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Mayotte : Collision mortelle entre une vedette de la PAF et une embarcation de clandestins

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Mayotte : Collision mortelle entre une vedette de la PAF et une embarcation de clandestins

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Deux morts et huit disparus. C'est le bilan de la collision intervenue dans la nuit de lundi à mardi entre une vedette de la Police aux Frontières et une embarcation transportant des clandestins. L'accident s'est produit dans le lagon de l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, pour des raisons encore inconnues. En tout, 43 personnes, dont un passeur, tentaient de gagner le territoire français à bord de l'embarcation. Suite à l'abordage, le plan de secours en mer a été immédiatement déclenché. Trente-trois naufragés ont été récupérés et deux corps sans vie découverts. Huit autres personnes sont toujours portées disparues. Exprimant son émotion, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, a demandé au directeur général de la Police nationale qu'une enquête de l'Inspection générale de la police soit diligentée, afin de faire « toute la lumière sur les circonstances du drame ».
Véritable problématique régionale, l'immigration clandestine est très importante depuis les Comores, où de nombreux habitants cherchent à gagner par tous les moyens les terres réputées plus riches de la seule île française de l'archipel. Massés dans des « Kwassa Kwassa », petites embarcations à la stabilité des plus précaires, les candidats à l'exil sont nombreux à périr en mer où à être refoulés par les services de l'Etat. « Beaucoup sont pris plusieurs fois. La plupart sont renvoyés par le ferry qui relie Mayotte à Anjouan et, à peine arrivés, ils tentent à nouveau leur chance », explique un marin.

161 embarcations et 3816 personnes interceptées depuis janvier

Afin de stopper le flux massif d'immigration en provenance des Comores, les moyens des services de l'Etat ont été considérablement renforcés depuis deux ans. Armés par la Marine nationale, deux radars couvrent désormais les approches de Mayotte et peuvent détecter de petits bateaux navigants au ras de flots. Installé sur le piton rocheux de M'Zamboro, au nord de l'île, le premier radar, permettant une détection à 20 nautiques, a été mis en service fin 2005. Un second équipement, positionné au nord-ouest de Mayotte, est opérationnel depuis mars 2006. Dans le même temps, les moyens nautiques ont été renforcés et modernisés. Quatre vedettes sont désormais opérées, dont les Koungé (PAF), Dziani (Douane) et Konzo (Gendarmerie maritime). Depuis la mise en oeuvre de ces nouveaux outils, les interceptions de Kwassa Kwassa se sont multipliées. Ainsi, depuis le début de l'année, 161 embarcations, transportant 231 passeurs et 3816 immigrants clandestins, ont été interceptées. Ce chiffre est à comparer à la grosse cinquantaine d'embarcations découverte en 2005, année où le premier radar installé à Mayotte avait déjà prouvé son efficacité. Loin d'être dissuadés, les passeurs semblent toujours très actifs. Pas moins de cinq bateaux et plus de 170 personnes ont été localisés entre le 1er et le 4 décembre. Sur l'un des Kwassa Kwassa, s'entassaient dans des conditions déplorables 28 clandestins et une trentaine de chèvres.

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