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Marseille : Vives réactions après le saccage du bureau du directeur général du port

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Marseille : Vives réactions après le saccage du bureau du directeur général du port

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Un saccage en règle à coups de barres de fer et même de haches ! Hier matin, une quarantaine d'individus encagoulés, portant les tenues de travail du grand port maritime de Marseille, a violemment envahi le siège du GPMM. Le Directeur Général, Jean-Claude Terrier, a été directement menacé et a vu son bureau entièrement saccagé à coups de hache. « Cette agression est intervenue une heure après que la direction générale ait envoyé aux délégués du syndicat CGT des bassins de Marseille, une lettre contenant des propositions positives répondant aux préoccupations du personnel. En effet, des discussions portant sur les conditions de transfert de l'activité du terminal conteneurs de Mourepiane chez le manutentionnaire Intramar se tiennent depuis plusieurs mois et se sont intensifiées ces derniers quinze jours », explique le GPMM, sans pour autant faire de lien direct entre le syndicat et le saccage. Depuis plusieurs mois, le terminal de Maurepiane est le théâtre de mouvements de grève, une partie du personnel refusant le transfert vers un opérateur privé, mesure dictée par la loi de 2008 portant réforme des ex-ports autonomes. Ces derniers mois, le port avait déjà été le théâtre de heurts mais l'action d'hier, dont les responsables ont gardé l'anonymat, a semble-t-il marqué le franchissement d'un cap.

« La réforme portuaire s'appliquera à Marseille comme dans les autres ports »

La direction générale du GPMM a dénoncé ces actions « d'une extrême violence » et annoncé qu'elle allait porter plainte. Elle entend « poursuivre le processus de mise en oeuvre de la réforme portuaire » et assure « que la loi votée le 4 juillet 2008 sera appliquée au port de Marseille Fos ». Concernant les négociations, la direction port phocéen affirme, par ailleurs, que « l'accord cadre national signé par la fédération CGT des Ports et Docks offre aux personnels portuaires transférés toute une série de garanties, et notamment, celle d'un retour au sein du GPMM pendant 14 années en cas de défaillance des entreprises privées ».
A Paris, le secrétaire d'Etat aux Transports a vigoureusement réagi après les incidents d'hier. Dominique Bussereau a condamné « l'agression inacceptable » survenue au siège du port. « La violence est intolérable. Je demande la plus grande fermeté dans l'instruction de cette affaire », a-t-il déclaré.
Malgré la pression, le gouvernement reste inflexible. Selon le secrétariat d'Etat aux Transports : « Dans le cadre des négociations sur la mise en oeuvre de la réforme portuaire, la direction du port a fait des propositions particulièrement intéressantes pour les salariés permettant le maintien sur les terminaux du maximum d'agents. Elles n'ont pu aboutir, le syndicat majoritaire refusant l'application de la loi. Cette position n'est pas admissible ; la réforme portuaire s'appliquera à Marseille comme dans les autres ports ».

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