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Matelots : À la pêche au recrutement

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Matelots : À la pêche au recrutement

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500 marins-pêcheurs. C’est le minimum nécessaire pour assurer le renouvellement de la profession dans les cinq ans qui viennent en Bretagne. Si le métier est exigeant, il est aussi « qualifié, bien rémunéré, durable et non délocalisable », plaide le comité des pêches.

« Vue la pyramide des âges, on sait qu’on a besoin au minimum de 500 nouveaux pêcheurs dans les cinq ans à venir en Bretagne », pose Jean Piel, chargé de communication du comité des pêches du Morbihan.

Dans les cinq ans qui viennent, 15 % des 5 000 pêcheurs embarqués bretons vont en effet partir à la retraite. La Bretagne dispose d’un contingent de formations - initiales et continues - conséquent (lire ci-dessous). Cependant, « seuls 60 % des élèves formés dans les lycées maritimes vont à la pêche », souligne Jean Piel. « Les autres s’orientent vers la Marine nationale, poursuivent leurs études ou font tout autre chose ».

 

 

L’été, les besoins sont encore plus importants. Certains bateaux ont du mal à partir en mer faute de matelots.

 

Diplôme obligatoire

 

La pêche n’est pas un métier comme les autres. C’est d’ailleurs ce qui en fait un de ses attraits. « L’été, les besoins sont encore plus importants. Certains bateaux ont du mal à partir en mer faute de matelots », explique encore Jean Piel.

 

« Mais pêcheur n’est pas un job d’été qui s’improvise ». La formation, théorique et pratique, est incontournable. « La loi impose d’être diplômé. Les bateaux sont de plus en plus complexes et puissants, la réglementation a évolué et les techniques de pêche aussi ».

Des évolutions de carrière

 

Jean Piel le reconnaît, « c’est un métier dur. Un pêcheur travaille plus de 60 heures par semaine et les hivers sont frais. Il faut avoir envie de "crocher" dedans pour être pêcheur ». Le métier est exigeant certes mais il offre des perspectives de carrière intéressantes. « L’époque où l’on passait quarante ans sur le même bateau est révolue. La formation continue est très importante. Aujourd’hui, on peut commencer comme matelot, devenir bosco puis patron de pêche pour un armateur ou avec son propre bateau. Et le diplôme offre des passerelles vers d’autres métiers ».

 

Côté rémunération, « un matelot peut gagner en moyenne, en Bretagne, entre 2500 et 3000 €. Le salaire étant à la part - en fonction du tonnage pêché - il peut varier sur l’année mais cette estimation correspond à un lissage sur l’année ». De plus, un mouvement de fond a été amorcé ces dernières années pour faciliter le renouvellement de la flotte de bateaux.

Et les filles ?

 

Ce métier à fortes contraintes n’exclut pas les filles. « Elles sont une dizaine embarquées aujourd’hui en Bretagne. Mais il n’y a pas de bastion imprenable », sourit Jean Piel. « Il faut effectivement être en bonne forme physique pour tenir le rythme et savoir que de nombreux outils sont mécanisés aujourd’hui ». La condition physique est d’ailleurs un prérequis évalué par la médecine des gens de mer.

 

« Fortunes de mer, discours négatifs des écologistes, méconnaissance des conseillers d’orientation… Le métier de pêcheur souffre encore aujourd’hui d’une image négative », déplore Jean Piel. Pourtant, « c’est certes un métier dur mais il est plus accidentogène que dangereux ».

Et surtout, marin-pêcheur, c’est une profession « bien rémunérée, non délocalisable et durable - il y a des besoins et du poisson ».

Un article de la rédaction du Télégramme