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MBDA rachète l'activité Viper Strike de Northrop Grumman

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MBDA rachète l'activité Viper Strike de Northrop Grumman

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Le missilier européen a annoncé l'acquisition du missile Viper Strike et des ses installations de production aux Etats-Unis. L'ensemble a été vendu à MBDA par le groupe américain Northrop Grumman. Avec le Viper Strike, MBDA élargit son portefeuille de produits avec une arme de précision guidée à faible dommages collatéraux. Munition planante et discrète, le Viper Strike, d'un poids de 20 kilos, est conçue pour être embarquée sur des aéronefs pilotés ou surtout des drones. Utilisée par les forces armées américaines, elle permet aux aéronefs d'engager avec précision des cibles dans des environnements urbains et sur des théâtres complexes. Le Viper Strike dispose d'un système de navigation inertiel et GPS, ainsi qu'un autodirecteur laser semi-actif.

 Le Viper Strike (© : MBDA)
Le Viper Strike (© : MBDA)

Premier engagement en 2004

L'origine du Viper Strike remonte au projet BAT (Brillant Anti Tank), destiné à contrer les colonnes blindées soviétiques. Imaginé dans les années 80, ce concept devait permettre de lancer depuis un lance-roquettes une munition délivrant plusieurs petits missiles antichars. L'effondrement de l'URSS sonnera le glas de ce programme. Mais, plusieurs années après, les Américains se sont de nouveau intéressés aux petits missiles et ont repris les études sur cette partie du défunt BAT. Les travaux, menés par Northrop Grumman, ont abouti au Viper Strike, mis en oeuvre pour la première fois en Irak en 2004. L'engin n'est plus destiné à détruire des chars mais a été optimisé pour être employé en petites quantités, notamment en zones urbaines, avec le souci de limiter les dégâts collatéraux. Le Viper Strike se montre très manoeuvrant et peut planer longtemps. D'une portée de l'ordre de 10 kilomètres, il tombe verticalement sur son objectif, pour maximiser l'effet de surprise.
Pour l'heure, cette arme équipe les drones MQ-5B Hunter de l'US Army. Il a également été intégré sur les C-130 utilisés par les forces spéciales de l'US Air Force et, même si cela peut paraître curieux, sur les avions ravitailleurs KC-130J de l'US Marine Corps. Des tests ont, par ailleurs, été menés il y a moins de deux ans à partir d'un MQ-8B Fire Scout. L'US Navy n'a pas encore donné suite mais demeurerait intéressée par la possibilité d'armer ce drone embarqué, les essais ayant confirmé la faisabilité du concept.

 Le Fire Scout  (© : US NAVY)
Le Fire Scout (© : US NAVY)

Une acquisition qui ouvre des portes

Le potentiel de développement de cet engin peut donc être important, d'autant qu'il n'existe que très peu d'armes pour les petits drones. Mais, au-delà du simple aspect commercial, MBDA, grâce à cette acquisition, compte développer ses activités américaines. S'il était déjà présent aux Etats-Unis au travers de sa filiale MBDA Inc (qui a réalisé l'achat du Viper Strike), le missilier ne disposait pas de structure d'intégration pyrotechnique, ce qui limitait considérablement son champ d'action. Implantée à Westlake, en Californie, MBDA Inc se contentait donc de réaliser des voilures pour les bombes SDB de Boeing. Désormais, le groupe européen va pouvoir mettre à profit les installations du Viper Strike, situées à Huntsville et au sein de l'arsenal de Redstone (Alabama) de l'US Army, pour concevoir, produire et assembler en un seul et même lieu aux États-Unis des systèmes d'armes complets, qu'il s'agisse du Viper Strike ou d'autres activités. MBDA s'ouvre donc des portes puisqu'il va pouvoir proposer au Pentagone des missiles entièrement produits aux USA, sur lesquels il sera éventuellement possible d'intégrer des technologies développées par le groupe en Europe.

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