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Mayotte : La marine multiplie les coups de filets contre les trafiquants

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Mayotte : La marine multiplie les coups de filets contre les trafiquants

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Dans la lutte contre l’immigration clandestine et les trafics en tous genres, l’installation d’une station radar sur l’île, il y a tout juste un mois, est un franc succès, surtout quand elle est doublée d’opérations coups de poing. Ainsi, entre le 10 et le 18 décembre, quatre embarcations, appelées localement « Kwassa Kwassa » et 80 clandestins ainsi que leurs passeurs ont été interceptés. Pour le premier arraisonnement, c’est un avion de surveillance maritime Falcon 50, déployé pour l’occasion à Mayotte, qui a repéré le navire des trafiquants. Le bateau a ensuite été pris en filature par le radar de l’île, qui a guidé le Dziani, une vedette des douanes, vers son objectif. A bord du contrevenant se trouvaient quatre hommes et un stock de médicaments illicites alimentant le marché régional. Cette interception, réalisée dans la nuit du 9 au 10 décembre, a été suivie, quelques heures plus tard, d’une seconde prise. Cette fois, c’est une embarcation chargée de 28 immigrés clandestins et d’un passeur qui a été découverte, filant à vive allure entre les Comores et Grande Terre. Repéré une nouvelle fois par l’appareil de l’aéronavale et le radar à terre, le canot a été pris en chasse par la vedette Koungé et le patrouilleur La Boudeuse, avant d’être finalement rattrapé. Mercredi dernier, la station radar de Mayotte a détecté un nouvel écho, permettant l’arraisonnement d’un Kwassa Kwassa sur lequel 25 clandestins avaient pris place. Enfin, dimanche soir, l'hélicoptère de la frégate Nivôse permettait de stopper deux passeurs qui avaient embarqué 22 hommes, femmes et enfants.

Un deuxième radar sera service au mois de mars

Installé sur le piton rocheux de M’Zamboro, au nord de l’île, le radar permet une détection à 20 nautiques d’embarcations hautes seulement de quelques dizaines de centimètres. Ce nouvel équipement, financé par le ministère de l’Outre Mer, entre dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre l’immigration clandestine en provenance des Comores. Le trafic humain dans la région prenait en effet des proportions inquiétantes, alors que le territoire français de Mayotte pourrait voir son statut transformé en département d’outre mer (DOM). Pour armer la station radar, 8 détecteurs de la Marine nationale ont été affectés à la base navale, assurant une veille permanente. Les moyens nautiques, dérisoires jusqu’à cette année, ont été renforcés, tant pour la marine que pour les Douanes. S’y ajoute la présence régulière d’un grand bâtiment basé à La Réunion et le déploiement occasionnel d’un Falcon 50 de Lann Bihoué (Morbihan). Afin d’assurer une couverture radar totale des approches concernées par les flux d’immigration et les trafics, un second radar sera installé au nord-ouest de Mayotte. Sa mise en service est prévue en mars prochain. Depuis le début de l'année, pas moins de 55 embarcations ont été interceptées.

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