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Maxi-trimaran Banque Populaire IX : Remorquage en cours…

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Maxi-trimaran Banque Populaire IX : Remorquage en cours…

Victime d’un chavirage le mardi 6 novembre, dans le nord-est des Açores, Armel Le Cléac’h avait été récupéré par un navire de pêche, puis déposé trois jours plus tard à Vigo. Son maxi-trimaran est actuellement remorqué. Mais il est en très mauvais état…

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Déposé vendredi dernier dans le port de Vigo en Espagne par l’équipage du bateau de pêche portugais « Sonho de Infancia », Armel Le Cléac’h était longuement revenu sur son chavirage, très probablement lié à la rupture de son flotteur bâbord. « Tout d’un coup, le bateau bascule sur le côté. En quelques secondes, il est complètement gîté, je me rends compte qu’on est en train de chavirer. J’aperçois le flotteur sous le vent qui est détaché du bateau, donc je me dis qu’il y a dû y avoir quelque chose qui a lâché, je ne sais pas quoi ».

Deux tentatives infructueuses

Ensuite, le skipper saint-politain est rentré chez lui en Bretagne, retrouver sa famille. Bien entendu, depuis le chavirage, survenu dans des conditions soutenues (vent de 30-35 nœuds, 5 mètres de creux), le Team Banque Populaire s’est activé pour monter une opération de récupération de la plate-forme. La deuxième après la première culbute en avril dernier au large des côtes marocaines lors d’un convoyage vers la Méditerranée. Autant, l’opération, de remorquage jusqu’à Casablanca et de rapatriement par cargo jusqu’à Lorient, avait été rondement menée par Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire, autant, cette fois-ci, les obstacles se sont accumulés.

Tout d’abord, parce que le trimaran est très loin des côtes, grosso modo entre les Açores et le Portugal, soit à 430 milles (790 km) au large. Ensuite, parce qu’il est resté longtemps dans une mer très formée. Enfin, parce qu’on ne trouve pas un remorqueur comme ça, en claquant des doigts.

D’après nos informations, l’équipe d’Armel Le Cléac’h a réussi à trouver un remorqueur portugais mais les deux premières tentatives de remorquage, la semaine dernière, se sont soldées par des échecs.

Adrien Hardy à bord

Récemment, le remorqueur, à bord duquel se trouve Adrien Hardy (ndlr : vainqueur de la dernière Transat Ag2r - La Mondiale avec Thomas Ruyant), réputé pour son aptitude à aller sauver des bateaux en perdition, a pu passer une remorque.

Le remorquage s’effectue à très faible allure pour une raison simple : le maxi-trimaran serait en très mauvais état. Et selon les conditions météo attendues sur zone dans les jours prochains, la structure pourrait encore souffrir davantage d’ici son arrivée dans un port, très probablement au Portugal.

Mais pour le Team Banque Populaire, il n’est, bien sûr, pas question de laisser le bateau, à la dérive, au milieu de l’Atlantique. Parce qu’il représente un danger à la navigation. A ce sujet, la direction de course de la Route du Rhum communique en permanence avec les solitaires qui arrivent sur zone mais aussi avec les autres navires qui croisent dans les parages.

Outre le fait que la mer n’est pas une poubelle et qu’il convient toujours de récupérer ce qui peut l’être, armateur et assureur voulaient éviter la prise de mer. Cet acte maritime qui consiste à prendre en remorque un bateau laissé à la dérive et de demander jusqu’à 30 % de sa valeur initiale. Un maxi-trimaran comme celui-là coûte environ 12 millions d’euros…

Un article de la rédaction du Télégramme