain à Marseille », a déclaré hier Georges Azouze, président de Costa France, à l’occasion de la cérémonie qui se déroulait à bord pour marquer les premières escales de l’AIDAnova en Provence.  

 

Le commandant de l'AIDAnova et Georges Azouze hier à bord du navire (© : EMMANUEL BONICI)

Le commandant de l'AIDAnova et Georges Azouze hier à bord du navire (© : EMMANUEL BONICI)

PC propulsion de l'AIDAnova (© : EMMANUEL BONICI)

PC propulsion de l'AIDAnova (© : EMMANUEL BONICI)

 

 

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

 

L’AIDAnova fait en effet partie d’une nouvelle génération de paquebots GNL construits par l’armateur américain Carnival, maison-mère de Costa et AIDA, pour plusieurs de ses marques. Le groupe italien est le premier servi avec trois unités pour AIDA, les deux suivantes allant entrer en service en 2021 et 2023, et au moins deux autres pour Costa, dont le Costa Smeralda, en achèvement à flot au chantier finlandais Meyer Turku et qui sera livré au mois d’octobre. Le navire sera en tête de ligne à Marseille et y embarquera chaque semaine des centaines de passagers français. Son jumeau suivra en 2021, alors que Carnival Cruise Line et P&O Cruises réceptionneront chacune deux unités en 2020 et 2022.

Certes, la généralisation de la propulsion GNL n’est pas encore pour demain, mais les commandes sont de plus en plus nombreuses. Après Carnival et ses différentes marques, MSC Cruises, Royal Caribbean International, TUI Cruises ou encore Disney Cruise Line s’y mettent. Ce qui va contribuer au développement de solutions d’avitaillement spécifiques, l’un des grands obstacles au développement de la propulsion au gaz jusqu’ici, et donc inciter d’autres armateurs à rejoindre le mouvement. D’autant que le durcissement de la règlementation sur les émissions polluantes et des opinions publiques de plus en plus sensibles à ce problème renforcent l’intérêt du GNL.

 

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

L'AIDAnova quittant Marseille hier après-midi (© : EMMANUEL BONICI)

 

Pour l’heure, Marseille ne dispose pas de service d’avitaillement en GNL, Carnival ayant conclu un accord avec Shell pour fournir ses navires exploités en Méditerranée, dont l’AIDAnova puis le Costa Smeralda, depuis Barcelone. Mais le port phocéen travaille en ce sens avec les acteurs concernés, non seulement pour la croisière, mais aussi pour d’autres types de navires. Car le développement du GNL concerne aussi les navires de commerce, les ferries et probablement à terme des unités portuaires comme les remorqueurs. Alors que Corsica Linea prévoit de commander un premier navire à propulsion GNL cette année pour ses liaisons entre Marseille et la Corse, l’armateur italo-suisse MSC Cruises, qui va faire construire cinq paquebots au gaz à Saint-Nazaire, est intéressé pour des avitaillements marseillais, où le premier géant de la série World Class devrait être en tête de ligne à sa livraison en 2022.

Quant aux navires qui ne sont pas équipés de moteurs pouvant fonctionner au GNL, différentes options sont mises en œuvre, du passage au gasoil au lieu du fuel lourd en passant par des systèmes de lavage des fumées pour traiter les SOx, des pots catalytiques pour les NOx et des filtres à particules. Les ports travaillent également sur des solutions complémentaires, comme des cloches d’aspiration des fumées ou encore le courant quai, qui permet d’alimenter en électricité les bateaux en escale sans que ceux-ci aient besoin de faire tourner leurs générateurs.

Port de Marseille