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MdCN : Un premier lot de missiles pour les FREMM l'an prochain

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C’est en début d'année prochaine que MBDA doit livrer à la marine française un premier lot de missiles de croisière destinés à équiper les nouvelles frégates multi-missions. C’est ce que l’on peut lire dans les annexes budgétaires du projet de loi de finances 2017. Le document précise que les livraison des premiers missiles « sont décalées en 2017 du fait du retard de la qualification industrielle ».

Premier missile de croisière naval européen, le MdCN a été mis en œuvre pour la première fois depuis une FREMM, l’Aquitaine, lors d’un tir de qualification en mai 2015.

Pour mémoire, la flotte française aligne désormais trois FREMM (Aquitaine, Provence, Languedoc) et une quatrième, l’Auvergne, sera livrée l’an prochain par DCNS. Chacune de ces frégates est conçue pour mettre en œuvre 16 MdCN, logés dans des lanceurs verticaux Sylver A70.

Dérivé du Scalp EG, éprouvé au combat et mis en œuvre par les Rafale et Mirage 2000 de l’armée de l’Air, ainsi que les Rafale Marine de l’aéronautique navale, le MdCN mesure 7 mètres de long (avec booster) pour un poids d’environ 2 tonnes. Capable de voler à 1000 km/h, ce missile autonome, qui déploie ses ailes après le lancement, dispose de plusieurs modes de navigation. Durant la phase de vol, il se recale grâce à une centrale inertielle, un radioaltimètre et un système de positionnement satellite lui permettant d'évoluer à très basse altitude. En phase finale, il utilise un senseur infrarouge pour reconnaitre sa cible et se guider vers elle avec une précision métrique. Idéale pour neutraliser des installations névralgiques, cette arme est conçue pour pénétrer des cibles durcies. 

Sur SNA à partir de 2019

Sa portée exacte demeure confidentielle, mais la littérature disponible la donne à un au moins un millier de kilomètres. Cela permettra donc aux bâtiments qui en seront dotés de frapper avec une grande précision des cibles stratégiques situées profondément dans les terres, tout en restant en haute mer, à distance de sécurité.

En dehors des FREMM, dont huit unités seront livrées d’ici 2022, le MdCN équipera également les nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, dont la tête de série doit être livrée d’ici 2019. A l’image du missile antinavire Exocet SM39, cette version du MdCN sera lancée depuis les tubes lance-torpilles au moyen d’une capsule étanche dont se séparera l’engin une fois arrivé en surface.  

Grâce à cette arme, la Marine nationale disposera d’une force de frappe unique en Europe, seule la Royal Navy disposant de missiles de croisière, en l’occurrence des Tomahawk américains, mais uniquement sur ses SNA.

Deux plateformes complémentaires

Grâce à deux plateformes de lancement complémentaires, FREMM et Barracuda, la flotte française aura à sa disposition des possibilités d’action plus vastes et pourra produire des effets selon la volonté de faire peser une menace plus ou moins ostensible. Dans le cas d’une frégate, dont le déploiement est connu et qui peut se rendre « visible », il s’agira par exemple d’exercer une pression directe sur un adversaire, le nombre de bâtiments déployés permettant de graduer la capacité d’action et d’afficher une détermination à agir en cas de besoin. A l’inverse, le sous-marin, par essence « invisible », constituera une menace beaucoup plus diffuse, permettant d’effectuer des frappes surprise ou d’instiller le doute dans l’esprit de l’adversaire.

Initialement, la France devait commander 250 MdCN pour ses forces navales. La cible a, toutefois, été ramenée à 150 missiles (100 pour les FREMM, 50 pour les Barracuda), qui doivent tous être livrés d'ici 2019. 

 

Marine nationale MBDA