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Marseille : Quinzième jour de grève et un conflit qui s'enlise

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Marseille : Quinzième jour de grève et un conflit qui s'enlise

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Compagnies maritimes, opérateurs, groupes pétroliers, entreprises locales... L'agacement est de plus en plus perceptible, à Marseille, face à une grève qui n'en finit pas. Les terminaux hydrocarbures de Fos et Lavera entament, aujourd'hui, leur quinzième jour de blocus, soit deux jours de plus qu'en 2005. Pour la deuxième fois en une semaine, la CGT, à l'origine du mouvement, n'a pas été suivie par sa base. Le protocole de sortie de crise, conclu la veille avec la direction, a été rejeté hier par les salariés, réunis en assemblée générale. La grève a, par conséquent, été reconduite pour 24 heures. Selon la direction générale du port autonome de Marseille, « le projet de protocole et sa proposition principale de créer une charte de l'emploi portuaire représentait une réelle avancée pour un règlement du conflit en cours. Ce projet constitue même le maximum de ce que la direction générale pouvait proposer aux représentants du personnel ». Les grévistes, de leur côté, ne désarment pas sur la question de Fos-Cavaou, à l'origine du conflit. La CGT revendiquait, initialement, que les personnels du port puissent assurer les branchements et débranchements des navires sur le futur terminal méthanier. Pour des questions de sécurité et de responsabilité, Gaz de France a rejeté catégoriquement cette proposition.

Vers un arrêt des raffineries au week-end

Outre une image désastreuse auprès de ses clients, le PAM doit maintenant gérer la menace d'une pénurie de carburant. Cela fait en effet plus de deux semaines que les raffineries dépendant de Fos-Lavera n'ont pas été alimentées. En plus du complexe pétrochimique de l'Etang de Berre, d'autres raffineries ont été contraintes de réduire leur production dans la vallée du Rhône, en Alsace, en Suisse et même en Allemagne. Faute de pétrole, les unités de production, qui tournent actuellement au minimum, pourraient cesser leur activité ce week-end. Des pénuries dans les stations service seraient à craindre à partir de la semaine prochaine, sauf si l'Etat autorise les groupes pétroliers à puiser dans les réserves stratégiques. Hier soir, quelques 51 navires, soit 28 pétroliers, 17 chimiquiers et 6 gaziers étaient bloqués sur rade, dans l'attente de pouvoir accéder aux terminaux. Leur immobilisation coûterait, chaque jour, un demi-million de dollars de pénalités. Second port européen pour les hydrocarbures, avec 64 millions de tonnes traitées l'an passé, Marseille assure 40% de la consommation française de pétrole.

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